Pffff

On a décidé de déménager.

Pas là dans l’instant mais on aimerait le faire dans l’année. Idéalement, en toute fin d’année scolaire.

Contrairement à notre achat ici qui s’est lancé sur un coup de tête (on a croisé un agent immobilier en bas de chez la mère de J, une agence qui ouvrait tout juste, le type était devant sa porte. On a discuté. Moins de 5 mois plus tard on signait chez le notaire, un appartement qui n’avait strictement rien à voir avec cette fameuse agence), on fait les choses « dans l’ordre ». On a fait venir un agent immobilier pour avoir une estimation de notre appartement. Forts de quoi, on a contacté notre banque.

Autant, l’estimation, je m’attendais assez à ce prix-là et même si un tout petit espoir d’une bonne surprise restait quelque part, j’ai bien reçu le chiffre.

Autant, la projection de la banque, ça m’a coupé les jambes.

En soit, c’est une belle somme mais on habite dans une des villes les plus chère de France. Alors oui, dans le Lot, on aurait une belle maison individuelle avec du terrain pour ce prix et même en dessous mais par ici…

Celuiquim’accompagne a décidé d’être optimiste. « Mais si, il y en a plein, des appartements à ce prix là ». Voilà une heure qu’on détaille les sites d’annonces et une seule a obtenu un « mouais, ça, on pourrait visiter », alors que son prix affiché est à 1,2 fois ce que la banque propose.

Alors oui, on va faire une autre estimation. Oui, on va voir d’autres banques. Oui, on va chercher sur d’autres sites, contacter des agences immobilières. Mais il faudrait quasiment 1,5 fois ce que notre banque propose pour commencer à approcher de nos critères.

Et là, franchement, j’ai le cafard.

Tranches

Le voisin du dessus écoute Johnny. Et chante. Faux.

Celuiquim’accompagne gromelle à propos de l’enfant petit, un œil sur sa liseuse, du S. King dedans.

L’enfant grand m’a fait un bisou sur le front depuis son lit superposé et je sais un peu qu’elle effet ça me fera quand il sera assez grand pour faire ça depuis le sol.

L’enfant petit s’est endormi lové contre moi. Ce soir, il était un chat.

Je vais couper le téléphone et essayer d’enfin finir ce livre c’est-à-dire de ne pas m’endormir en moins d’un chapitre.

La marge de liberté

Ce soir, j’ai laissé mes enfants et leur père chez nous et je suis sortie au restaurant avec des gens de mon boulot et d’anciens gens de mon boulot.

Je n’avais jamais fait ça depuis la naissance de Peanuts, sortir le soir en laissant enfant(s) et conjoint seul à la maison. En tout cas, pas pour une soirée de loisir.

Enfin, je ne suis pas certaine. Mais je n’en garde aucun souvenir. Alors c’est peu probable.

Si j’ai pu le faire ce soir, c’est lié à l’âge des enfants, à la bonne volonté récente que Celuiquim’accompagne met dans la vie familiale et aussi, aux progrès de mon épilepsie.

Parce qu’il n’y a pas si longtemps, sortir un soir au restau, c’était 80% de risque que je me paie une crise. Avec un peu de chance, une fois rentrée. Mais je n’avais pas forcément de la chance.

Mais voilà, là, je n’ai pas fait de crise depuis décembre 2020. Ça ne veut pas dire que tout est réglé mais c’est très encourageant. Et ça me donne une marge de liberté. Qui peut passer dans une soirée aux restaurants.

Et ça fait un bien fou.

Temps tant tendu

Voilà. Ça y est. Je me rappelle. Comment je me retrouve dans cette situation. Ce truc, là, qui fait que je me dis que je vais prendre une heure sur mon temps perso, chez moi, ce précieux temps solo, pour régulariser. Je veux baliser, limiter, je me promets de n’y consacrer qu’un temps court. Je n’y arrive jamais.

Avant la rentrée, je me suis fait des promesses. Mais là, je sais que demain, je n’aurai pas fini les petites tâches hebdos. Celles qui ne se reportent pas vraiment.

Il faut vraiment que j’apprenne à me discipliner, que je revois la manière de m’organiser. Quinzième rentrée et encore des choses à apprendre.

Pour bonus parent

J’ai passé la journée avec Peanut et sans Popcorn. On a fait plein de trucs. Peut-être un peu trop. Mon podomètre affiche 13748 pas. Du coup, je pense que Peanuts en a fait au moins un tiers de plus, rapport à la longueur de ses jambes et l’amplitude de ses pas. Je suis lessivée. Et il s’est endormi en moins d’une minute, alors même que son petit frère était en train de faire le ouistiti dans le lit du dessous. Un mercredi réussi !

Soir sans

Ce soir, je n’ai pas très envie d’écrire.

Parce que je n’ai pas envie de parler de mon enfant grand qui s’est couché en faisant la tête, de la ressource qui me manquait pour désamorcer ça avant qu’il ne s’endorme.

Parce que je n’ai pas envie cette sensation désagréable sur un gros projets qu’on est plusieurs à porter que je ne suis pas tout à fait sur la même ligne que les autres et que ça va finir par m’échapper. Et terminer un peu en eau de boudin.

Et ça prend trop de place pour écrire à propos d’autre chose.

12 septembre Aujourd’hui la cinquième personne qui va vous parler

Au parc. Elle s’occupait de 5 enfants, dont une grande fille trisomique. Il m’a semblé qu’elle était la grand-mère de certains d’entre eux mais pas forcément de tous.

Appliquée, elle est penchée sur un cahier. Un tout petit marche avec cet équilibre caractéristique du « c’est tout neuf ». Il s’applique à aller d’un espace à l’autre puis se laisse tomber lourdement sur les fesses. Une plus grande qui me dira un peu plus tard être en CP tente de diriger la petite troupe, toute en autorité. Ça ne fonctionne pas très bien.

Elle finit par m’interpeller. Son cahier, ce sont des exercices de français. Elle a besoin d’aide pour déchiffrer « escabeau ». Puis « serre-joint ». Et trouver à quel dessin ça se rapporte. Puis lire un court texte.

Je comprends assez vite qu’elle ne maîtrise pas le découpage en syllabe. Et que pour elle, tout les e sont é, que le o et le a sont un peu la même chose, et qu’elle ne comprend pas les sons combinés de deux voir trois lettres. Je ne sais pas qui lui a donné ce cahier, si elle a un prof qui va avec. J’essaie de l’aider sans me contenter de faire à sa place.

Interrompues par les enfants, sur un coin de table. Je sais déjà que je repenserai souvent à elle.