If I was you I wanna be me too

Les débuts de journée sont difficiles. Se lancer. Quand on a encore la moiteur de la couette comme souvenir partout sur le corps.

J’ai trouvé la bonne organisation. Donner son biberon à l’enfant petit pendant que l’enfant grand prend seul le sien. Ensuite, je prends mon petit déjeuner avec l’enfant grand, qui attaque alors la suite du biberon.

Puis Peanuts et moi, on passe 10 minutes sur le canapé à jouer à un petit jeu sur le téléphone (il me regarde et donne des conseils). ça fait une petite transition. Ensuite, on s’occupe de les habiller puis je les laisse jouer plus ou moins ensemble pendant que je me douche et m’habille. Ensuite, on commence l’école à la maison.

Je sais donc ce que je dois faire et dans quel ordre. Mais me mettre en route est de plus en plus difficile.

C’est Peanuts qui a trouvé, sans le savoir, la solution. Un matin, il a demandé de la musique. N’importe laquelle, il voulait de la musique. J’ai opté pour quelque chose qui bougeait un peu, histoire de me secouer. Et ça a marché. Je ne suis pas une danseuse, je ne sais pas bien animer mon corps mais beaucoup de rythmes, de chants, d’instruments raisonnent dans mon corps.

Depuis, on commence la journée avec YouTube sur mon téléphone qu’on promène d’une pièce à l’autre et ça m’aide beaucoup. Tant pis si le son n’est pas génial, si les pubs interrompent les fils. Tant qu’il reste assez d’Aretha Franklin.

J’ai aussi renoué avec la musique dans d’autres moments. Quand les enfants sont trop bruyants, certaines fois, puisque je ne peux pas les faire taire, j’étouffe le bruit dans la musique. Quand la journée s’étire trop, qu’il faut encore donner un bain ou négocier avec le bébé qui a faim mais veut manger du pain et la purée en même temps, boire deux gorgées de lait puis attraper un jouet mais sans lâcher son pain et qui me crie dessus parce qu’il n’arrive pas à mâcher son jouet et jouer avec son pain tout ça parce qu’il s’est trompé de main.

J’écoute des vieux disques à moi, du n’importe quoi sur mon téléphone, je laisse parfois les algorithmes me proposer des trucs improbables, je ressors des plaisirs musicaux honteux.

Et chaque fois, je me dis que la musique aura sauvé ma santé mentale pendant ce confinement.

6 avril Aujourd’hui temps qu’il fait

C’est le Jour sans fin. Exactement. Il y a les événements qui se reproduisent à l’identique et ceux qui changent parce que Bill Muray les influences. C’est la même chose. Si ce n’est qu’on n’est pas réveillé par Sony ans Cheer mais par les pleurs du bébé.

Le temps fait la même chose chaque jour : il passe et de la même façon. Les trop et les pas assez sont les mêmes. Il n’y a que l’accumulation qui pèse un peu plus. Et comme dans le film, alors que seul le personnage principal semble se rendre compte de ce qu’il se passe, mes enfants se satisfont de chaque nouvelle journée comme si elle n’était pas la même que la précédente. Je m’en réjouis. Je les envie.

Le temps qu’il fait une boucle. Et tant qu’il fait confiné, le temps boucle et boucle.