Non anniversaire

Hier, c’était l’anniversaire de ma Mamie.

Qui est décédée à l’automne 2008.

Ma Mamie. Mon deuil impossible.

Je l’ai enterrée et pourtant, je n’ai jamais complètement enregistré sa mort. J’ai revécu son décès mille et une fois, « oh, tiens, si j’appelais Mamie », « cette carte plaira trop à Mamie », « il faudra que je pense à demander à Mamie… » puis… « ah mais… non… » Ça n’a jamais cesse de poignarder. Toujours aussi fort.

De toute façon, ça n’a jamais eu de sens. Ce cercueil minuscule, il est impensable qu’elle ait tenu toute entière dedans. Je l’ai enterrée sans croire une seconde qu’elle ait pu être là. Ça ne fonctionnait pas. Et je n’ai jamais pu réconcilier cette image, ce cercueil, avec ma grand-mère. Elle etait bien trop pour tenir dans cette boite.

Ne pas pouvoir lui présenter mes enfants… Ne même pas pouvoir lui avoir dit qu’ils étaient nés… Ne pas pouvoir lui raconter combien ils sont épatants… Je crois que c’est ce qui me pèse le plus.

Ce n’était pas une mamie gâteau. Ni une mie câline. Elle avait une forme de rudesse et sur la fin de sa vie, elle a su être imbuvable avec nous. Mais mon horizon n’est plus le même depuis qu’elle n’est plus là. On avait un lien que je n’ai jamais construit avec personne d’autre et que je ne construirai jamais. De ses liens qui sont attachés dans le nous même enfant qu’on porte encore.

Je crois que la mort de ma grand mère, ça a aussi été celle d’être une enfant. J’étais sa petite princesse, à 2, 12 ou 22 ans. Je le serais toujours…

Je suis devenu épileptique quelques semaines après son décès. Je suis convaincue qu’il y a un lien. C’était une année compliquée, celle de ma prise de poste en tant que titulaire, d’un sentiment d’incompétence monumental, de l’installation d’une vie à deux qui n’était enfin plus menacée par une mutation mais dont je ne pouvais, en même temps, plus m’échapper (même si je n’en avais pas envie). Et Mamie qui a abandonné.

Je n’ai pas explosé en vol. Mais il faut croire que j’en tremble encore.

4 réflexions sur “Non anniversaire

  1. Ça me parle tellement … Je n’ai jamais « digéré » le décès de ma grand mère maternelle. Il reste là une plaie. Pas béante mais mal cicatrisée. Un manque. Un étai qui fait défaut.

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  2. J’ai perdu mon grand père en 2013. Et 7 ans après il me manque toujours autant. Contrairement à toi, j’ai réussi à faire mon deuil (même dans mes rêves avec lui, je me dis « mais il est mort. Il a du revenir à la vie. Chouette) mais le vide est toujours là. J’ai appris à vivre avec, mais ça fait toujours aussi mal. Surtout quand je mange quelque chose qu’il adorait. Quand j’ai une réussite professionnelle. Quand je me suis mariée l’an dernier et qu’il aurait été si fier de moi, et si content de voir mon bonheur. Et maintenant que j’attends pokémon et qu’il ne le connaîtra jamais. Je suis heureuse mais en même temps tellement triste. Alors je t’embrasse ma Lizly parce que je sais ce que tu ressens et que c’est tout ce que je peux faire 😘😘😘

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    • Et je t’embrasse aussi (en particulier parce que je sais que ce que c’est qu’être enceinte et se dire « Cette personne là ne saura connaîtra pas cette enfant là et malgré le bonheur de cette naissance à venir, la tristesse de cette absence est énorme)

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