Schtroumph grognon

Moi j’aime pas quand les choses se compliquent au lieu de se simplifier, j’aime pas quand je dois parler à des inconnus au téléphone, j’aime pas quand c’est pas clair et j’aime pas être adulte.

(Oui, je parle de notre projet immobilier)

Le jour d’après.

J’ai fait une crise.

La dernière datait de décembre.

Plus de temps sépare deux crises, plus c’est dur à encaisser. Pas temps physiquement, même si je suis laminée, mais pour le moral. Et là, ce soir, il faut fouiller loin dans mes chaussettes pour lui mettre la main dessus.

À faire l’autruche…

Je m’en veux énormément d’avoir repoussé, de ne pas m’être écoutée, de ne pas consacrer l’attention nécessaire à accueillir stress, pressions, sensations…

D’avoir foutu en l’air les efforts des mois précédents.

De n’avoir, encore, pas été à la hauteur.

Pas ce soir

Je repousse, poste une photo, une autre. Je n’ai pas envie d’écrire. Je n’ai pas envie de lire ce que prendre le temps d’écrire pourrait me faire dire. Je n’ai pas l’énergie d’accueillir mes questions, mes réponses. Sur comment je me sens et pourquoi je me sens comme ça. Je ne veux pas laisser la place à ce sentiment de détestation de moi quand je n’arrive pas à tirer le bon de ce que j’ai, et laisser le reste sur le pas de la porte.

Pas fort

Bon.

J’arrête pas de dire que ça va. « Je suis fatiguée, mais ça va ». Et j’y crois.

Mais objectivement.

Je dors mal depuis ma reprise. Je fais des mauvais rêves quasiment chaque nuit. Le genre qui me réveille et dont je dois m’extirper volontairement pour pouvoir espérer me rendormir sans y replonger. Beaucoup de choses liées à mon travail et qui sortent de mes mauvais rêves habituels de travail. Une bonne partie en lien avec la personnalité de ma cheffe. Et pas mal de choses concernant les enfants comme perdre Peanuts en descendant d’un bus alors qu’il y est remonté et le chercher ensuite en vain.

Forcément, entre ça et les journées, je suis crevée.

Je me disais que c’était un peu de stress de reprise mais on est rentré il y a plus d’un mois. Et objectivement, j’ai très souvent été dans des périodes bien plus tendues. Là, j’arrive à finir mes journées de taf sans qu’il reste 18 items sur la todolist. Ce qui est assez rare en fait.

Et même à la maison, c’est pas trop le rush. Les enfants n’ont pas encore décidé de tomber malade à répétition, ni de faire des nuits mitées d’appels nocturnes. Popcorn est même plutôt coopératif dans l’ensemble.

Alors je me disais que ce n’était pas grand chose.

Mais voilà que depuis quelques jours je me remets à compulser sur la nourriture.

Alors tout mis bout à bout, je ne peux que constater que ça va pas fort. Mais je suis incapable de dire précisément pourquoi…

Encore…

J’encaisse mal le changement de saison. Je recommence à ne plus réussir à me tenir avec la nourriture. Les enfants m’exaspèrent en trois secondes. Et mes élèves, n’en parlons pas.

Bah, je dis que c’est le changement de saison mais c’est pas forcément ça. Disons que c’est une explication qui colle.

Je ne sais pas trop par quel bout prendre les choses. Comment lutter. Parce qu’il faut lutter.

Encore.

Petit sorcier

Quelques jours (nuits) avant la naissance de Popcorn, j’ai fais un rêve https://aslizlyetc.com/2019/04/23/causeries-en-vrac/

Quelques jours après, mon amie Ambre me disait « Dis donc, un peu sorcière, toi ». Je lui répondais que c’était sans doute plutôt lui.

Il y a eu plein de petites choses après sa naissance. Comme un soir à la sortie de l’école. Popcorn nourrisson s’était plaint de son ventre toute la journée. A l’instant où il est sorti de l’école, Peanuts m’a annoncé avoir mal au ventre. Ça l’a pris brutalement, à l’instant où il nous a rejoint. C’est passé tout seul un peu plus tard. En même temps que Popcorn allait mieux.

Des anecdotes comme ça, j’en ai quelques unes.

À chaque fois, il y a une explication rationnelle possible et crédible. La majorité du temps, je m’y range.

Mais tout à l’heure, alors que l’orage couvait et qu’on était un peu électrique enfermé chez nous par l’alerte météo, je lisais un livre. Un livre de boulot dont je n’ai pas parlé à la maison. Popcorn jouait à côté de moi, s’intéresse à mes pages sans images et me demande « L’est triste ? »

– Qui ça, mon chat ?

– L’écrit l’est triste ? »

Et oui, exactement dans ce passage, le personnage éprouvait une grande tristesse. Il me semble aussi qu’il a dit « L’est triste Cris »… Et elle s’appelle bien Cris. Mais peut-être était-ce « l’écrit l’est triste » une nouvelle fois…

Dans la soirée, Celuiquim’accompagne regardait le ciel et s’étonnait d’un énorme amas nuageux. « C’est fou. Ça me fait penser à… » Il cherchait son mot. Popcorn me regarde et dit « Là Où C’est Loin » (le vrai nom du village, bien entendu). C’était le mot que cherchait son père.

Alors oui, il y a des explications rationnelles possibles et tout à fait crédibles. Lui aussi a vu l’amas de nuage, et ça lui a probablement fait penser au même endroit que son père. J’étais pris dans ma lecture et l’expression de mon visage laissait sans doute entendre que ce n’était pas un moment joyeux.

Mais n’empêche. Il y a des moments où je me pose des questions. Elle reste entre moi et moi. Et des fois, des trucs que je lui dis à lui. Dans ces moments de flottement où être ancrée dans le réel n’est pas aussi important.

J’ai vraiment l’impression qu’il a dit « Cris ».

Rêver

On était invité à un anniversaires pour 16h. A quasi une heure de route de chez nous. Celuiquim’accompagne m’a assuré qu’à 18h30 au grand maximum on serait sur la route. A 19h, j’envoyais Popcorn lui réclamer pour la énième fois « Rentrer maison voiture papa ? » Un accident a rendu la circulation plus compliqué qu’à l’ordinaire. On a fini par passer à table à l’heure où on termine de coucher d’ordinaire les enfants.

Souvent j’en veux à cette partie de la famille qui semble avoir totalement oublié ce que signifie être un enfant petit… et un parent d’enfant petit. Qui lance une invitation à cette heure là et ne fait rien pour qu’on puisse partir pas trop tard.

Cette nuit, j’ai fait un rêve dans lequel j’étais à la fois adulte et adolescente, un truc assez alambiqué dans la chronologie. Un garçon qui cherchait maladroitement à me séduire essayait de m’aider en faisant tout un tas de choses à ma place mais s’y prenait mal et m’obligeait à passer derrière lui. Je lui expliquais alors que je n’avais pas besoin qu’on fasse à ma place mais que j’avais besoin de soutien, un soutien indéfectible, le genre à me trouver admirable en tout et à me répéter combien j’étais capable, à croire en moi à deux cent pour cent. Et surtout, d’arrêter de me mettre des bâtons dans les roues en prétendant faire des choses bien pour moi, m’aider, etc.

Après des semaines de rêves dont je cherche encore la signification, celui-ci ne pouvais pas être plus clair. Et il n’est pas tombé là par hasard.

C’était pas mal d’être cette nana qui rend un type bêta d’amour. Même si ce n’était que le temps d’un rêve.