10 juin. D’aujourd’hui, j’oublierai certainement demain que

Il a fait chaud. Cette chaleur moite qui leste mes mollets de tonnes d’acier, scier du bois, bois de lit. J’ai pris le frais tôt, trop tôt, endormissement impossible à nouveau, les peintres singuliers pour compagnie dans mon salon. Cette petite toux de nuit qui me suit depuis quelques jours, disparaissant la journée, m’ennuyant une fois couchée seulement. Puis il y a le frais la clim alors qu’on a roulé plus que nécessaire finalement, l’ordre du jour de l’AG de copropriété récupéré ce matin et roulé sous un siège de la voiture. Tout cela va sans doute finir sous un grand jet d’eau froide.

 

19 mai. Aujourd’hui, un projet

Un planisphère. Des livres. Des tas de livres. Des élèves. Des profs que j’aime. Des heures de lecture. Pourquoi pas des bibliothécaires. Des visites. Des échanges. Un tour du monde. Un projet. Peut-être.

Un vélo. Un modèle repéré. Un itinéraire. Quelques courbatures. Des arguments viables. Un peu d’huile de genou. Un projet. Sans doute.

Une Cahouette. Une couleur. Beaucoup d’amour. Des mots doux. Encore du temps. Un projet. Plus tard.

Le printemps. Les projets.

 

3 mai. Aujourd’hui ce qu’il y a dedans

Des pépites de chocolat, du lait, du beurre ramolli à la fourchette, de la farine et de la maïzena pour alléger le tout, un oeuf et le casser est la partie de la recette que Peanuts préfère, un pincée de sel, pas assez de levure, bien assez de sucre, beaucoup de « pas maman ! c’est moi ! » et un ou deux « moi l’est blanc comme Olaf ! », une concrète dose d’autonomie infantile, quelques « Oula oula oula! », « Stop, stop ! », « Encore… Encore… Encore », « Et voilà. – Et voilà ? – Et voilà. », des rires, des « Attends on arrête tout et on te mouche ».

Finalement, on aime sans doute plus les préparer que les manger.

28 avril. Aujourd’hui, le confort c’est

Poire William à 40 degrés, mes doigts… se rétament aux touches du clavier. Léger, léger, léger, léger… vague à l’âme.

Panne d’écriture. Les mots d’Higelin s’écrasent alors sur les miens. Il y a ce truc qui grippe l’écrit, qui accroche dans l’exercice. Ça rappe, ça ripe, ça coince.

Le confort, c’est savoir écrire quand on en a le temps.

Non, confort, c’est en avoir le temps quand on sait écrire.

12 avril. Aujourd’hui ils vont bien ensemble

Virée en jardinerie, des plantes et des soucoupes, des pots et du terreau, l’enfant lion dans le panier du chariot qui dirige et désigne, qui nomme sans cesse, précise, affine et qui s’approprie tout « A moi ! » Moi même, je suis « Ma Maman », ou même « Maman Peanuts », comme sa propriété. Il me crie, me veut, avec cette force violente de l’instantanéité. Il rend peu, un enfant, n’a aucun égard pour mes efforts, le temps données, l’énergie investie, la volonté livrée. On se mal traite à l’espace vide alors j’emplis, prépare, propose. Il s’approprie, détourne, recompose les activités invitées. J’admets, j’accepte, je lâche, apprends à me désarmer quand je me sens braquée. Quelle école que cette vie auprès de lui.

 Ils vont bien ensemble, les petits pots qu’il a choisi.

3 mars. Aujourd’hui fragment d’aujourd’hui raconté en statistique

Le vendredi, c’est la journée 50 % pro, 50% perso. Ce matin, ça a été 1/4 de gestion sur accueil libre, 3/4 de séances pédagogiques. La première, sans surprise : 8 élèves, 0 motivation, attention portée au mieux à 4 sur une échelle de 0 à 10, 10 représentant la beuverie de paroles admirative et 0 correspondant à parle à ma main. Ensuite, 22 élèves, 1 école primaire en visite, enthousiasme évalué à 10 sur une échelle allant de 0, « on mange du céleri bouilli ce soir » à 10, « on part trois jours au Parc Astérix ». Aujourd’hui, 23 prêts dont 22 à des emprunteurs extérieurs à l’établissement.  Le déplacement non prévu d’une partie du mobilier ramène à 6 sur 10 les chances de terminer le réaménagement avant la semaine prochaine, 9,5 sur 10 avant la fin de la semaine suivante. J’ai mené à bien 60 % des tâches que je m’étais attribuée pour l’après-midi, l’une d’elle contrariée par les nouveaux délires accueillatoires de ma banque, l’autre par le temps. Aujourd’hui, les minutes étaient 10 fois plus courtes que la norme ne le demande. Mais j’en suis à 3 sur 24 de mon objectif des #2017creatif

1, 2, 3, 4 jeudis (10)

Jeudi citation

kiss« XXXX: Mon ami Amir à besoin de soin, il es malad, vire-moi 200$ sur mon compte bamcair. Je te promé de te lé rendre.
Erydien: Il a une maladie contagieuse ton ami ?
XXXX: Oui tré contagieuse envoi moi vite à cet adress banqér: XXXXXXXXXXX
Erydien: Et bien embrasse le de ma part. »

Dans Ton Chat

Jeudi réel à prise rapide : 16 février – Aujourd’hui liste à faire sans faute demain

2937239799_cdd0bec5ca_mLaver les draps, plier le linge, étendre le temps au soleil, guetter le printemps. Remplir le frigo, les placards,  le garde manger, vérifier qu’il ne contient pas de loup ou alors qu’il reste suffisamment le poireaux et de carottes pour le cuisiner. Ecrire quelques mots, ouvrir un livre, faire vivre le jour, être. Aimer, des gens, des choses, des goûts, des moments, des lumières, un chant. Travailler, lécher, avancer, préparer, faire progresser. Retrouver, serrer, embrasser, discuter, tenter de se faire partager, reprendre. Et surtout des listes.

Jeudi une vidéo

Jeudi (pas tout à fait) 100 mots de la (pas tout à fait) page 100

chouette« […] matin, rentre tard et ne pose pas trop de questions.

Devant la bergerie, une fille en minijupe s’étirait langoureusement. Elle était jeune, belle, avec des jambes sans fin et des seins moulés dans un tee-shirt « Savage Girl ». Gabriel baissa la tête, Vincent esquissa un petit sourire. Il coupa le moteur et sortit de la voiture.

-Passe me voir au potager, j’y suis tous les matins à l’aube. Tu veux mon numéro de portable en cas de pépin ?

– Je n’en ai pas. Pas de téléphone, je trouve que ça ne sert à rien….

– T’es vraiment pas banal, Gabriel.

– Il paraît. »

WITEK, Jo. Le Domaine. Actes Sud Junior, 2016. p. 99

(La page 100 est blanche)

Notes de bas de page :

– Vidéo par Fabrice de Boni et Axel Lattuada via Youtube

– Pix : Smiley Fabian Alexis via Wikimédia Commons ; Post-it par Georgio Montersino via Flickr ; Chouette Athena Noctua par Trebol-a recadrée par Tony Wills via Wikimédia Commons

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15 février. Aujourd’hui serrer

Aujourd’hui, serrer les bras un peu dans le vide, comme ça, parce que l’enfant loup n’est pas là, qu’il est parti avec son grand-père et pas qu’un peu, pour deux nuits, oh la la comme c’est long de l’écrire. Serrer les bras sur son absence pour retenir le temps qui file étrangement, un peu boiteux, un air bancal, quelque chose qui cloche, déséquilibre, trop d’un coup. Serrer les dents, un peu, aussi, parce qu’il répétait « non pas », contre y aller, contre le voir, contre les voir. Serrer les dents sur les trois brefs appels à l’Homme aujourd’hui, ce qui-va-pas dans notre communication en ce moment, y a pas faut qu’on s’dise. Il n’entend pas assez et moi j’entends trop, ça arrive, ça arrive. Serrer, je ne sais quoi, là, dans le ventre, d’avoir le vertige d’être seule, d’être renversée d’un peu de liberté, serrer les genoux pour ne pas que tremble un peu les jambes, puis fermer les yeux, là, juste un peu.

25 janvier. Aujourd’hui ce qui vous empêche d’écrire

Jeudi, je dis, jeu dis…

Là, la fenêtre, la panne.

J’en ai deux sur quatre. 1 demi 4 jeudi.

Les mots pris aux autres, c’est fait.

Quoi faire des miens ?

Aujourd’hui, ce qui m’empêche d’écrire,

c’est la panne d’inspiration,

le sentiment de n’avoir rien d’intéressant à partager.

Je me sens bien pauvre, là.

Réel à prise rapide. Pour en savoir plus, cliquer .