100 mots de la page 100 de

Et je danse aussi, d’Anne Laure Bondoux et Jean-Claude Mourlevat, édité chez pocket en 2017.

« … courriers, c’est qu’au fonds, je comprends trop bien votre peine inconsolable. Lorsque vous parlez de ces nuits où vous avez l’impression de sentir sa présence, ça me serre le cœur. Si ce chagrin n’est pas soluble dans  » ‘ l’écriture, dans quoi pourriez-vous bien le diluer ? (Évitez le schnaps, conseil d’amie !) Avant de filer sous la douche, je vous propose une liste : le sport, les voyages, la religion, la pratique du yoga, monter sur les planches, le shopping à outrance – et en désespoir de cause : rencontrer d’autres femmes ? Ou des hommes – ça vous changerait ! »

100 mots de la page 100 de…

King Kong Théorie de Virginie Despentes paru en 2006 chez Grasset, dans son édition au Livre de Poche de 2007« L’idée que la pornographie ne s’articule qu’autour du phallus est étonnante. Ce sont des corps de femme que l’on voit. Et souvent des corps de femmes sublimés. Quoi de plus troublant qu’une hardeuse ? On n’est plus ici dans le domaine de la « bunny girl », la fille d’à côté, qui ne fait pas peur, qui est facile d’accès. La hardeuse, c’est l’affranchie, la femme fatale, celle qui attire tous les regards et provoque forcément un trouble, qu’il s’agisse de désir ou de rejet. Alors pourquoi plaint-on si volontiers ces femmes qui ont tous les attributs de la bombe sexuelle ? »

 

101 mots de la page 101

La Nouvelle, de Cassandra O’Donnell, chez Flammarion jeunesse, publié en 2019. (Un livre du prix des incorruptibles 2021)

« Haya est préoccupée. Elle pense à Gabriel qui n’est pas venu à l’école aujourd’hui. Elle s’inquiète pour sa grand-mère. Elle a suivi les cours comme un zombie et est sortie du collège en se demandant si elle devait passer prendre des nouvelles et rapporter des cours à Gabriel. Puis elle s’est dit que non, qu’elle ferait mieux de rentrer chez elle.

– Eh, viens là, toi !

Elle se tourne et voit Erwan et Lucas qui la fusillent du regard.

– Qu’est-ce que vous voulez ? demande-t-elle.

– C’est toi qui es allée cafter au CPE ?

– Cafter ? « 

Citation

Dans la forêt de Jean Hegland, édité chez Gallimeister en 2018 pour mon édition, copyright de 1996 pour le texte, traduit par Josette Chicheportiche

« Nos mains sont occupées, mais c’est un travail lent. Faire le tour d’un arbre peut prendre des heures d’un labeur minutieux, lequel commence autour du tronc et progresse en spirales jusqu’à la limite de la ramure. on a chaud et on est couvert de poussière, on a mal au dos et aux genoux. Au bout d’un moment, c’est presque une prière. »

100 mots de la page 100 de…

Dans la forêt de Jean Hegland, édité chez Gallimeister en 2018 pour mon édition, copyright de 1996 pour le texte, traduit par Josette Chicheportiche

… on renouvelle le stock, mieux ce sera. Ça m’embête d’utiliser l’essence, mais je pense qu’on en a assez pour aller à Redwood et revenir. De toute façon, a-t-il soupiré, il faut bien qu’on tente le coup.

« Cette nuit-là, j’ai fait bouillir de l’eau en plus pour me laver les cheveux. Je me suis rasé les jambes et épilé les sourcils, et j’ai repassé du mieux possible ma robe d’été verte en mettant notre fer électrique à chauffer sur le poêle.

Tandis que je repassait, Père a compté son argent. »

(Cette image de couverture est juste parfaite)

100 mots de la page 100 de…

Love lettres to the dead, d’Ava Dellaira. Texte de 2014, mon édition, chez Michel Laffont poche, date de 2015. Le texte est traduit par Philippe Mothe.

« … nos doigts, tout ce qu’il y avait d’électrique en chacun de nous est passé dans l’autre. Et nous nous sommes retrouvés à danser. Les gradins avec leur odeur de bois, les parfums de chacun, le clignotement des lumières blanches de Noël, tout se conjuguait pour nous façonner un espace bien à nous. Un espace où je n’avais jamais pénétré.

Cette chanson, j’aurais voulu pouvoir y rester toute l’éternité avec lui, mais elle s’est terminée trop vite’

– Merci pour cette danse, a murmuré Sky avant de se préparer à se fondre dans la foule. « 

100 mot de la page 100 de…

Sirius de Stephane Servant, édité dans la collection Épik du Rouergue en 2017

(la magnifique 1ere de couverture d’Olivier Douzou pour le graphisme, avec une illustration de Patrick Connan)

« … des lambeaux de cauchemars encore accrochés sous les yeux. Et en pleine nuit, elle ne parvenait plus à distinguer les cauchemars de ses souvenirs et elle se demandait parfois si ce n’était pas la même chose.

La présence du porcelet l’obsédait. Alors Avril regardait les bois et elle se mettait à imaginer des dizaines de porcelets rassemblés autour de leur mère,une portée toute entière, et dans son imagination, c’était un beau spectacle, une scène incroyable. Puis rapidement, dans son esprit épuisé, ces cochons se transformaient. Ils devenaient rôtis, saucisses, jarrets. Elle ne cessait de penser à… « 

70* mots de la page 100 de…

Le premier jour du reste de ma vie de Virginie Grimaldi, éditée chez le Livre de Poche, 2015

« C’est là qu’elle voit jaillir de son chandail un pendentif qu’elle reconnaît immédiatement. Un camée de ce genre, elle n’en vu qu’une fois. C’était lors du vol pour Marseille. La personne à ses côtés le serrait dans sa main pour se rassurer. Marie se lève d’un bond, fait signe à Camille de la suivre et quitte la salle. Direction la cabine d’Anne. »

* Ce sont tous les mots de la page 100, fin de chapitre…

100 mots de la page 100 de…

Songe à la douceur de Clémentine Beauvais, édité chez Sarbacane dans la collection « Exprim’ » en 2016

« … le contrat en paraphant chaque page comme il est d’usage.

« Ça va, Eugène ? T’as l’air un peu stressé. » (Quatrième collègue en partant de la gauche dans l’open space)

« Ça va très bien, j’aimerais juste

qu’on me laisse bosser »

Voire des accents actifs-agressifs,

heureusement non vocalisés :

« Fais gaffe au burn-out » et toi à tes burnes

« Tu fais quoi ce week-end ? » l’amour connard

Comme Eugène travaillait en trois langues, il s’impatientait en trois langues,

J’ai tellement hâte

Can’t wait can’t wait

Ne mogu dojdat’sia

Samedi Saturday Subbota

Tatiana Tatiana Tatiana »