Fin d’année

En hiver, le soleil est plus bas et se débobine doucement jusqu’au milieu du salon à partir du milieu de la matinée. Mes déjeuners en solitaire du mercredi, je les prends souvent sur le canapé, les pieds chaussettés dans la tiédeur des rayons filtrés par la vitre picotée d’empreinte de toutes petites mains. Quand je n’installe pas mon assiette au bureau, mettant à profit le temps de sieste pour honorer mon feedly, envoyer quelques mails. Habiller un nouveau blog.

Il n’est pas sous dotclear, je sais. Après tout le bien que j’en ai dit et continue à en penser. Mais j’avais besoin d’une page blanche. Et d’une simplicité enfantine. Je ne change pas d’avis. Faites ce que je dis, pas ce que je fais…

J’entends s’ouvrir les fenêtres des calendriers de l’Avent dans les foyers autour du mien. Mon décompte personnel s’arrête une poignée de dates plus tôt, pour conclure une année qui en a duré mille et à peine de jours à la fois. L’enfant n’est déjà presque plus un bébé. Il lâche de plus en plus souvent les mains quand il se tient debout, vous savez ? Une année dont les bilans s’éventaillent d’abyssallement foireux à je n’imaginais pas qu’autant de bonheur pouvait me toucher, selon les domaines.

Je crois qu’être devenu cette femme qui est aussi sa mère mais pas que ressemble avant tout à des montagnes russes.

Presqu’un an, manque sept fois rien. Je suis tellement fière de le voir grandir et me le permets d’autant plus que j’ai le sentiment de ne pas y être pour grand chose. Petit d’homme volontaire qui répète jusqu’à savoir, qui essaie, teste, comprend et met en œuvre.

Moi j’ignore si je grandis et à quel point je change. J’ai la sensation qu’il m’apprend plus qu’il n’est réciproque, tout en ayant ces intuitions dans l’être sa mère.

Je n’aime pas tout de ma vie depuis quelques temps. J’en parle un peu, surtout allusive, essentiellement elliptique. Mais ce que j’aime, je l’aime tellement si fort que ça ne s’écrit même pas.

15-11-23 (2)