Rentrée

Aujourd’hui, j’ai fait les courses de rentrée de Peanuts. Les premières vraies courses de rentrée avec une liste à la con, qui demande 3 surligneurs mais forcément un jaune, un rose et un vert alors que les lots de 3 c’est avec du orange et pas du rose et 11 bâtons colle, oui, 11.

Je les ai faite aujourd’hui, toute seule, tranquille, dans le rayon quasi vide. J’ai choisi un cahier de texte avec de Minions déguisés en pirate sur la couverture et des tailles crayons en forme de grenouille. (Oui, des, parce qu’ils en demandent DEUX à l’école). Je me suis fait plaisir.

Oui parce que pour moi, loin d’être une corvée, acheter des fournitures neuves est un plaisir.

On prendra le temps tous les deux de lui choisir son cartable. Un cartable de grand parce qu’il rentre à la grande école. Mon tout petit, mon bébé, mon louveteau né avant hier entre au CP.

Et maintenant que les fournitures sont achetées, les vacances peuvent commencer.

Petit pouce

Le bébé est négatif au Covid.

Le bébé n’a plus vraiment de température et beaucoup moins le nez qui coule.

Le bébé refuse encore de dormir ce soir. C’est tellement usant, tellement.

Le bébé a fait 8 pas. Nouveau record établi à 20h34, homologué par sa mère.

Le bébé a fait sa première balade à vélo, en passager, derrière moi.

Le bébé sait grimper sur le canapé qui lui résistait encore hier.

Le bébé n’est plus vraiment un bébé.

Redite

J’avais écrit ce texte il y a quelques années. Chaque mot y a sa place encore aujourd’hui. Je suis en plein dans cette discordance, mon chant s’étouffe, se noie, et j’appuie fermement pour le tenir sous l’eau parce que l’entendre me fait mal.

Je ne sais pas dans quel état je vais sortir de cette période…

Une histoire de tif

On a été chez le coiffeur en famille. Papa Loup avait déjà craqué la semaine dernière. Maman Louve a retrouvé une vraie coupe plutôt que la serpillière qu’elle s’arrangeait sur la tête. Grand Frère Loup a demandé une coupe de play-boy et le coiffeur lui a mis du gel. Il était fier comme un bar tabac.

Et Bébé Loup.

Bébé Loup a été d’un calme olympien. Il a sourit à la coiffeuse et s’est laissé faire, assis sur les genoux de Papa Loup. Il n’a plus les cheveux dans les yeux, rien qui ne le gêne dans le cou. Il aura moins chaud. Il a pris 1 an d’un coup. Un vrai petit bonhomme.

Il est superbe comme ça mais depuis ce matin, Maman Loup a du mal à s’y faire. Ça le change tellement ! Lui, ça n’a pas l’air de le perturber. Il est comme ça, Bébé Loup, il ne se laisse pas perturber.

Anniversaire

Il y a un an à cette heure ci, je me préparer pour ma première nuit avec ce bébé tout neuf dans mes bras. Celui qui était devenu si familier dans mon ventre. Il avait des airs de famille avec un autre bébé, lui ressemblait tout en étant si différent.

Pour cette première nuit, je n’ai même pas essayé de le poser dans son berceau. Je nous ai calé dans le lit et on a passé la nuit collés serrés. Et c’était doux.

Depuis un an, on apprend à se connaître. Ce bébé, c’est un soleil. Il a le sourire si facile. Il aime le pain, qu’on lui parle, son frère passionnément, les chatouilles, l’eau, jouer avec les mains des autres, vider des choses, son doudou, rire, fouiller, explorer, et encore tant de choses.

Un an, un an que, dans la nuit de mardi à mercredi, ce bébé est né. Mon petit sorcier, surprenant, décidé, incroyable. Et cette amour indicible pour ce petit bonhomme.

Question

Le ministre a parlé, celui que m’a TL surnommé Jean Michel À Peu Près, il a donné des éléments à propos de la rentrée.

L’enfant grand est en Grande Section de maternelle. L’enfant grand n’est pas si grand… Il ferait donc partie des premiers à reprendre.

L’échéance se précise et il va falloir qu’on se décide. Nous, les parents. Reprendra, reprendra pas. On pourrait bricoler pour ne pas qu’il retourne à l’école même si moi je dois reprendre le travail. Ce ne serait pas vraiment satisfaisant, un peu de grands-parents par ci, avec tout ce que ça suppose de risques, des jours de congés de Celuiquim’accomapgne par là… Mais on pourrait le faire, sans doute.

Je ne sais pas. Je n’imagine pas une seconde que l’équipe de son école puisse faire appliquer les gestes barrières. Pas parce qu’elles sont incompétentes, mais parce qu’elles ne sont pas magiciennes. C’est impossible. Je sais donc que le mettre à l’école, c’est l’exposer. Et nosu exposer par extension.

Mais si je dois reprendre le travail, exposée, je me serai. Mes élèves, mes collègues. Je ne sais pas de quel côté penche les stats mais je peux tenir mon enfant loin de l’école et contacter cette saleté en allant récupérer mon courrier pro dans mon casier de l’open space de l’administration parce que quelqu’un éternuera trop près de moi.

Et puis je garde cette interrogation sur les conséquences du confinement dont on ne sait rien ou dont on ne dit pas grand chose. Parce que le Covid, on commence à savoir. On nous dit. Les symptômes, les complications, les risques. Mais le confinement, pas grand chose. Et je me rends compte qu’il fait du mal à mon fils. Qu’il est fatigué sans réussir à dormir, qu’il est soucieux souvent, qu’il cherche des limites tout le temps. Qu’on s’enfonce, au fur et à mesure que les jours passent.

Je me pose sincèrement la question : qu’est-ce qui est le plus risqué pour lui, pour sa santé physique mais aussi sa santé psychologique, son équilibre, le garder hors école ou l’y renvoyer.

Et je n’ai pas du tout la réponse.

Anstalgie ?

Les enfants ont une boite à musique qui nous a été offert par une amie de mes parents à la naissance de Peanuts. C’est une boite en boite carrée avec un plateau rond sur le dessus, des points de couleur et un rebord bleu. Sur la piste, un petit astronaute et une fusée dansent une virevolte sur un air aux aigus un tantinet criards mais au rythme doux.

Il y a toujours eu quelque chose d’apaisant à regarder et écouter cette boite. Chacun des enfants a été séduit. Moi aussi.

Mais depuis quelques temps, je ressens un sentiment étrange que j’identifie précisément mais pour lequel notre langue manque d’un mot. Je sais déjà que dans quelques années, cette boite, cet air, cette danse, seront déclencheurs d’un profond sentiment de nostalgie pour moi. Je ne pourrais pas dire comment, je le sais, voilà. Alors quand je la lance, maintenant, quelque chose de la famille des tristesses douces s’installe, le sentiment conscient d’alimenter la nostalgie future. Et une bouffée d’amour éléphantesque pour ces mômes qui sont venus de moi.

Il manque clairement un mot pour ça.

Jeu

Peanuts a inventé un nouveau jeu. Ça n’a pas vraiment de nom, mais ça a des règles et nécessite du matériel. En l’occurrence, « un truc long au cas où c’est trop loin » et une lampe de poche.

Régulièrement, il propose qu’on en fasse une partie à la place de l’histoire du soir.

Le but est simple, il s’agit de « trouver des petits quelques choses ». On commence toujours par le salon. Et on cherche. Sous le canapé, sous le buffet, sous le bureau, sous le meuble télé. Puis on passe à leur chambre, sous les lits, la table de chevet, le bac blanc des toupies. Puis notre chambre. Et on termine à la cuisine.

Notre butin doit être déposé sur la table basse. Jouets, billes, tétines, prospectus… Ça dépend des parties. Ce soir, c’était maigre : une grosse perle de bois et la perceuse en carton du livre de bricolage. Bof. La prochaine fois, on fera mieux.

Puis on sait toustes que c’est aussi chouette de chercher que de trouver.