3 mars. Aujourd’hui fragment d’aujourd’hui raconté en statistique

80% de mon temps de travail consacré à des séances pédagogiques.

Rectificatif : 80% du temps d’ouverture du CDI.

Ça fait un peu beaucoup.

1/6e de ma Réserve rangé. Degré de frustration de ne pas pouvoir m’en occuper pour de bon : extrêmement élevé.

11,11% de la saisie qui me restait faite. 100% de la saisie qui reste à faire reste à faire. Et à couvrir, ah, tant de documents à couvrir.

100% des enfants baignés, nourris et couchés. Mais 50% endormis.

1 nana sur 1 Epuisée.

2 mars. Aujourd’hui, difficile de

Qeprise. Pluie battante, les jambes plus au vélo depuis 16 jours, le froid de retour. Le virus sur toutes les lèvres. Trois chiffres aussi et tout le découragement qu’ils apportent. De ces journées où il donner un rythme et de s’y tenir, sur quel pied danser, est essentiel. Ce matin, prendre le contre pied, jouer avec la peur plutôt que de la taire, faire un brin d’humour noir. Oublier que quitter l’enfant petit, je ne sais pourquoi, a beaucoup piqué. Oublier ou ne pas y penser. Lister, encore, répéter. Accepter de se secouer et d’improviser pour dépanner. C’est comme le vélo. Au final, moins rude qu’attendu. C’est déjà ça.

20 février. Aujourd’hui ce qui pourrait me faire passer pour folle

Alors l’enfant Grand crie, Cours, Maman, Cours ! et je détale dans le parc, dérape à l’entrée, continue sur le trottoir. Et lui il m’aiguillonne parce qu’elles vont nous rattraper, attention, vite Maman ! Je plaque mon sac sur mes côtes, coince la pochette de copies qui en dépasse, lui lance de passer devant, que je le suis. Il se jette dans une entrée d’immeuble qui n’est pas la notre, se perche dans une ouverture. J’y saute aussi. « Chuttt, elles nous ont pas suivi. » On repart ensemble sur la pointe des pieds, façons cartoon, mais « Elles reviennent Maman, cooooours ! » et on fonce jusqu’à la maison, on enchaîne les escaliers, on claque la porte, on s’écroule sur le canapé.
– C’est bon, Maman, on est sauvés, elles peuvent pas entrer chez nous !
– Ouf.
On reprend notre souffle.
– C’était quoi, au fait ? Parce que tu m’as dis « Cours Maman » et je t’ai écouté mais je sais pas ce qui nous poursuivait.
– C’était des plantes carnivores !
– Ah, on a bien fait de courir alors.

19 février. Aujourd’hui fragment d’aujourd’hui raconté en fait divers

Elle est en vacances et pourtant, elle travaille !

Aujourd’hui, 19 février, alors que toute sa zone est en vacances, Lizly, enseignante en collège d’un peu plus d’une trentaine d’années, passe la journée chez elle avec son bébé de 9 mois. La suite va vous étonner !

La journée avait pourtant commencé comme une journée de vacances ordinaire quand on est mère d’un enfant en très bas âge : réveillée à 6h du matin, Lizly avait passé du temps avec son fils, déjeuné, assumé quelques tâches ménagères et même fait une courte séance de Yoga. Dans l’attente d’une livraison annoncée entre 7h et 12h, elle ne peut sortir. Tout bascule en milieu de matinée, alors que le bébé s’est endormi. Elle s’installe alors à son bureau et là, elle sort des copies et se lance… dans leur correction !

Elle ne s’arrêtera qu’au réveil de l’enfant pour reprendre plus tard dans l’après-midi. Au total, plus de 2h30 de correction alors même qu’elle est en congés. « Si j’avais été seule, j’aurais continué jusqu’à avoir terminé toutes mes copies. Il m’en reste 24, je m’en occuperai demain entre le départ à la crèche de mon cadet et le retour de mon aîné actuellement en vacances chez sa grand-mère », nous a-t-elle confessé, avant de citer son amie Eleusie « Dans ce métier, on n’est pas payé cher, mais qu’est-ce qu’on se marre ».

 

17 février. Aujourd’hui certitude absolue

Je suis dans cet état bizarre où je ne sais pas dire comment je vais. Ça fait quelques semaines que ça dure. Je ne vais pas fondamentalement bien. Mais je ne vais pas fondamentalement mal. Je me sens mais je ne sais pas comment je me sens. Je suis mais je ne sais pas ce que je suis. (A part fatiguée. Et même Fatiguée). C’est un peu comme si une toute petite quelque chose de moi était absente. Celle de la certitude absolue de mon propre état.

Et le plus étrange, c’est que ça ne me manque pas.

12 février. Aujourd’hui l’imprévu

C’est le difficile équilibre du mercredi : s’organiser tout en laissant une place à l’impro et l’imprévu. Je me suis faite avoir quelques fois par une organisation trop stricte, un emploi du temps bien minuté, malgré les marges prévues. Les enfants, ça ne se laisse pas systématiquement anticiper. Alors forcément, sur un truc ou un autre, ça merdait. Et je le vivais franchement mal. J’ai tenté de me laisser totalement porter mais je me retrouvais trop souvent avec des moments vraiment pas cools à gérer. Alors je tente d’être entre le deux et surtout, je nous accorde de la souplesse. On arrive à en faire quelque chose d’assez sympa, en général, de cette journée sans école, sans crèche, sans travail et sans papa.
C’est une journée exigeante, que j’appréhende souvent un peu, qui tourne de temps en temps au cauchemar maternelle. Mais c’est aussi celle qui alimente le mieux ma relation à mes enfants, celle qui contient parfois un petit grain de folie, toujours une grosse dose de pourquoi pas. J’aime à croire qu’ils en garderont de bons souvenirs, de pique niques dans le salon, de frites offertes à l’improviste, de trésor de lectures à la bibliothèque, de temps de dessin assis par terre au musée, de parc, de course, de doonuts de la boulangerie pour le goûter, de corde à linge tendue dans la chambre pour faire sécher des peinture, de bataille de coussins et de cookies préparé à 4 et j’espère bientôt 6 mains.Moi, je ne les oublierai pas.

10 février. Aujourd’hui note.

Je note…
… Sur un coin de page, le nom d’une élèves et un code de manuel pour les enregistrer plus tard dans Cristal,
… Dans un mail, un pense bête que je m’envoie à moi-même,
… Des copies, le jour même où elles m’ont été rendues, qu’est-ce que je suis sérieuse !
… Dans mon Carnet, le planning que j’aurais aimé mettre en place pour une série d’intervention et face à face avec celui proposé par l’association pour mixer les deux et tenter d’obtenir quelque chose d’équilibré,
… Les lettres mon pseudo Twitter pour essayer d’en faire un anagramme sympa. Mais y a rien qui vient.

9 février. Aujourd’hui véhicule

Tours de roues, tours de roues.

Les quatre roulent sous la planche de Peanuts. Les huit sous la poussette tout terrain où chaloupe le bébé. Discrètement, sur nos écrans de téléphones dits intelligents, on compare les modèles de vélo : les tentatives du beau-père pour ressusciter le bmx d’enfance de Celuiquej’aime s’épuisent. Il va falloir à notre grand louveteau une nouvelle monture, plus adaptée à sa taille. C’est qu’il n’arrête pas de pousser, herbe folle…

5 février. Aujourd’hui vêtement

Les mains sur la poignée de la poussette, Peanuts trottinant à côté de moi, je liste à haute voix « On commence par prendre des couches au magasin bio puis on passe par Carrefour faire les petites courses. Ensuite, on va faire un tour chez Tiger puis après, on termine par Décathlon comme ça tu as le temps de jouer une fois qu’on aura trouvé tes nouvelles baskets. »
On avance dans la galerie et mes yeux se pose sur une casquette. Elle n’est même pas en vitrine mais pendue près de l’entrée du magasin. Beige doux, un peu « gavroche » dans la forme.
« Attends, chat, je veux voir un truc ici. »
On entre. Je regarde la casquette, la passe.
« Tu en penses quoi ? »
Il fait la moue.
« C’est bof ?
– Je trouve que ça te va pas trop bien.
– OK, je laisse tomber alors. On y va ?
– Oui mais moi je voulais savoir si je peux jouer un peu avec la dépanneuse mais tu mets pas de pièce dedans. »

C’était important, la dépanneuse.