2 mai. Aujourd’hui sucré

Tout ce que je peux avaler. Je pique du chocolat dans la boîte de Pâques, des parts de gâteau, je m’offre des mousses en dessert, de la chantilly en montagne sur quelques fruits, des biscuits au goûter quand ce ne sont pas directement des kinder maxi. Je mange, je mange, je mange. Et je grossis, je grossis, je grossis.

En vrai, je sais que je compense, je compense, je compense.

Mais ce combat-là, je n’ai pas la ressource pour le mener.

30 avril. Aujourd’hui, ce qui craque

Aujourd’hui, ce qui craque, ça aurait pu être moi, mais non. Parce que ce matin, j’étais avec un seul enfant, chez le médecin. Puis que j’ai eu ma Super Collègue au téléphone. Puis que je suis allé à mon travail et que j’y ai passé trois heures sans être interrompue par mes enfants, sans les entendre, sans avoir à me demandait pourquoi, sans les veiller, surveiller, accompagner.

Et ça fait un bien FOU !

15 avril. Aujourd’hui je ne sais pas

Aujourd’hui, je ne sais plus, je ne sais pas.

Qui, quoi, quand ; surtout quand.

Comment je vais. Ça fait des mois (et des moi) que cette question m’est compliquée et ces dernières semaines, elle devient impossible.

Ce qu’il faudrait faire, avec Peanuts. Je perds cette intuition, ce lien d’absolu entré dans une de ces périodes où je ne l’entends plus chanter.

Quelle est ma tonalité, mon temps, mon rythme.

Comment je vais tenir.

Si je vais tenir.

14 avril. Aujourd’hui sacs

Aujourd’hui, faire mon sac, prendre mes clics, prendre mes clacs, ne pas réfléchir, ne rien me signer, j’en ai marre de m’autoriser.

Aujourd’hui, jeter mon sac à mon épaule et ciao bye bye je reviens dans une heure ou deux ou plus ou pas, vous me faites tous chier, je vous aime plus que ma vie mais vous me pomper la moelle des os, je ne veux plus vous entendre, j’en ai perdu mon chant, suis devenu sourde, je ne sais plus penser, j’ai over la dose de vous.

Aujourd’hui, fouiller le sac, récupérer la plaquette de chocolat cachée, une fois, deux fois, trois fois, c’est ça ou, ou, ou j’en sais rien mais je ne veux pas savoir, pas découvrir, pas apprendre.

Aujourd’hui, le sac est plein ou alors c’est la coupe, l’affaire n’est pas dedans, rien ne tourne, sol, et tout pèse, pèse, pèse…

8 avril Aujourd’hui itinéraire

Le balcon est devenu un lieu de passage. Il court le long du salon et de notre chambre mais on passe assez peu souvent de l’un à l’autre par là. Maintenant qu’on est coincés et que les beaux jours s’installent, les fenêtres sont ouvertes et on se sert de plus en plus du balcon comme lieu de passage. On a agrandit notre périmètre sans trop y réfléchir.

6 avril Aujourd’hui temps qu’il fait

C’est le Jour sans fin. Exactement. Il y a les événements qui se reproduisent à l’identique et ceux qui changent parce que Bill Muray les influences. C’est la même chose. Si ce n’est qu’on n’est pas réveillé par Sony ans Cheer mais par les pleurs du bébé.

Le temps fait la même chose chaque jour : il passe et de la même façon. Les trop et les pas assez sont les mêmes. Il n’y a que l’accumulation qui pèse un peu plus. Et comme dans le film, alors que seul le personnage principal semble se rendre compte de ce qu’il se passe, mes enfants se satisfont de chaque nouvelle journée comme si elle n’était pas la même que la précédente. Je m’en réjouis. Je les envie.

Le temps qu’il fait une boucle. Et tant qu’il fait confiné, le temps boucle et boucle.

4 avril. Aujourd’hui ceux que l’on porte

Il y a un an à la même date, je terminais mon 8e mois. Depuis plusieurs semaines, je sortais peu, restais au calme chez moi, surveillais tous mes efforts, pour garder Popcorn au chaud jusqu’à un mois de mon terme.

Un an plus tard, on sort encore moins, on reste chez nous, on surveille ce qu’on touche et respire, pour se garder loin du virus.

Deux années, des points communs, deux ambiances différentes. Du ventre aux bras. Et même au dos.