9 janvier. Aujourd’hui tentative de liberté

Chanter dans la rue, danser, crier, serrer dans ses bras des personnes qu’on voit peut et qu’on aime pourtant, marcher, traverser, se déverser, du trottoir à la chausser, et réciproquement, sans se soucier des feux, rire au nez d’uniformes bleus marines, embrouiller le ciel à la fumée des fusées de détresse, rire, gueuler, on lâche rien et motivés, insulter Manu et virer symboliquement Philippe, discuter un bout avec des inconnus, soulever 121 essuies glaces pour finir la pile de tracts, expliquer mal et en anglais, se rappeler « against », « law » mais pas réforme, ni retraite, réussir à formuler maladroitement, on s’est comprises, on s’est saluées, échanger sur WhatsApp « Mais où vous êtes ? C’est fou ! Ce monde ! », applaudir les avocats, faire la révérence aux hospitaliers, faire du bruit avec les traminots, badger un autocollant féministe sur son sac, un autre pour les 32h sur sa cuisse, redevenir un temps rouge et verte, échanger encore. On n’est pas content, Manu, et quand on est tous.tes ensembles, on est libres et terriblement puissant.e.s.

Oups

Pour 2020, j’ai décidé de tenter de publier quelque chose chaque jour. Un texte, un lien, une photo, un extrait, une citation…

Hier, ma grosse journée m’a fait rater une marche : j’ai oublié. Je vais tout de même continuer de me défier à publier quotidiennement et viser 366 publications dans l’année (en en postant deux aujourd’hui).

Pour rebondir sur le thème du 366 réels à prise rapide d’hier qui disait « 8 janvier. Aujourd’hui une question lue quelque part », je vous conseille un compte Twitter : Questions Trapenard (@QuestiTrapenard) : https://twitter.com/QuestiTrapenard?s=09

Ce compte reprend les questions posées par Augustin Trapenarden interviews, mais en les retranscrivant hors contexte. C’est drôle et intrigant et toujours intéressant d’essayer d’y répondre. Beaucoup de personnes jouent le jeu des réponses et c’est assez sympa à lire.

5 janvier. Aujourd’hui acheté

Ce Noël après Noël, c’est difficile de lui insuffler l’esprit attendu. On joue le jeu, tout de même, et ça reste les cadeaux qui font la fête. C’était aujourd’hui la dernière distribution de toutes ces attentions glanées au fil de semaines de novembre pour beaucoup, décembre pour les derniers. Ces achats dont je truffe mes placards, contre les yeux indiscrets des enfants. Ça reste mon principal plaisir de Noël, chercher, trouver, offrir. On s’y remet en novembre prochain.

50 mots de la page 50 de…

Journal d’un AssaSynth. 1# Défaillances systèmes de Martha Wells, traduction de Mathilde Montier (Éditions l’Atalante, 2019)

« Nous ne versons jamais dans la sentimentalité entre nous. Nous ne sommes pas amis, comme peuvent l’être les personnages de série – ou les humains. On ne peut pas se faire confiance, quand bien même on nous assigne le même contrat ou que nos clients ne s’amusent pas à…  »

(Je n’ai pas mis la page 100 car elle est blanche. Et prendre la précédente ou la suivante divulgachait forcément des choses de ce court mais passionnant roman de science fiction)

100 mots de la page 100…

… du Lion de Joseph Kessel (éditions gallimard jeunesse, collection folio junior, 1997 pour mon édition, 1958 pour la première édition du texte).

« … reconnaît…

Sybil l’empêcha de poursuivre.

– Assez, assez, cria-t-elle. Je ne veux plus, je ne peux plus vivre dans cette folie.

Elle se retourna vers moi et toute secouée par un rire qui n’avait ni son ni sens, une sorte de rire blanc, elle s’écria :

– Savez-vous qui est ce King que ma fille attend jusqu’au soir et par qui elle se fait reconduire, et de qui son père reconnaît la voix ? Le savez-vous ?

Sybil reprit son souffle pour achever d’une voix stridente, hystérique :

– Un lion ! Oui, un lion ! Un fauve ! Un monstre ! »

Mes lectures 2019

Pour 2019, je m’étais fixé quelques objectifs dans mes lectures :

  • lire 60 livres au moins
  • que la moitié ou plus qui ne soient pas de la littérature jeunesse
  • dont 19 qui soient de ma PAL telle qu’elle était début 2019
  • lire plus d’autrices d’une manière générale donc essayer au moins d’arriver autour d’un 50/50.

Résultats :

  • J’ai lu 50 livres. Mais bon, j’ai eu un bébé, aussi.
  • Sur ces 50 livres, 26 étaient en littérature jeunesse. Donc 24 n’en étaient pas.
  • J’ai lu 14 livres de ma PAL de début 2019.
  • J’ai lu 15 livres écrits par des auteurs, 36 par des autrices (je sais, ça fait 51 mais l’un a été écrit par un binôme). Par contre, il y avait 14 auteurs différents mais seulement 16 autrices différentes. Et pour 24 de ces auteurs et autrices, c’était la première fois que je les lisais.

Je n’ai pas tout à fait atteint les chiffres que je m’étais fixés mais je n’en suis vraiment pas loin. Et surtout, je suis très contente de cette année de livres. J’ai réussi à diversifier mes lectures. Je garde beaucoup de littérature jeunesse mais d’une part, j’aime ça, et d’autre part, par mon travail, je me dois d’en lire. Je trouve que j’arrive à un équilibre qui me convient bien.

Côté autrices, je pensais qu’il faudrait que je m’applique à en choisir et finalement, la répartition s’est faite d’elle-même. Il faut dire que la littérature jeunesse reste un domaine dans lequel on trouve plus facilement de femmes. Une nouvelle fois, j’ai lu beaucoup de Marie-Aude Murail et de Robon Hobb. Il y a des amours qui ne se démentent pas !

Mes larmes de l’année vont à La Couronne du berger de Terry Pratchett. J’ai mis longtemps à me décider à m’y lancer mais il le fallait et maintenant, ça y est, je n’aurais plus jamais de nouveau tome des Annales du Disque Monde à lire. C’est un petit deuil que je continuerai de porter longtemps. (Oui, le mot est gros, mais si vous êtes lecteurs et lectrices, vous savez). Robin Hobb, également, m’en a arraché. Je l’ai retrouvée avec plaisir et il y avait quelque chose d’assez agréable à me plonger dans une nouvelle saga d’elle (Le Fou et l’Assassin) en attendant Popcorn alors que je la lisais déjà (La Cité des anciens) en attendant Peanuts. Elle m’aura accompagné par deux fois à la maternité dans les premiers jours de mes bébés. Dans les deux cas, je ne peux expliquer les larmes sans spoiler…

Plusieurs de mes lectures étaient offertes par des amies et elles ont touché juste A CHAQUE FOIS (parce que j’ai des amies FORMIDABLES). Merci merci merci Shaya, Eleusie, Ambre, Minka notamment, puisque vous, vous me lisez ici.

Je me suis ennuyée ferme, à l’inverse, dans La Guerre des clans, Le poids du papillon mais surtout, surtout, surtout, dans Les lettres de mon moulin. A l’inverse, j’ai eu plusieurs, beaucoup, plein !, de coups de cœur. J’ai mis les principaux en gras dans ma liste.

Pour l’année à venir, je garde plus ou moins les mêmes objectifs. Ma PAL compte 26 livres aujourd’hui et j’en ai 24 « prioritaires » dans ma liseuse. Je ne vais pas me fixer un nombre de livres pour l’année parce que finalement, ça me pousse plus à la quantité qu’à la qualité. Mais voilà mes objectifs :

  • Qu’au moins un tiers de ce que je lirai cette année vienne de ce qu’il y a dans ma PAL et ma liseuse aujourd’hui,
  • Que la littérature jeunesse ne soit pas plus de la moitié de ce que je lis
  • Qu’au moins un tiers des auteurs et autrices que je lis soit une découverte

Et vous, qu’avez-vous lu qui vaille le coup d’en parler cette année ?

  1. MURAIL, Marie-Aude. Papa et Maman sont dans un bateau. L’Ecole des loisirs, « Médium », 2009. 294 p.
  2. HEURTIER, Annelise. Envole-moi. Casterman, 2017. 261 p.
  3. OLAFSDOTTIR, Audur Ava. L’embellie. Editions Zulma, 2012. 336 p. #Kube
  4. HUNTER, Erin. La Guerre des clans, Cycle I, livre 1. Retour à l’état sauvage. Pocket Jeunesse, « PKJ », 2007. 305 p.
  5. TROPPER, Jonathan. Le Livre de Joe. 10/18, 2006. 411 p. #PAL #Eleusie_
  6. VIDAL, Séverine. CAUSSE, Manu. Nos Coeurs tordus. Bayard jeunesse, 2017. 223 p.
  7. CENDRES, Axl. Dysfonctionnelle. Sarbacane, « X' », 2015. 305 p.
  8. ERNAUX, Annie. Mémoire d’une fille. Gallimard, « Folio », 2016. 164 p. #Kube
  9. MARI, Silvana de. Le Dernier elfe. Albin Michel, 2005. 287 p. (sur la liseuse) #DameAmbre
  10. JI, Erwan. J’ai avalé un arc en ciel. Nathan, 2017. p. 62
  11. SHUA DUSAPIN, Elisa. Hiver à Sokcho. Gallimard, « Folio », 2016. 145 p. #Kube
  12. HOBB, Robin. Le Fou et l’assassin 1. J’ai Lu, 2014. 413 p. #PAL
  13. HOBB, Robin. Le Fou et l’assassin 2 : La fille de l’assassin. J’ai Lu, 2015. 442 p. #PAL
  14. HUSTON, Nancy. Instruments des ténèbres. Babel, 1996, 344 p. #PAL
  15. TOURNIER, Jacques. Jeanne de Luynes, comtesse de Verue. Gallimard, « Folio », 1984. #PAL
  16. BACH, Richard. Jonathan Livingston le Goéland. J’ai lu, 1970, 123 p. #PAL
  17. DE LUCCA, Erri. Le poids du papillon suivi de Visite à un arbre. Gallimard, « Folio », 2009. 81 p. #PAL
  18. WINTERSON, Jeanette. Les Oranges ne sont pas les seuls fruits. Points, « Signatures », 2013. 244 p.
  19. MURAIL, Marie-Aude. Le tueur à la cravate suivi de Comment naît un roman (ou pas) : Journal de bord du Tueur à la cravate. Ecole des Loisirs, « médium », 2010. 362 p.  #PAL
  20. CHEDID, Andrée. L’Autre. Flammarion, « Castor Poche », 1992. 269 p. #Celuiquej’aime #PAL
  21. SUTCLIFF, Rosemary. Le Pourpre du guerrier. Gallimard jeunesse, « Lecture junior », 1992. 307 p. #PAL #Celuiquej’aime
  22. HOBB, Robin. Le Fou et l’assassin tome 3 : En quête de vengeance. J’ai lu, 2015. #PAL
  23. HOBB, Robin. Le Fou et l’assassin tome 4 : Le retour de l’Assassin. J’ai lu, 2015. #PAL
  24. HOBB, Robin. Le Fou et l’assassin tome 5 : Sur les rives de l’Art. J’ai lu, 2018. #PAL
  25. HOBB, Robin. Le Fou et l’assassin tome 6 : Le destin de l’assassin. J’ai lu, 2019. #PAL
  26. Le ROMANCER, Frédérique. 3 bis, rue Riquet. Editions 84, 2019 #Minka
  27. MURAIL, Marie-Aude. Nils Hazard das Dinky Rouge Sang. L’Ecole des loisirs, 2019. 190 p. #UneAmie
  28. MANKELL, Henning. Les Chaussures italiennes. Seuil, « Point », 2009. 372 p. (Juillet) #PAL
  29. GRIMALDI, Virginie. Il est grand temps de rallumer les étoiles. Le Livre de poche, 2018. 376 p. #Shaya
  30. PRATCHETT, Terry. La couronne du berger : dernier livre des annales du Disque-Monde. L’Atalante, 2016. Sur la liseuse.
  31. MARI, Silvana de. Le Dernier orc. Albin Michel (sur la liseuse) #DameAmbre
  32. NIELSEN, Susin. Les optimistes meurent en premier. Hélium, 2017. 189 p. #DameAmbre
  33. MURAIL, Marie-Aude. Malo de l’ange 1. (Sur la liseuse)
  34. COUTURIER, Hélène. Trans Barcelona Express. Syros, 2018. 235 p.
  35. PEYRIN, Laurence. L’aile des vierges. Pocket, 2019. 479 p.
  36. FONTENAILLE, Elise. Un koala dans la tête .Éditions du Rouergue, 2006. 44 p.
  37. ARTWOOD, Margaret. La Servante écarlate. Sur la liseuse
  38. DELAPORTE, Florence. A quoi rêve Crusoé. Éditions du Rouergue, 2012. 119 p.
  39. HALLEUX, Martin de. L’inconnu du Pacifique. Le livre de poche, 2015. 120 p.
  40. FEREY, Caryl. La Dernière danse des Maoris. Syros, « Souris noire », 2011. 106 p.
  41. TURQUIN, Magali. Innocent. Editions du jasmin, 2008, 63p.
  42. DAHMAN, Myriam. Les chemins de l’école : Francklyn, Madagascar. Nathan, 2015. 70 p.
  43. VANNEAU, Anne Zoé. Mon père est un baobab. Oskar, 2010. 100 p.
  44. CHAUD, Benjamin. L’art à table. Hélium, 2016. 64 p. #Papa
  45. GRIPARI, Pierre. La sorcière de la rue Mouffetard et autres contes de le rue Brocca. Gallimard jeunesse, Folio junior, 2007. 134 p.
  46. MURAIL, Marie-Aude. Sauveur & fils saison 5. L’école des loisirs, « médium + », 2019. 309 p.
  47. DABOS, Christelle. La Passe-Miroir tome 4 : la tempête des échos. Gallimard jeunesse, 2019. 572 p.
  48. MOURLEVAT, Jean-Claude. L’enfant océan. Pocket jeunesse, « PKJ », 2006. 151 p.
  49. DAUDET, Alphonse. Les lettres de mon moulin.
  50. MOURLEVAT, Jean-Claude. Jefferson. Gallimard jeunesse, 2018. 270 p.

1er janvier. Aujourd’hui résolutions révolutions

C’était le bruit du bébé, réveille et appelle, ne se rendort pas, rappelle, les froitis de draps dans notre lit, les bah interrogateurs – Mais où m’as-tu emmené Maman ? Il fait sombre, il y a Papa, mais je ne veux plus dormir, moi. Les bras de l’Homme autour de son fils, allez viens, on va manger, cuisine, lumière, bouchon, biberon, le raclement plastique vs métal : la dosette de lait, 9 fois, le mélange secoué, shake shake shake, les bah qui ponctuent, à moi, ça, je veux, j’ai faim. Le rire sur la table à langer parce que chatouilleux. Couche propre et ventre plein. Il est trop tôt, encore, pas envie que la journée continue de commencer. Alors on fait les choses doucement.

Il y a eu Mario, de la chantilly, un quignon de pain sorti du four, du peau à peau, une douche brûlante, des rires, des sourires, des messages, des voix aimées au téléphone, du temps qui ne cavale pas, une crêpe au sucre, des mots trouvés, des chaussons renard, un livre, un lion dans ce livre, et un bourdon femelle venu visiter la lavande installée tout nouvellement sur notre balcon, dans cette première journée de l’année.

Journée douce qui ne résout rien, ne révolutionne rien, mais qu’il a fait bon vivre.

Que 2020 s’en inspire !

(à partir des 366 réels à prise rapide)

Ben t’es courageuse dis donc !

Un peu plus d’un mois après ma chute, et plus ou moins trois mois après la rentrée, je voulais vous dire que vélotafer est la meilleure décision que j’ai prise ces derniers mois.

Point d’ironie du tout, je le pense sincèrement. Et je suis convaincue que si je ne circulais pas ainsi, j’aurais explosé en vol sous le stress et l’épuisement depuis plusieurs semaines.

Pourtant, ces derniers temps, j’entends de plus en plus « Tu es venue à vélo ? Ben t’es courageuse ! » A cause de ma chute et à cause de la météo qui a tourné au froid et à la pluie. Et je me rends compte à quel point l’image que beaucoup de personnes se font de le circulation à vélo est fausse.

Vélotafer, pour moi, c’est entre 20 et 25 minutes de trajet dont plus de la moitié sur piste cyclable sécurisée (séparée de la circulation des véhicules motorisés), un peu moins de 5 kilomètres sur un très faible dénivelé. D’excellentes conditions, donc. L’alternative, puisque je n’ai pas de voiture, c’est le tramway, avec un changement de ligne, et un peu de marche, 45 minutes minimum en tout, aux heures où il est le plus fréquenté donc en mode sardines, en particulier le soir. Et je préfère mille fois être sur mon vélo sous la pluie que collée/serrée dans le tramway à alterner les 30 degrés de chaleur humaine et les 3 degrés de température ambiante extérieure.

Le froid, la pluie, ce n’est pas agréable, forcément, mais en s’équipant bien (Pour moi, une bonne veste chaude et étanche – merci le rayon équitation de Décathlon, des gants chaud, un surpantalon, un bonnet sous le casque), ce n’est pas compliqué à surmonter. Actuellement, je rentre tous les jours sous la pluie et me mouille moins à vélo qu’ensuite en allant à pieds chercher les enfants.

D’une manière générale, ce trajet m’aère l’esprit et me donne de l’énergie, je dors mieux – enfin, les heures où le bébé me laisse dormir – les jours de vélotaf que les autres. Je n’ai juste pas l’espace de faire du sport par ailleurs, donc c’est vraiment le moyen d’associer l’utile (les trajets entre chez moi et le travail) et, euh, ben l’utile (avoir une activité physique régulière). Et l’agréable aussi.

Morale ? Le vélotaf, c’est bon, mangez-en ! Ou un truc comme ça