Bascule

Janvier est arrivé, la reprise du travail aussi, un peu comme si les vacances n’avaient pas existé. D’ordinaire, j’ai cette impression de rentrée, de page blanche, de tournant. Moins qu’en septembre – vie de prof – mais tout de même. Cette année, je la ressens à peine. La faute au rythme de l’existence avec un korrigan plein d’énergie et tout en apprentissages, avec un homme qui n’a pas pu avoir une réelle période de congés mais des jours répartis sur les deux semaines.

Il y a une nouveauté dans l’écho. Pendant plusieurs mois, le « il y a un an » c’était moi enceinte. Depuis trois semaines, il y a un an, Peanuts était là. Les commémorations de Charlie, en particulier, me ramène à ces sensations brouillées et confondues de montagnes russes émotionnelles liées à ce bébé tout neuf et de consternation apathique dès que ma conscience touchait le monde extérieur à nous trois. Je me rappelle avoir longuement pleuré, plusieurs fois, devant ma télévision pendant que l’enfant dormait. L’avoir respiré un peu plus fort à son réveil ces fois-là.

J’ai la sensation qu’on quitte une période, qu’on a passé une étape, avec ce cycle d’une année bouclée. Et comme s’il attendait ce signal, Peanuts développe tout de go des compétences tâtonnantes depuis ces derniers jours. Ainsi, hier, il m’a accueilli à la crèche en se levant et accomplissant trois pas fragiles mais plus vraiment hésitants jusqu’à tomber dans mes bras. Et tout à l’heure, sur la table à langer, il a rebouché seul le brumisateur, plusieurs fois, avec le petit bouchon qu’il faut enclencher. Et il a détaché méthodiquement toute la girafe en duplo aussi. Oui, je peux parler encore et encore de ces gestes, de ses évolutions. Il grandit, il grandit, il grandit.

Puis ce janvier, finalement, il change des autres que je n’y ressens pas ce violent soulagement libérateur : les Fêtes, cette année, si elles n’ont pas été magiques n’ont pas non plus étaient douloureuses, à aucun moment, et c’est une nouveauté qui mérite d’être mentionnée. Il y a du chemin à faire avant que je trépigne d’impatience à l’annonce de l’approche de Noël mais il ne faut pas cracher sur le progrès de cette année.

2016 s’est donc installée presque sans que je la remarque. Si je ne prends pas de résolutions formelles, je souhaite me retrouver un peu, parce que je me suis perdue beaucoup dans cette année qu’on quitte. Et à vous, je souhaite la magie, la folie, la fantaisie. Et parce que de 2015, il y a bien une chose dont je retiendrai à jamais l’importance : suffisamment d’heures de sommeil dans vos nuits.