Ma colère

En ce moment, je me mets en colère à tout bout de champ.

J’ai toujours des raisons mais c’est difficile d’être en colère toute la journée. Et usant.

Aujourd’hui, m’est revenu un truc que j’ai vu ou lu ou écouté (peut-être une vidéo « Tout le monde s’en fout » ?) bref je ne sais plus d’où je tiens ça mais ça disait que la colère est un sentiment qui apparaît quand nos valeurs personnelles ne sont pas respectées.

Et c’est vrai qu’en ce moment, c’est pas vraiment ça, au boulot. Surtout de la part des élèves. Et va expliquer ça à des ados…

J’ai peu d’heure de séances en ce moment donc j’ai beaucoup de permanences. Grosses, pour la plupart, parce qu’il y a plusieurs collègues absents.

Aujourd’hui, j’ai cherché à observer précisément ce que les élèves viennent faire au CDI pendant ces permanences, entre 10h et 15h30. J’ai eu pas loin de 90 élèves sur ces heures là.

Seulement 2 ont lu.

Les autres ont fait leurs devoirs, papoté, joué avec les jeux de la ludothèque, joué à action ou vérité, joué sur les ordinateurs, discuté, dérangé des livres juste pour les déplacer, beaucoup discuté, regardé leurs bulletins publié sur Pronote aujourd’hui…

Évidemment, une bonne partie de cela n’est pas autorisé. Mais je n’ai aucune autorité et bien que je fasse la police, dès que je tourne le dos, ça recommence.

Et je n’ai aucun appui de la Vie Scolaire.

Le cul, les ronces, comme dirait l’autre…

Perdu

J’ai fouillé, fouiné, cherché, j’ai réfléchis, cogité, meningé, j’ai essayé, tenté, testé, mais rien y fait : je ne comprends pas où est passé ce mois de mars…

Lizlyputienne

J’ai refixé sa tête. J’ai dû changer son écharpe, celle-ci est moins désordonnée. Ça a changé sa posture. Elle n’a plus cette tête rentrée dans son cou, contre le froid. Du coup je lui ai fait des épaules, et j’ai du reprendre un bras. J’attends qu’elle sèche pour savoir où elle va.

À quoi ça rime

En ce moment, c’est compliqué, au boulot.

Je n’arrive pas à garder une ambiance correcte au CDI. On a beaucoup de permanences parce que Covid, cas contacts, naissance, décès, formation et que les enfants des collègues continue de tomber malade de trucs pas grave mais qui suppose de les garder à la maison. Le CDI se remplit, à chaque heure. Hourra ? Oui. Non…

Non parce que je n’arrive pas à maintenir un niveau sonore correct, parce que j’exclue des élèves pour mauvais port du masque, parce que j’ai chaque heure la sensation d’essayer de faire respecter les règles seule face à des personnes qui n’en ont rien, mais alors strictement rien à foutre.

Ils s’en fichent que je crie. Ils s’en fichent que je m’énerve. Ils s’en fichent même tout simplement de ce que je leur dis, peu importe sur quel ton.

Et en cours… D’un cours à l’autre, ils n’ouvrent pas leurs classeurs. Je dois les faire progresser en me basant sur ce qu’ils retiennent d’un cours à l’autre avec 15 jours entre deux séances. Autant dire que j’en suis encore à répéter « mais si, un livre c’est un document, même quand c’est une fiction » (séance 2 : le document et l’information. Septembre 2020). Ils oublient à une vitesse proportiobbellement inverse de celle à laquelle ils comprennent. Et surtout, ils n’en ont rien à foutre. Pas tous. Mais la majorité. Je suis là à projeter mes vidéos, distribuer des cours soigneusement mis en page et photocopiés pour qu’ils ne perdent pas trop de temps à écrire, à évaluer par compétences.

Et ils s’en tapent.

Je suis vraiment découragée…

Et je rentre chez moi. Le petit s’en fout que je crie ou pas, que je m’énerve, qu’il m’exaspère. Le grand négocie en permanence pour me reprocher ensuite que les choses ne se passe pas comme il en avait envie. Je fais mille trucs en même temps. Le petit ne mange pas le repas, hurle pour un rien. Le grand sort de l’école en pleurant pour une futilité parce qu’il est fatigué. J’éponge leurs émotions fortes et le sol de la salle de bain.

Et quand même, je ne peux pas m’empêcher de me demander à quoi ça rime…

J’ai fait une petite dame qui a froid en papier mâché.

Elle séchait sur le radiateur.

Celuiquim’accompagne l’a posée sur la table, pour attraper la boîte de kleenex qui était derrière.

Pendant le repas.

Peanuts s’est exclamé « Oh elle est jolie maman ! » et il l’a attrapée. Par la tête. Alors qu’elle n’était pas sèche.

La tête s’est décochée. Peanuts a été confus. J’ai fait une réparation de fortune, là, entre le fromage et le dessert, littéralement. Il faudra que je la renforce.

Ce n’est pas dramatique. Personne n’a fait exprès. Ni Celuiquim’accompagne, ni Peanuts.

Mais de la part du premier, ça montre qu’il n’imagine pas une seconde que ça puisse avoir une importance d’aucune sorte pour moi, cette babiole en papier. De la part du deuxième, qu’à moi ou à lui c’est pareil.

Ironiquement, il se trouve qu’en la fabricant, cet après-midi, ma petite dame frileuse, je me demandais comment cela se faisait que j’avais tant abandonner la création, d’une manière générale.

J’ai ma réponse.

23 mars. Aujourd’hui toucher

Aujourd’hui, surtout, si toucher, laver laver laver. Gel hydroalcoolique, pfiut pfiut pfiut, la pompe du flacon, j’ai-perdu-le-compte fois par jour. Phalanges rougies, papier de verre. Laver quand même, surtout juste avant de gratter la paupière, avant de réajuster le masque, avant de regratter la paupière, purée, c’est bien le jour de démanger comme ça ! Se sentir cerné.e.s. Toute la matinée, les nouvelles qui tombent, paf, paf, paf, l’AFP interne. Positif, positif, contact, positif. C’est proche, trop, très, alors ne pas toucher.

Pffff

J’avais une grosse journée prévue demain. Un truc qui me faisait envie même si ça s’annonçait fatiguant, et potentiellelent frustrant.

C’est annulé. Le Covid s’en est mêlé. Pas moins, hein. Mais je ne faisais pas ça seule, so…

Je n’ai pas réussi à rebondir aujourd’hui. J’ai bossouillé, sans entrain. J’ai même ouvert I prof pour regarder, par curiosité, les postes au mouvement.

C’était en panne.

L’éducation Nationale…

C’est peut-être mieux de ne pas savoir.

J’en ai marre de cette année scolaire…