En équilibre

Plus ça va, plus je sors surprise des mercredis qui fonctionnent. Il y a tellement de moment où la journée peut basculer, tellement d’occasions pour qu’un mot, une attitude, un réflexe pourrisse les deux heures qui suivent.

Aujourd’hui, Peanuts a déclaré au moins 5 fois que c’était la pire journée de sa vie.

Il a commencé vers 9h55.

Je lui ai répondu que c’était un peu tôt pour déclarer une journée entière irrémédiablement perdue.

En fait, c’est sa nouvelle réponse à la contrariété et la frustration. (Moins démonstrative que celle de l’enfant petit qui a adopté le hurlement et le jet d’objet en direction de son interlocuteur ces derniers temps). Il a aussi été très content de regarder le Cinquième éléments, de manger des saucisses, de me parler pendant que je faisais mon yoga (notamment pour commenter comme la jeune femme de la vidéo réussit mieux les postures que moi), de jouer avec son frère, de manger un pain au chocolat, d’inventer un robot en lego, de manger des crêpes, de jouer au nouveau jeu de société offert par une amie…

Bref, c’était pas si pire, finalement.

Je sors une fois de plus épuisée de cette journée. Je ne sais pas s’ils se rendront compte un jour de ce que me coûte ces mercredis. Peut-être un jour, à l’aune de leurs souvenirs. Quand ils seront eux-mêmes parents. Peut-être jamais. J’espère surtout qu’ils s’en construisent, des souvenirs de ces journées, sur lesquels ils auront plaisir à revenir quand ils seront adultes.

Charmante petite famille

Le matin de travail, Buddy (mon vélo) et moi, on remonte le bord de mer. On l’atteint à mi chemin du trajet, pour les deux tiers de ce qu’il reste à parcourir.

À cette saison, c’est l’heure du levé de soleil, et les teintes sont souvent épatantes (et ne rendent pas grand chose en photos), mais le froid pique bien.

Quasiment tous les matins, on croise une famille. Un coupléme de parent et leur deux filles, qui rejoignent bien souvent un homme un peu plus âgé qui me semble bien être le grand-père des enfants.

Face à la mer, ils font leur gym.

La plus jeune des filles n’est pas encore très bien coordonnée dans ses mouvements et elle se laisse disperser. Elle regarde les gens qui passent, les voitures, les mouettes, les joggers. La plus grande est très appliquée. Le père a une expression imperturbable. La mère tourne en général le dos à la mer. Le grand-père arrive un peu plus tôt et fait ses exercices à quelques pas d’écart.

Ils ne se parlent pas ou peu. Mais ils sont vraiment ensemble.

Certains matins, je les vois arriver. Les filles trotinnent jusqu’au grand-père pour une étreinte rapide mais pleine de tendresse de toutes parts. Puis hop, ils se mettent en place.

Je ne sais pas bien combien de temps dur ce petit sport. Je ne les vois jamais repartir. Mais je me suis rendu compte que je les guette, ils sont devenus un de mes repères de la route. Il y a là dedans un petit côté Truman Show qui me fait sourire.

Je me demande si eux m’ont remarquée. S’ils ont repéré Buddy. Peut-être que pendant leurs squats, l’un ou l’autre se dit « tiens, elle passe tard aujourd’hui » ou « Ah, la voilà ». Peut-être voient-ils courir devant moi le lapin blanc.

Monde de fou

Aujourd’hui, samedi 9 janvier, les cours de sport de l’enfant grand reprenaient. On a donc dû organiser notre journée en prenant cela en compte, avec cet horaire qui coupe en deux l’après-midi.

Sans trop chercher, on a repris les rythmes des samedis d’avant le deuxième confinement. Les lessives en matinée, le repas un peu tôt, sortir faire deux petites courses dans le quartier quand les enfants s’excitent trop à l’intérieur. Puis les siestes et temps calmes un œil sur l’horloge, habiller l’enfant grand de sa tenue, filer au cours, y revenir une heure après, on ne peut plus y assister.

Ce n’est pas grand chose, trois fois rien ou à peine plus. Mais ça nous a fait du bien à tous les quatre, ce retour à quelque chose d’un peu normal.

Et encore, qu’on ne puisse pas aller prendre un goûter assis quelque part après ce cours, et qu’on doive garder l’heure en tête pour ne pas rater le début du couvre-feu nous maintenait dans cette réalité épidémique.

Un samedi pour se rendre compte à quoi ça tient. Que même si on ne s’y rend pas, voir les terrasses se remplir à nouveau, nous en avons besoin. Entendre les collègues discuter de la pièce de théâtre vue la veille, ou prendre rendez-vous pour aller voir un film ensemble. On a besoin que les possibilités existent. Et que ce soit naturel.

Souvent, je me dis que mon mode de vie m’épargne beaucoup. Beaucoup des pratiques interdites ne font pas partie de mon quotidien, ni même de mon exceptionnel. Et pourtant… J’essaie d’imaginer comme c’est dur pour d’autres. Je suppose que je ne peux qu’essayer. Dans tous les cas, personnes n’est épargnés…

Et on a beau s’habituer, je trouve toujours ça aussi dingue.

Extrait

« – Tu sais, a continué Tom, ce truc de mettre les gens dans des cases, les hommes sont comme ci, les femmes sont comme ça, c’est justement ce qui nous pourrit la vie. Mon père avait ce genres d’idées. Un homme ça doit être fort, courageux, dur. Une femme ça doit être belle, douce, et s’occuper des gamins.Mais tout ça, c’est n’importe quoi.C’est une manière de nous enfermer, les femmes comme les hommes, dans des cases. De toutes petites cases.

– On ne peut pas vivre dans des cases.

– Moi, je ne pourrais même pas y rentrer a dit Tom en posant une main sur son ventre.

– Tu as raison, nous on est fait pour les ronds !

Puis, redevenant sérieux, Tom a ajouté :

– Je suis d’accord avec Fatia, les femmes sont les premières victimes de la violence des hommes. Je peux aussi te dire que certains garçon souffrent s’ils ne rentrent pas dans les bonnes cases. »

SERVANT, Stéphane. Félines. Rouergue, « Epik », 2019. pp 249-250

Couverture du livre représentant une créature mi humaine mi féline avec un capuche

Clichés

J’avais envie de poster une photo, mais datées d’aujourd’hui, je n’ai que des livres (parce que #JeSuisProfDoc et j’utilise mon téléphone personnel pour faire mes photos professionnelles, coucou Jean-Michel) et mes deux minots sous la douche. Le grand, palot comme une parigot, les côtes qui affleurent quand il rit ou s’écrie, tenant le jet de douche en direction du petiot, hilare, de l’eau dégoulinant tout autour de son sourire béat d’amusement et d’adoration pour son aîné, son bidon de bébé pointé en avant, tout en rondeurs alors que l’autre est tout en longueur, les paupières étirées par le rire, les bras tendus en avant dans un geste qui hésite entre réclamer que l’eau s’arrête de le chatouiller et encourager que le jeu continue.

Je ne vais pas vous la poster les p’tites culs tout nus de ma marmaille. Je vous laisse imaginer leurs rires. Et l’état du sol de ma salle de bain une fois la douche terminée !

Enguidonné

Aujourd’hui, c’était la reprise. Pour trois sur quatre dans mon foyer, pour tout mon bahut, mais pas pour mon vélo parce que je n’ai as résisté à l’appel de la voiture exceptionnellement disponible.

Le CDI est glacial, effet des belles hauteurs sous plafond. Ça ne m’a pas aidée à me rassembler. Rien n’y est vraiment arrivé. J’ai été comme ça, desassemblée, un peu toute la journée.

Mes réflexes étant bien vivants, j’ai tout de même réussi à avancer dans mon travail. Et j’ai discuté assez longuement avec 3 élèves différents. Des conversations intéressantes et une particulièrement touchante. Ça faisait longtemps que je n’avais pas eu de grandes conversations comme ça avec des élèves. Et je pense que c’est dû à ce que je n’avais pas la tête dans le guidon, que j’étais moins concentrée sur les tâches.

Bonne résolution 2021 : sortir le nez de mon guidon !

Citation

30 décembre 2020.

Je suis en voiture (inaccoutumé), au volant (exceptionnel), seule (rarissime).

Je viens de déposer les enfants chez leur grand-père.

Il fait froid mais pas laid. C’est la fin de la matinée. Je suis passée au labo pour une prise de sang, je me dirige vers les courses du réveillon en amoureux à venir. Je suis soulagée d’avoir 48 heures sans enfant. Je suis inquiète de comment les choses vont se passer pour le plus petit. J’ai hâte de régler quelques trucs et de retrouver mon chez moi, mon mug, mon plaid.

La radio est allumé sur France Info. Dedans, il y a la journaliste Elodie Suigo qui interviewe le chanteur Jean-Louis Aubert. J’aime bien leurs voix, à tous les deux. J’aime bien le ton de l’interview. Vers 11h28, il a dit ceci :

« Je ne sais si dans la vie on peut avancer sans laisser derrière soi un sillage d’amertume ».

Extrait

« Quand j’ai senti l’enfant arriver, comme si une planète se déplaçait dans mon corps, comme si je n’étais rien d’autre qu’un ciel lourd de pluie prêt à se déchirer, je me suis mise à rugir et mon cri était comme le tonnerre qui foudroie la terre un soir d’orage et le ciel subitement s’est ouvert. C’est là que j’ai donné naissance à un premier enfant, là, au milieu des sillons, sur la terre noire de nôtre potager et cet enfant était pareil à une graine chaude, vive et palpitante. J’ai inspiré son odeur et tous les parfums des montagnes et des bois, et celui plus ancien encore des hommes et des bêtes qui un jour avait vécu là et une nouvelle planète a roulé dans l’obscurité de mon ventre. »

SERVANT, Stéphane. Félines. Rouergue, « Epik », 2019. pp. 368-369

Couverture du livre représentant une créature mi humaine mi féline avec un capuche

Bilan lecture 2020

En 2020, j’ai lu 69 livres (sans compter ceux que je lis aux enfants). 39 plumes étaient tenues par des hommes, 50 par des femmes. Mais 32 hommes différents et 36 femmes différentes. 38 d’entre elleux étaient des découvertes. J’ai mis en gras les lectures qui m’ont le plus marquée et souligné celles dont je garde un mauvais souvenir… ou pas de souvenirs du tout !

  1. Le lion, Joseph Kessel (Roman)
  2. Journal d’un AssaSynth #1 Défaillances systèmes, Martha Wells (Roman)
  3. Les Riches heures de Jacominus Gainsborough, Rebecca Dautremer (Album)
  4. La Différence invisible, Julie Dachez, Mlle Caroline (BD)
  5. Arsène Lupin : L’Aiguille creuse, Maurice Leblanc (Roman)
  6. Comme des images, Clémentine Beauvais (Roman)
  7. D’après une histoire vraie, Delphine de Vigan (Roman)
  8. J’ai des idées pour détruire ton égo, Albane Linijer (Roman)
  9. Zombillenium tome 4, Arthur De Pins (BD)
  10. En nous beaucoup d’hommes respirent, Marie-Aude Murail (Roman)
  11. Bergères guerrières tome 1 La Relève, Jonathan Garnier, Amélie Fléchais (BD)
  12. Boum ! Mark Haddon (Roman)
  13. Le photographe, Mano Gentile (Roman)
  14. Génération K tome 1, Marine Carteron (Roman)
  15. Génération K tome 2, Marine Carteron (Roman)
  16. Génération K tome 3, Marine Carteron (Roman)
  17. L’Assassin est au collège, Marie-Aude Murail (Roman)
  18. Pépites, Anne-Laure Bondoux (Roman)
  19. Un Noël à Kanpur, Anne Perry (Roman)
  20. Songe à la douceur, Clémentine Beauvais (Roman)
  21. Le Premier jour du reste de ma vie, Virginie Grimaldi (Roman)
  22. Sirius, Stéphane Servant (Roman)
  23. Love letters to the dead, Ava Dellaira (Roman)
  24. Maman, Hélène Delforge, Quentin Gréban (Album)
  25. En avant toute ! Oui mais vers ou ?, Juliette Baily (BD)
  26. Dans la forêt, Jean England (Roman)
  27. Journal d’une bipolaire, Emilie Guillon, Patrice Guillon, Sebastien Samson (BD)
  28. Quand nos souvenirs viendront danser, Virginie Grimaldi (Roman)
  29. La Nouvelle, Cassandra O’donnell (Roman)
  30. King Kong theory, Virginie Despentes (Essai)
  31. Boom, Julien Dufresne Lamy (Roman)
  32. La Premier fois, Agnès de Lestrade (Roman)
  33. La Revanche des princesses, Clémentine Beauvais, Alice Brière-Haquet, Charlotte Bousquet, Anne-Fleur Multon, Carole Trebor, Sandrine Beau (Nouvelles)
  34. Le Voyage de Darwin, Giacomo Scarpelli, Maurizio A. C. Quarello (Album)
  35. Peau d’homme, Hubert, Zanzim (BD)
  36. Et je danse aussi…, Anne-Laure Bondoux, Jean-Claude Mourlevat (Roman)
  37. Chère Grand-Mère, Virginie Grimaldi (Roman)
  38. Enquête généalogique : Le Mystère du poilu, Marie-Odile Mergnac (Roman)
  39. Oh happy day, Anne-Laure Bondoux, Jean-Claude Mourlevat (Roman)
  40. Les Petits mythos, Christophe Cazenove, Philippe Larbier (BD)
  41. Little Kevin, Koyote (BD)
  42. L’Amie prodigieuse tome 1, Elena Ferrante (Roman)
  43. Plus de morts que de vivants, Guillaume Guéraud (Roman)
  44. La Vraie vie, Adeline Dieudonné (Roman)
  45. Si on chantait ! François Place, Yves Grevet, Christelle Dabos, Jean-Philippe Arrou-Vignod, Clémentine Beauvais, Timothée de Fombelle, Christophe Mauri, Victor Dixen, Anne-Laure Bondoux, Vincent Villeminot, Susie Morgenstern, Stéphane Michaka, Jean-Claude Mourlevat (Roman)
  46. La Libraire de la place aux herbes, Eric de Kermel (Roman)
  47. Un jardin en Australie, Sylvie Tanette (Roman)
  48. Les Vermeilles, Camille Jourdy (BD)
  49. L’Agence Pendergast tome 1 : Le Prince des ténèbres, Christophe Lambert (Roman)
  50. Appelle moi Charlie, Marcus Malte (Roman)
  51. Journaliste tome 1, Funwari, Masao Yajima (Manga)
  52. Black out, Mickaël Elsberg (Roman)
  53. Cinq, Marie Sophie Vermot (Roman)
  54. La Fille de Belle Prater, Ruth White (Roman)
  55. Nulle et Grande Gueule, Joyce Carol Oates (Roman)
  56. Le Secret des O’Reilly, Nathalie Somers (Roman)
  57. Star Trip, Eric Senabre (Roman)
  58. Demokratia Tome 1, Motorô Mase (Manga)
  59. Peur dans la neige, Sandrine Beau (Roman)
  60. Sauveur & fils tome 6, Marie-Aude Murail (Roman)
  61. Demokratia Tome 2, Motorô Mase (Manga)
  62. Demokratia Tome 3, Motorô Mase (Manga)
  63. Demokratia Tome 4, Motorô Mase (Manga)
  64. Demokratia Tome 5, Motorô Mase (Manga)
  65. Celui qui dessinait les dieux, Alain Grousset (Roman)
  66. L’Amie Prodigieuse tome 2, Elena Ferrante (Roman)
  67. Six, Marine Carteron (Roman)
  68. Gentlemind tome 1, Juan Diaz Canales, Teresa Valero, Antonio Lapone (BD)
  69. Féline, Stéphane Servant (Roman)

En relisant un an de post de 2020, je suis retombée sur ce post. J’avais oublié m’être fixé des objectifs de lecture mais il semble que j’ai écrit ceux-ci :

  • « Qu’au moins un tiers de ce que je lirai cette année vienne de ce qu’il y a dans ma PAL et ma liseuse aujourd’hui,
  • Que la littérature jeunesse ne soit pas plus de la moitié de ce que je lis
  • Qu’au moins un tiers des auteurs et autrices que je lis soit une découverte »

Je ne saurais dire pour le premier point. Je n’ai pas noté où ce qu’il y avait dans ma PAL à ce moment là, ni dans ma liseuse et comme cela évolue sans cesse. A vue de nez, je dirais que cette objectif là n’est pas atteint. Par contre, avec 27 titres de littérature jeunesse, j’ai atteint le deuxième objectif et largement dépassé le dernier (38 découvertes sur 68 auteurices différent.e.s).

En ce 2 janvier, j’ai listé ma PAL et ajouté les livres de ma liseuse que je tiens absolument à lire. Cela après un tri drastique j’arrive à 26 titres. Certains sont là depuis plusieurs années… Mais comme je n’ai jamais assez de lecture en attente ou du moins il faut le croire, je me suis réabonnée à la Kube ! Oui, je suis incorrigible, parce que j’ai aussi tout un CDI sous la main dans lequel je peux trouver largement plus à lire que ce que j’ai le temps de lire, et cela même avant d’avoir passé les premières commandes de l’année civile.

Bref.

Mon objectif lecture cette année, c’est de lire, et c’est déjà pas mal. Je vais essayer de terminer le livre de chaque box Kube avant d’avoir reçu le suivant. Peut-être de lire davantage de BD parce que je me rends compte que ça me manque. Et puis on verra bien !

Et vous ? Vos lectures 2020 ? Et 2021 ?