24 avril. Aujourd’hui à 11h30 précises

J’étais dans ma cuisine. Il était question de glaçage, d’astronautes, de chocolat, de hublot, de tri de smarties, d’étoiles (en sucre), et de bougies à préparer. Le four ronronnait. La fenêtre était ouverte parce qu’il commence à faire chaud. Peanuts me racontait des choses à propos de pâtisserie et de quand il sera un peu plus grand parce que là, il est déjà grand mais il veut dire quand il sera encore plus grand. Et c’était un très bon moment avec mon enfant grand.

15 mars. Aujourd’hui petite satisfaction personnelle

La nuit a été courte. Ou longue. Ça dépend comment on la prend. Elle a été trop et pas assez, pas du tout.

Alors

ce matin

J’ai mis mes bottes,

celles avec des lacets et des talons, qui toc toc toc quand je marche,

J’ai accroché des papiers colorés dans des branches dans des pots dans des pièces de mon boulot

Et j’ai décidé

Qu’un petit peu

Ce ne serait pas seulement mieux que rien

Mais que ce serait bien.

16 février. Aujourd’hui liste à faire demain sans faute

Des câlins plein, rire au moins une fois, des cookies à quelque chose mais on n’a pas encore décidé quoi, fermer les yeux, se laver les cheveux sous une douche brûlante, les courses (en ligne), les comptes (barbant), répondre à un mail doux, chercher où sont passé les tétines parce que bon sang il ne les mange pas tout de même !, aimer, la sieste, manger du chocolat.

Fiction*

*Toute ressemblance avec des personnages ou des événements existants ou ayant existé, dans ce corps de métier ou un autre, ne serait pas forcément une coïncidence fortuite.

– Allo ?

– Allo, je vous appelle à propos de mon fils.

– Bonjour.

– Oui c’est ça, « bonjour ». Il a rapporté un produit à 3€ à la maison ! Comment avez-vous pu lui vendre ce produit ?

– Pouvez-vous déjà me donner le nom de votre fils et préciser dans quel magasin il s’est rendu ?

– Quoi, vous avez bien mon nom qui s’affiche quand j’appelle !

– En effet, mais vous ne portez pas le même nom de famille que votre fils.

– C’est Djézone !

– Djézone comment ?

– Vous ne connaissez pas tous vos clients ?

– J’ai 8 magasins et plusieurs Djézone dans ces différents magasins. Mais j’ai épluché mon fichier client pendant que vous me parliez et je viens de retrouver de quel Djézone il s’agit. En effet, il a acheté un produit à 3€ mardi. Quel est le problème ?

– Il a fait de gros efforts pour préparer cet achat, il mérite plus qu’un produit à 3 euros !

– Il s’est présenté au magasin sans avoir les moyens d’acheter un produit de meilleure qualité.

– Et son estime de lui-même ? Vous pensez à son estime de lui-même ? Se retrouver avec un produit à 3€ alors qu’il a préparé cette achat pendant des heures ? Vous l’humiliez ! Changez le produit.

– Ecoutez, Madame, je ne sais pas combien de temps y a consacré ni comment Djézone a préparé cet achat mais il s’est présenté avec 2€. On a trouvé 72 centimes en petite monnaie en cherchant bien au fond de ses poches. J’ai arrondi à 3 euros. Je ne peux pas faire davantage.

– C’est votre faute s’il n’était pas prêt ! C’est votre responsabilité !

– Djézone a assisté à la démonstration offerte à tous les clients. J’ai présenté l’ensemble de la gamme, donné les explications, j’ai distribué une plaquette de présentation et répondu à toutes les questions des clients. On a même fait un petit jeu pour aider les clients à bien comprendre les informations. Activité pendant laquelle Djézone s’est montré très dissipé, d’ailleurs. On a noté ensemble les informations nécessaires pour l’achat du haut de gamme et je l’ai publié sur le site Internet du magasin. Je suis joignable, comme vous le constatez, y compris en dehors des heures d’ouverture du magasin. Je pense que Djézone avait les clés en main pour se préparer au mieux.

– Changez le produit !

– Je ne peux pas changer le produit. Les prix sont fixés à l’avance et annoncés aux clients. Toute vente est définitive, c’est bien dit. Puis ce serait injuste envers le reste de ma clientèle.

– Djézone n’a pas compris votre démonstration. D’abord, votre magasin est très mal organisé. Et votre démonstration ne vaut rien.

– Vous n’y avez pas participé !

– Non mais Djézone m’a raconté ! Et j’ai vu les photos qu’il a prise avec son téléphone !

– Avez-vous regardé les photos de notre site Internet, réalisées par un professionnel ? Avez-vous pris connaissance de la documentation que je mets à disposition de tous et toutes en ligne ?

– Non, mais mon fils me dit tout.

– Peut-être que que le récit de votre fils n’est pas pleinement fidèle à la réalité.

– Mon fils ne ment pas ! Jamais ! Changez le produit.

– Vous savez, c’est un adolescent, il est envisageable qu’il ait arrangé la vérité à son avantage.

– Jamais ! Il ne me ment pas ! Surtout pas à sa mère ! Il n’a aucune raison de me mentir ! Vous, par contre, je vois bien que vous chercher à m’embobiner. Je vais contacter votre supérieur hiérarchique.

– Il n’est pas indispensable de contacter le directeur du magasin, Madame, il n’est pas au fait de ce qui se passe au sein de chaque espace de vente.

– Oh mais je ne compte pas contacter le directeur ! Je parle de la propriétaire de la chaîne de magasin. Ou peut-être même la Chambre de Commerce et d’Industrie !

– Madame, il n’est pas nécessaire d’en arriver là.

– Je vais vous faire renvoyer ! Vous allez voir ! Changez le produit !

– Madame, vous énerver ne changera rien au fait que Djezone s’est présenté au magasin avec 2,72€ sur lui alors qu’il savait que les produits hauts de gamme coûte 20€. Les tarifs sont les mêmes depuis qu’il est client dans des magasins.

– Alors proposez lui une autre vente, d’un autre produit. Il mélangera les deux et obtiendra un produit de milieu de gamme.

– D’autres ventes sont prévues dans les semaines à venir.

– J’exige une vente personnalisée et immédiate !

– Ecoutez, j’entends votre inquiétude concernant les produits utilisés par votre fils et les conséquences que leur usage pourrait avoir sur son bien-être actuel et futur. Je veux bien organiser cela, bien que ça ne puisse se faire qu’en dehors de mes horaires habituels de travail, en temps supplémentaire qui ne me sera pas rémunéré.

– Oh ça va, le client est roi, vous êtes là pour qu’il soit satisfait !

– Je ne vais pas rentrer dans ce débat avec vous. Djézone peut venir mardi prochain après la fermeture pour une nouvelle vente concernant la même démonstration. Il faut qu’il vienne avec l’argent sur lui.

– Le mardi, ça ne m’arrange pas. Il viendra jeudi.

– Madame, c’est mardi ou rien. Les autres jours, je ne peux pas.

– Comment ça ? Vous savez que j’enregistre toute cette conversation ? Je vais de ce pas envoyer le fichier à la Chambre !

– Et vous, vous savez qu’enregistrer une personne à l’insu de son plein gré est une pratique douteuse en matière de légalité ?

– Changez le produit !

– Je ne changerai pas le produit, Madame, Djézone en a eu pour son argent.

– Je contacte votre hiérarchie ! Changez le produit !

– Ecoutez, Djézone assiste à une nouvelle présentation vendredi et une nouvelle vente lundi. Vous aurez tout le week-end pour vous assurer qu’il arrive à la vente avec le montant nécessaire pour acquérir un produit d’une gamme satisfaisante. Vous trouverez toutes les informations nécessaires sur le site Internet du magasin.

– Je n’ai plus l’accès à mon compte personnel. Je ne m’y suis jamais connecter. A quoi bon ? Et j’ai mieux à faire que revoir vos présentations. J’ai du travail, moi !

– Et bien je vais faire en sorte que le responsable des accès sécurisés vous communique au plus vite vos identifiants personnels. Et dans tous les cas, Djézone aura la plaquette de présentation avec lui. Et il aura assisté à une présentation complète. Il pourra poser toutes les questions qui lui viendront. Et je suis convaincue que vous trouverez comment consacrer le temps nécessaire au bien-être et à l’estime de votre fils.

– Mais vos présentations l’ennuient ! Vous faites de mauvaises présentations ! Je contacte la Chambre. Il y a intérêt à ce que le prochain produit soit de meilleure qualité que la merde que vous lui avez vendue cette fois-ci !

– Madame, tout dépendra de la monnaie qu’apportera Djézone. Je vous souhaite une bonne journée.

– C’est ça, c’est ça. Je vais écrire à la Chambre des commerces et de l’industrie ! Vous ne ferez pas l’étonnée !

– Merci de m’en avoir informée. J’ai une présentation de produit à réaliser. Je vais raccrocher. Bonne journée Madame.

– Vous ne prenez même pas le temps pour les parents de vos clients, c’est inadmissible ! J’écris au ministre de l’Économie !

-Bien le bonjour à Madame la ministre alors. Et un dernier conseil : un adolescent qui ne ment strictement jamais, c’est inquiétant. Vous devriez peut-être emmener votre fils rencontrer un ou une professionnel.le. Bonne journée.

6 décembre. Aujourd’hui un secret

Je ne sais pas où je vais.

Car s’il y a un an jour pour jour on m’avait dit que 365 jours plus tard on vivrait bien installé dans un mauvais roman d’anticipation – ou pire, son préquel – je n’y aurais pas cru.

Car ma vie professionnelle m’apporte beaucoup mais me donne la sensation de foncer, à moyen terme, dans un mur.

Car ma vie personnelle est fait de tellement de choses que je ne veux pas entériner.

Alors voilà, derrière mes dehors de stabilité et de constance, en vrai, je ne sais pas où je vais.

1 décembre. Aujourd’hui en retard

Je m’étais commandé un calendrier de l’avent. Je ne crois pas en avoir jamais eu. Ce n’est pas le genre de chose dont s’embarrassaient mes parents et moi, ensuite, je n’en ai pas pris l’habitude. J’en ai créé pour Peanuts, plusieurs fois. Cette année, je me suis dit que je méritais de m’offrir quelque chose. Alors quand j’ai vu passer sur ma TL un calendrier Totoro, je l’ai commandé, sans trop chercher à réfléchir.

Il n’est pas arrivé…

13 novembre. Aujourd’hui pas de place pour

Moi.

Je suis fatiguée comme je ne l’ai pas été depuis un moment.

Je n’ai pas réussi à faire une vraie séance de yoga. J’ai mal tenu mon régime toute la semaine. Je crois même que pour la première fois depuis août, je vais sans doute voir le chiffre repartir dans le mauvais sens quand je me pèserai. Je n’arrive pas à lire sans piquer du nez au bout de quelques pages.

Je me sens tellement usée.