Hautement

J’ai changé de psy il y a quelques mois. A la base, je n’ai pas commencé à voir celle-ci dans l’intention de changer. Je devais compléter mon travail « psy » avec elle sur le terrain de l’hypnose. J’ai tout de suite eu un très bon contact avec elle Rapidement, voir les deux m’a fait trop. Et en même temps, en deux séances, elle s’était déjà montré très fine dans ce qu’elle comprenait et devinait de moi.

J’ai donc suspendu mon travail avec l’un pour approfondir avec l’autre.

Et elle m’aide beaucoup.

Avant l’été, elle m’a diagnostiquée comme hautement sensible (c’est la manière de dire qu’elle utilise, on entend plus souvent « hypersensible »). Sur son conseil, j’ai lu Elaine Aron, la psy qui a initié une bonne partie du travail sur ce sujet.

Elaine Aron dit qu’environ 20% de la population est hautement sensible. Et parmi ces 20%, 7% sont d’un tempérament extraverti.

Et donc je me situe là.

C’est tout neuf comme idée mais ça m’a fait du bien. Parce que même si j’ai développé déjà tout un tas de stratégies, sans savoir ce que je faisais, pour répondre à cette particularité, mettre des mots et avoir des explications aident.

Vieille compagne

J’arrive au bout de ma première semaine de cours. Il me reste une heure de séance demain, et pas des moindres (une nouvelle classe, un projet qui va nous porter toute l’année). Première semaine complète, encore une demi journée à passer au CDI.

Je suis fatiguée. En classe, j’ai retrouvé mon rythme. Il m’a fallu deux séances pour me rappeler comment gérer mon temps mais ça va, je suis retombée sur mes pieds. Par contre, en fin de journée, je ressens une fatigue qui me préoccupe un peu, quelque part.

Parce que bon, là, je ne peux même pas accuser les mômes. Comme quoi…

7 septembre. Aujourd’hui une affaire de choix

Ne pas se laisser envahir. Baliser, se discipliner, équilibrer. Laisser le travail à sa place. Laisser de la place pour vivre.

Cette perméabilité typique de l’enseignement – mais pas que – entre le temps de travail et le temps chez soi.

Mon gros enjeu de l’année.

Mes projets vont rouler. L’imprévu s’improvisera. Et à la fin de l’année, l’année sera finie, quoiqu’il arrive. Peut-être moins proprement que certaines fois mais ce n’est même pas certains.

Lundi

Premier jour. Les précédents, ça ne comptait pas vraiment. Une petite fréquentation à 126 passages. Pas mal, pour une reprise. J’ai coché tous les items de ma todolist. Mettre en place les expositions thématiques, rédiger le projet de CDI, saisir le courrier, ce genre de choses. Faire ronronner le CDI, déjà, comme si rentré depuis des semaines, presque.

C’est confortable, de connaître si bien son outil de travail. C’est confortant, de bénéficier du boulot réalisé en amont. C’est curieux, de ne pas se sentir débordée.

Demain, mes premiers cours de l’année. Hâte, quand même, un peu.

Je me demande de plus en plus souvent combien de temps encore je vais réussir à faire ça. Pour le moment, ça passe crème.

Ce qui use

Je devais avoir mes premiers cours de l’année demain mais on a aussi eu notre premier cas de Covid de l’année et donc notre première fermeture de classe.

Ça s’annonce compliqué…

Comme on n’a même pas encore rencontré les élèves, on ne nous demande pas de les faire travailler à distance. Il faut dire qu’ils n’ont même pas encore leurs accès à Pronote et à l’ENT…

Je vais tout de même voir des élèves demain. Pendant les récréations. Et pendant les quelques heures de permanence. Dans mon établissement, les emplois du temps des élèves sont construit de manière à ne laisser aucun « trou ». Mais alors ? Demain ? Et bien seront en permanence les élèves des deux « compléments de service » (également appelé « BMP » mais je ne sais plus à quoi correspondent les lettres à part le P de « provisoire ») c’est-à-dire des profs qui ne feront que quelques heures dans notre établissement, ne sont pas nommés.

C’est là toujours un truc que je ne comprends pas. Nos BMP, on les fixe en mars ou avril. C’est-à-dire qu’au printemps, tous les bahuts peuvent dire « Moi, j’aurais besoin de 3h en maths et de 9h en physique-chimie ».

Comment peut-on arriver deux saisons plus tard sans que quelqu’un soit nommé ? Et même sans savoir dans quel(s) autre(s) établissement(s) la personne va bosser ? Parce que non seulement les élèves commencent l’année sans prof, ce qui est le plus grave, mais aussi, tous les emplois du temps sont provisoires. Parce que si on nous affecte un prof sur le poste à qui on a prévu 4h de cours le mardi matin et que cette même personne doit assurer le reste de son temps de travail dans un établissement qui a prévu, pas d’bol, aussi de mettre des heures le mardi matin, ben il faut modifier. Et quand tu touches 4h sur un prof, tu touches les emplois du temps de 4 classes et jusqu’à une dizaine de profs. Donc si on savait au moins avec quels établissements ont partageait les postes, on pourrait établir les emplois du temps en conséquence…

À côté de ça, je ne sais pas à quelle heure je finis mardi parce que ma cheffe ne m’a pas fait de retour sur ma demande de modification dans les horaires d’ouverture du CDI. Mais mardi c’est loin, hein, on est large.

Travailler dans l’Education Nationale…

(Quand je publie une photo au lieu d’écrire.

Des fois, c’est parce que j’ai fait une photo que j’ai très envie de partager.

Des fois, c’est parce que je n’ai rien à dire.

Des fois, c’est parce que j’ai un peu peur de ce que je voudrais écrire.

Ce soir, c’est parce que Popcorn m’a vraiment fait rire quand il m’a demandé à aller toucher « la grande piscine, maman ».

Week-end précédent

Voilà. On a finit de reprendre. Lundi, on démarre pour une vraie semaine. Même en retournant le schmilblick dans tous les sens, on y est.

Je n’ai pas réussi à obtenir l’aménagement supplémentaire que je demandais dans mon emploi du temps. Pas échoué non plus. On ne m’a pas dit non. On y réfléchit.

Je conserve mes vendredis après-midi et je veux les sacraliser. M’obliger à quitter le collège dans la foulée de la sonnerie, arrêter de tourner, de terminer un truc. Cette espace temps doit être le mien, à moi, et pas uniquement un espace pro ramené à la maison, ce qu’il a tendance à devenir en cours d’année.

Je piaffe un peu. On a démarré mais pas tout à fait. Il manque les élèves ! Il manque la vie au CDI, les « Madaaaaame » et les « chhuuuuut », les bip des emprunts et les « Vous avez…?  » avec des étoiles dans les yeux.

On y est presque.

Rentrées

Aujourd’hui, je voyais mes premiers élèves de l’année et j’avais mille choses à abattre dont une activité assez mobilisante cette après-midi, Peanuts faisait sa rentrée en Ce1 et Popcorn reprenait la crèche dans un nouveau service.

Je m’attendais à ce qu’on ait tous les trois un certain trop plein à évacuer ce soir, que les choses manquent de fluidité, que ce soit compliqué. Et ben pas du tout. Le retour à la maison, les tout premiers devoirs de l’année (un peu de lecture pour Peanuts, trouze mille papiers à remplir pour moi), et même le bain qui pourtant est hyper compliqué avec Popcorn ces derniers temps, tout s’est bien passé.

Peanuts n’a pas grand chose à dire de la maîtresse mais il a retrouvé toutes ses copines, dont seulement une a été affectée dans une autre classe, alors il est content. Popcorn m’a parlé plusieurs fois de garages et de voitures, et il semble que la crèche ait répondu à toutes ses exigences en la matière. Moi, j’ai été emballée par le projet démarré cet après-midi, ça m’a fait plaisir de rencontrer mes 6e, et j’ai déjà programmé des séances pour la semaine prochaine.

Ce soir, je chantonne en écrivant pour bercer ma marmaille. Je ne sais pas ce que la suite de l’année nous réserve mais cette rentrée à la fois énergique et sereine est bien douce.

Rouler

Je suis rentrée, je suis séchée, je suis tendue, on n’est pas rendu…

Cette année démarre fort et vite. Il y a plein de nouvelles têtes. En soi, je n’ai rien contre, mais plusieurs de celles qu’elles replacent vont vraiment me manquer.

Je suis contente de mon emploi du temps, la répartition des heures fixes qui en changeront pas au cours de l’année et autour desquelles j’installerai les heures plus ponctuelles.

Je suis contente de crouler sous les demandes, même si ça me stresse : c’est flatteur et valorisant que les collègues veuillent ainsi travailler avec moi.

J’ai retrouvé mon petit univers. Pas longtemps. Demain un peu plus. Premiers élèves de l’année, quelques minutes. Vendredi davantage. Lundi mes premiers cours. Ça va rouler.