Vieille Âme

Je n’étais pas revenue te voir, Vieille Âme, depuis Alex. J’avais pensé à toi, ces nuits là. Je t’ai imaginé. Aujourd’hui, je ne peux que deviner.

Je ne sais pas si tu étais en colère. C’est plutôt comme si quelque chose de plus fort que toi t’avais pris, avalé, malmené, et t’avais laissé là, ensuite, passerelle en bois arrachée, rochers tourneboulés, les troncs, les branches, les arbustes, les buissons, sans dessus dessous.

Le sentier que j’aimais tant, celui qui longeait ton lit en jouant à cache-cache, tantôt on ne te voyait plus, tantôt un petit bras débouchait par surprise sur la droite, ce sentier là n’existe plus. De toutes façons, il aurait fallu traverser et sans pont ni guet…

Je suis passée avec les enfants. C’est presque rituel, maintenant, de t’amener mon petit. Je ne suis pas restée longtemps. Je crois que j’ai eu un peu peur.

Ça fait toujours quelque chose, de te voir, d’être accueillie dans ton antre de verdure, même malmenée, même blessée. Je sais que d’ici quelques années, peut-être pas à mon échelle mais peu, à la tienne, on ne verra plus rien. Peut-être les humains auront-ils reconstruit une passerelle. Toi, tu auras polis ton lit. Les bois auront cédé ou pourri, les roches se seront roulées et lustrées. Qui se souviendra, alors, du sentier et des parties de cache-cache ?

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