8 mai. Aujourd’hui la ligne qui va de

J’ai de plus en plus envie de me faire tatouer.

Trois constellations. Grande ourse, dragon, petite ourse.

Sur le biceps droit.

Je ne sais pas vraiment dans quel style.

Il y a quelques mois, un contact Facebook avait demandé qu’on lui conseille un salon dans ma ville. Un nom est revenu plusieurs fois. Je suis allé voir leur site par curiosité. Je les suis sur Instagram depuis. Le travail d’une tatoueuse en particulier me parle.

Je ne sais pas si je passerais le pas.

Mais j’y pense.

Surtout le soir. Surtout la nuit.

Trois #gratitudes (1)

– Ma deuxième dose de vaccin, Pfizer 2/2, un peu comme si j’allais développer un super pouvoir (à part celui d’être profdoc) (et maman)

– Sortir au soleil sans manches et sans veste de secours pour la première fois de l’année

– Les tweets positifs. J’ai décidé de lancer un hastag (à ma petite échelle, sur un compte cadenassé) pour partager de petites choses positives et ça aide à la bonne humeur. Je suis contente parce que ça plaît.

Ma voisine

Ma voisine de palier a 86 ans, un fils, un mari et un sacré caractère.

Je ne pense pas qu’elle ait été gentille dans sa vie. Je l’imagine plutôt comme une femme rude avec son entourage et son enfant unique. Mais avec l’âge, elle a dû s’assouplir.

Son fils n’habite pas juste à côté mais pas très loin non plus. Le genre de distance qu’on ne fait pas le soir en rentrant du boulot mais qu’on peut faire dans la journée le week-end ou en urgence quand les pompiers t’appellent pour te dire que ta mère a fait un malaise en faisant ses courses.

Sauf qu’il n’est pas venu la voir ce jour là.

Son mari est en maison de retraite. « Il est sur la fin » dit-elle. Depuis plusieurs mois. Il ne fait plus rien sans aide à part lui adresser des reproches. Elle ne vient pas assez le voir, elle ne l’appelle pas assez souvent, elle ne reste pas assez longtemps. Elle y va pourtant aussi souvent que possible mais avec le Covid, il y a des jours tournant pour les visites. Elle y reste autant qu’elle peut mais elle circule en bus, il y a des horaires.

Nous, on est à côté, alors on file des coups de main. Ça a commencé par un truc ou deux puis maintenant, ça peut devenir quasi quotidien à certaines périodes, plus de loin en loin à d’autres.

Elle est relativement autonome malgré son âge. Elle a plus ou moins toute sa tête. Elle se déplace, garde son appartement à peu près propre, s’occupe de l’essentiel de la paperasse. Mais certaines choses deviennent compliquées.

Un jour, une assistante sociale est venue la voir. Elle n’a pas compris d’où elle venait. Elle lui a fait remplir un dossier pour avoir une aide financière pour avoir des repas à domicile. Sauf qu’ensuite, elle n’est plus revenue. L’aide a été attribuée puis retirée 16 mois plus tard… parce qu’elle n’avait pas été utilisée.

J’ai su ça parce qu’elle m’a demandé de lui expliquer un courrier qu’elle ne comprenait pas.

Son fils ne s’est pas soucié de ça. Pourtant, elle lui en a parlé. Et quand elle a fait un malaise toute seule à Casino, il n’a pas fait grand chose de plus. Sauf que voilà, après ça, elle a commencé à avoir peur d’aller faire des courses. Pas tout le temps mais comme elle y va un jour sur deux… Elle lui a dit qu’elle aimerait se faire livrer les courses. Elle s’est renseignée. Le problème, c’est qu’il faut commander en ligne et elle, elle ne sait pas se servir même d’une souris d’ordinateur alors commander des courses… Et son fils, il ne veut pas commander pour elle.

Il ne s’occupe pas vraiment d’elle. Il l’engueule souvent au téléphone.

Je ne juge pas. Je ne le connais pas vraiment. Je sais quelques trucs sur sa vie actuelle et c’est pas drôle. Je ne sais rien de son enfance, de sa relation avec sa mère.

Mais moi je me retrouve avec une voisine de palier de 86 ans qui manque de plus en plus souvent de l’essentiel pour se faire un repas. Je la dépanne mais le dépannage, ça va un temps.

Du coup, je me suis renseignée et j’ai obtenu la marche à suivre. Je lui ai donné les coordonnées d’un organisme à appeler jeudi dernier. Et aujourd’hui, elle était toute contente de me montrer un courrier : l’assistante sociale qu’elle a eu au téléphone lui a envoyé tout le nécessaire pour mettre en place la livraison de repas à domicile.

Je suis allé la voir pour lui expliquer où signer et lui donner les éléments essentiels du contrat. On a préparé le courrier à envoyer.

« Vous vous rendez compte, je vais même avoir de la pizza ! »

Elle voulait me faire un chèque. Une nouvelle fois, j’ai refusé. Elle voulait le faire quand même mais je lui ai dit que je ne l’encaisserais pas. Je n’ai pas besoin d’autres récompenses que de savoir qu’elle aura de quoi manger y compris les jours où elle ne se sent pas assez d’attaque pour aller faire les courses. Et de la sentir soulagée comme elle l’était.

Je pourrais…

… raconter ma journée mais je n’ai pas particulièrement envie de revenir dessus

… raconter ma soirée mais vous allez me demander pourquoi, comment, j’accepte ça et je ne saurais pas répondre

… écrire à propos de tout à fait autre chose mais là je ne vois pas quoi

Alors je vais vous dire, comme ça, que Popcorn était tout fière de me demander des « crépites » au petit déjeuner, nom que Peanuts donne aux céréales, mais qu’il prononce « pécrites » avec une fierté et une conviction qui font que sans doute celles-ci vont être rebaptisées.

En ce moment, je lis beaucoup. Pas en soi. Mais par rapport à mes habitudes et surtout mes disponibilités. J’ai besoin des mots des autres.

Et j’ai beaucoup de mal à rassembler les miens.

C’est « marrant » parce que le personnage principal du roman que je suis en train de lire est une autrice en panne d’inspiration. Ce n’était pas dit sur la 4e de couverture mais ça « tombe » bien.

Reprise (again)

Ça y est. Ces quatre drôles de semaines touchent à leur fin.

Une semaine de distanciel pour tous : Peanuts, mes élèves, moi, Celuiquim’accompagne. Il n’y a guère que pour Popcorn que ça a été des vacances.

Une semaine de vacances sans enfant / sans parent, selon le point de vue.

Une semaine de vacances en famille.

Une semaine de reprise pour tous, en présentiel pour eux trois, en distanciel pour moi.

Mais demain, ça y est, j’y retourne.

Et j’ai pas envie.

Je n’ai pas envie de passer mes journées à devoir faire respecter le port du masque et vérifier que tout le monde se lave les mains.

Je n’ai pas envie de bricoler pour finir un projet qui merdouille parce qu’on a oublié que les élèves ne lisent pas. (Oui, raccourci facile, ce n’est pas le propos).

Je n’ai pas envie de discuter de tout un tas de sujets avec tout un tas de gens.

Je n’ai pas envie de recommencer à courir tout le temps.

Je ressens un grande lassitude vis à vis de mon travail et je ne sais pas à quel point c’est cette période (de ma vie et de la vie) et à quel point c’est autre chose.

Bon… J’ai un cartable à préparer…

Premier du mois

La journée d’hier ne s’est pas vraiment arrêtée. On a recouché je ne sais combien de fois l’enfant petit qui a fini par faire mauvaise nuit dans notre lit et voler la mienne à grand renfort de coups de pieds, de plaintes nocturnes et de ronflements irréguliers. Et quand il a réclamé « biberon », je suis bien incapable de dire ce que j’avais dormi.

Les deux, le nez, tout.

Il a été de mauvaise humeur toute la journée. Son père aussi. Et la météo itou.

Heureusement que Peanuts marche à travers ça comme si ça ne le touchait pas. « Comme si » parce que je sais qu’il est bien plus sensible à l’ambiance de la maisonnée qu’il ne le laisse paraître.

Je suis vannée. Je n’ai pas envie d’être demain (repas beldoche) et encore moins lundi…

Si au moins il pouvait arrêter de pleuvoir et le temps se mettre au beau pour de bon…