Les coucher

On est dans la chambre, bleutée des lumières conjointes de la lampe anti-moustiques et du lecteur CD dont s’égrènent les notes enjouées du dernier Bulle et Bob emprunté à la bibliothèque.

Peanuts à l’étage, probablement allongé sur le dos, une main grattant l’étiquette de son fidèle doudou, l’autre se baladant le long de la couture.

« Probablement » parce que je ne le vois pas. Moi, je suis au rez-de-chaussée du superposé, en travers, le dos calé contre un chien en peluche, les jambes dans le vide à partir du genou. Je tape d’un doigt, mettant à rude épreuve l’écriture prédictive.

Dans ma main gauche, un pied, tantôt droit, tantôt gauche. L’enfant au bout du pied ne s’endort qu’ainsi, ces derniers soirs. « Gratte ‘e pied Maman ». Plus que de gratouilles, ce sont surtout des caresses, parfois des massages. Il se tortille, ventre, dos, flanc, il se tourne, soupire, grogne, ronfle. Mais toujours un pied dans ma main. Le contact qui rassure, qui assure que maman est là. Mon Popcorn.

Ces deux là, je les aime tellement !

Pas tout à fait rentrés

Ça sent la rentrée.

Peanuts a réintégré ses pénates, la tribu est réunie, et chez elle. Celuiquim’accompagne a déjà repris le travail depuis une semaine. J’ai un peu de mal à réaliser mais c’est mon tour dans 3 jours. Le lendemain, ce seront les enfants.

Dernière année de crèche pour Popcorn. Ce1 pour Peanuts.

Oui, ça sent la rentrée, les enfants qui se râlent l’un après l’autre et Popcorn qui débarque en courant dans la cuisine en me criant le nom de son frère comme explication à soi seul de tout son désarroi. Peanuts qui arrive derrière avec un drapeau blanc, par contre, ça sent encore les vacances. Ils se sont manqué, ces deux-là.

Ça sent encore les vacances de ne pas s’asseoir dans la cuisine pour manger ensemble ce soir mais sur la table basse du salon, des burgers approximativement maison au menu.

On entretien l’entre deux.

Petite bestiole

Soirée solo avec l’Enfant Petit. Je le couche à peine, enfin, finalement, choisissez. Ce n’est pas facile, lui et moi, depuis son retour. Il a décidé, parmi le reste, de refuser bisous et câlins et cette manière brutale de couper le lien animal me fait violence. Il grandit, c’est entendu, mais cet enfant est si pleinement câlin d’ordinaire. J’ai l’impression d’avoir affaire à son frère !

Il s’est couché. Je te fais un câlin ? Non. Un bisou ? Non.

Bon.

Respecter ce non, persuadée que c’est la base pour qu’eux apprennent à respecter celui des autres.

Mais peut-être que j’irai, avant d’aller me coucher seule à mon tour, caresser sa tête, son dos, sentir sa respiration sous mes doigts, sans qu’il le sache. Privilège de mère ? Besoin, sans doute, plutôt.

26 août Aujourd’hui demi-vérité

Aujourd’hui, j’ai retrouvé deux collègues pour une réunion informelle au restau, afin de planter des repères pour un gros projet de cette année.

On a bien bossé et discuté, et pas que du boulot. On a biatché sur la moitié de la salle des profs et dit du bien de l’autre. On s’est raconté nos vacances. Des anecdotes.

C’était un bon moment, rassurant concernant le travail qu’on mène ensemble, enthousiasmant à ce même propos.

Tout ça donnerait presque hâte de rentrer.

25 août Aujourd’hui essayé de

J’ai passé la journée à me raccrocher aux branches, improviser face à ce qui ne fonctionnait pas comme prévu. Ce matin, j’étais pile à l’heure, timing parfait, avec les bons livres à rendre, pour l’ouverture de la bibliothèque. Sur ses horaires de période scolaire. En été, elle n’ouvre pas le matin. Ma journée a été à l’avenant.

Pourtant, elle avait commencé avec la voix d’une amie chère dans mon téléphone, ça n’engageait pas que ça pourrait tourner ainsi.

Aujourd’hui, j’ai essayé et je n’y suis pas toujours arrivé. Mais j’ai tout fait pour.

Par petits bouts et en vrac

J’ai porté une robe aujourd’hui, avec les jambes totalement nues dessous. Là dernière fois, il me semble que c’était avant ma deuxième grossesse. Et j’ai réussi à trouver pas si mal ce que je voyais dans le miroir.

Popcorn semble faire un retour de flamme de Terrible Two et c’est rude. J’ai conscience qu’il me fait payer mon absence de la semaine dernière et que c’est un peu le prix à payer. J’ai hâte que la crèche ouvre à nouveau…

J’ai parlé à Peanuts au téléphone. Il me manque. Malgré les 3 semaines passées ensemble, on ne s’est pas tant vus pendant ces vacances. Et Popcorn prend tellement de place tout le temps… Il rentre samedi.

J’en suis à 8 jours de yoga quotidien consécutif. Une bonne reprise.

J’ai repris, aussi, mon compte des calories et la surveillance de mon alimentation. J’ai trié ma penderie et donné tous les vêtements dans ma taille +1. Pas de retour en arrière possible sans devoir racheter. A la foi ça me fait flipper et ça me soulage.

Je suis inquiète pour la voisine de palier. Je cherche la juste dose dans l’aide que j’apporte. J’ai eu son fils au téléphone. Maintenant, je suis inquiète pour son fils aussi…

J’ai une vie rêvée dans la tête depuis quelques temps. Par moment, je crois vraiment qu’il y a quelque chose à en faire. Puis ça ne dure pas. Mais ça revient. Alors je ne sais pas.

J’ai mis un peu les doigts dans le boulot. Il paraît qu’on rentre dans une semaine. J’ai un peu peur. 15e rentrée, pourtant. Un jour, ça s’arrêtera.

Mon ourson

L’Enfant Petit a été très malade une journée. Puis aujourd’hui, plus rien, à part l’appétit petit, tout petit, minuscule. Mais l’appétit tout petit de l’Enfant Petit, c’est partout et n’importe quand, alors…

L’Enfant Petit a décidé d’avoir peur de tout. Il dit « a peur ! » des bruits, des gens, des ombres, et même des câlins. Et quand il n’y a rien de tout ça, il a peur du fantôme, de la sorcière ou du monsieur sur la photo au dessus de mon bureau. (S’il savait ça, mon Papy…) C’est beaucoup un jeu, mais pas que. Et je ne sais pas trop quoi en faire.

L’Enfant Petit me laisse dessiner. Il vient voir de temps en temps ce que je fais et me pose des questions, ou commente. C’est très très mignon. Même s’il trouve que mes loups ressemblent à des lions. Il décrit aussi ce que je fais. Ça me donne l’impression d’être dans un documentaire en audio transcription, c’est assez rigolo.

L’Enfant Petit est fatiguant et réclame ma présence. Peut-être bien qu’il fait le plein. Il parle beaucoup de son frère et quand on lui demande où est ce dernier, il répond « L’est loin loin là-bas la voiture ‘a Manou l’est là loin » en montrant par la fenêtre, et il a raison (sauf qu’il n’est pas encore dans la voiture !) et avant de se coucher, il précise tout de même que la place de son frère est là au dessus de lui. Il a bien pris que son père retourne au travail. Mais je crois qu’il apprécierait que sa tribu soit belle et bien réunie.

L’Enfant Petit est enfin couché. Je vais un peu souffler.

Qui a remis une pièce ?

L’Enfant Petit est rentré hier. Et l’Enfant Petit est malade aujourd’hui. Fièvre, angine, antibios, perte d’appétit, et « A mal, Maman ».

C’est comme s’il signait clairement la fin des vacances pour lui, pour nous, paf, on est rentré, les affaires reprennent. Médecin, pharmacie de garde, vomi de l’antibiotique sur le carrelage de la cuisine, Doudou et le t shirt de papa, youpi tra la la. Et les idées que j’avais pour le début de semaine à lui et moi nous deux qui passent à la trappe.

Et surtout, surtout, je déteste le voir mal comme ça et ne rien pouvoir faire. Et que le peu que je puisse faire, c’est-à-dire lui administrer un traitement, ce soit aussi dur pour lui. Il a un nouveau mot. Il sait dire « Doliprane ». Pour dire « non pas le lip’ane, fermer la couche ma’tenant Maman » (les suppos, l’enfer de ce gosse, mais il venait de vomir l’antibio et il fallait faire quelque chose pour la température du petit lui…) Il se débat, crie, sert les dents, rue… Les négociations sont vaines. Alors on explique qu’on va être forcés de le forcer et on utilise qu’il n’a que 13 kilos et 85 cm à opposer à nos corps d’adulte. On finit par gagner. Sauf quand il vomit dans la foulée, là, tout le monde a perdu.

Soigner un enfant contre son gré, le truc trop nul de la parentalité.

Là il dort. Sans rien avoir mangé à midi. Je lui jette pas la pierre, les angines, je connais, j’en ai fait des paquets. C’était comme qui dirait ma spécialité, v’voyez. J’aurais autant aimé qu’il n’hérite pas de ça mais avec la deuxième en 6 semaines en plein été, j’ai un peu peur qu’il suive ma trace, cet enfançon.

Mon bébé, mon ourson, mon loulou, mon chouchou, mon sorcier, mon tout petit… C’est nul, les super pouvoirs de maman, quand on ne peut rien faire contre une bête angine…

Update : on a fini aux urgences (long story) pour rien (ouéé). Il ne va pas vraiment mieux mais pas pire.