19 décembre. Aujourd’hui le sens de l’adaptation

J’ai trié ma pile à lire. Certains des livres qui la composent y sont depuis plusieurs années. Et je ne sais pas dire combien. J’en ai enlevé certains, qui m’ont peut-être tentés à une époque mais sur lesquels je n’imagine plus revenir.

Il reste 18 titres.

Je me dirais bien que pour 2021, je décide de mettre une clac à cette PAL une bonne fois, qu’au moins ces 18 là, je les lis dans l’année pour repartir sur une PAL de moins d’un an. Ça me tente.

En même temps, plusieurs des livres qui y traînent sont là parce qu’ils sont très gros et que j’ai du mal à m’y lancer en envisageant d’y passer plusieurs semaines. Alors je ne sais pas si c’est faisable.

D’autant que rien qu’en ce moment, j’ai 9 livres du CDI à la maison. Et là-bas, ma PAL fait plus ou moins la taille de mon fonds.

Et au milieu de tout ça, je me suis lancée… dans un livre en mémoire dans ma liseuse.

18 décembre. Aujourd’hui ce que j’ai laissé tomber

Le bouclage avant les vacances intermediaires, c.est toujours quelque chose d.un peu compliqué pour moi. Pour l’été, moins, parce que j’ai le temps de les voir venir. Pas que les vacances intermédiaires ne soient pas prévues d’avance (je peux vous dire quand je serai en congés a l’hiver 2022, il n’y a pas tant de professions qui ont cette possibilité) mais on a le nez dans le guidon jusqu’à la dernière sonnerie. Juillet, le rythme a ralenti, un certain nombre de choses sont terminées pour l’année. Mais décembre…

Déjà, on a bouclé un trimestre et toutes ses échéances. Pour moi, ca signifie systématiquement prendre du retard dans le quotidien puisque je suis toujours à flux tendu sur ce quotidien donc quand des choses viennent se rajouter, forcément, ça déborde. Du coup, je suis dans l.urgence de rattraper mon retard,

Ensuite, c’est une période où on passe un temps fou à faire de la discipline. La cocotte minute des deux semaines qui précèdent les vacances d3 Noël, le moment de l’année que je déteste le plus. Le bahut est tendu comme un string, l’horreur.

Et j’arrive toujours aux vacances sans avoir fait ce que je voulais, et hésitant a rapporter un tiers du CDI chez moi pour travailler pendant les vacances. Bon, maintenant que Peanuts a 6 ans (six !), j’ai renoncé à travailler efficacement pendant les vacances que je n’ai pas planifié de séjour chez les grands-parents. Aujourd’hui, j’ai donc laissé tomber d’avoir saisie la pile de documents qui trône depuis 4 semaines à l’angle de mon bureau. J’ai laissé tomber deux envois importants. J’ai laissé tomber le rangement des mangas et du bac à BD. Et plein de choses encore.

Et je le vis plutôt vien. Je vieillis.

Mal traité.e.s

Aujourd’hui, les profdocs manifestions notre colère face au mépris de nôtre sinistre. Voila qu’il justifie de ne pas nous verser la prime informatique qu’auront tous les autres enseignant.e.s parce qu’elleux sont « devant élèves ». Et nous, où sommes-nous ? Un mouvement un peu noyé dans un sentiment général de compter bien peu pour notre hiérarchies, Pas seulement chez les profdocs, non. Il se murmure en salle des profs qu’on nous prend pour des imbéciles en autorisant nos élèves à ne pas venir pour ne pas risquer de se faire contaminer mais en nous demandant d’assurer les cours parce qu’il n’y a pas de contamination particulière dans les établissements scolaires. En nous demandant de rattraper le retard pris pendant le confinement pour lequel nous étions prêts, de raccrocher les élèves perdu.e.s, mais cela avec des masques, sans îlots, sans échanger trop de documents, et en déplaçant tout son matériel de salle en salle. Il se murmure en salle des profs parce que pour crier, nous sommes bien trop fatigué.e.s… Les masques ne cachent pas les cernes, les épaules basses, les absences qui se multiplient parce que les corps craquent. Cette crise malmène ici aussi. Et la colere ne nous tiendra pas toujours debout.

Note de bas de page : pour la colere des profdocs, il y a une petition à signer, si le coeur vous en dit https://www.change.org/p/jean-michel-blanquer-reconnaissance-du-métier-de-professeur-documentaliste Et le hashtag #JeSuisProfDoc

Six

Il est arrivé dans la nuit. On ne l’attendait qu’un mois plus tard. Avec le recul, j’aurais pu voir des signes. Mais je n’ai pas décodé et il nous a pris par surprise.

Il est arrivé vite. Un peu trop, peut-être, il m’a fallu presque 24 heures pour percevoir pleinement qu’il était là, que ça y était pour de bon. Il est arrivé sans complication. Pas comme j’avais envisagé ou comme j’aurais choisi. Mais bien.

Il est arrivé avec les yeux grands ouverts et les a planté dans les miens. Et à ce moment-là, je l’ai reconnu. Ce ne pouvait pas être d’autres yeux, un autre visage, une autre chaleur. Ce bébé, je le connaissais. Il a vocalisé, une longue phrase, comme s’il répondait à tout ce que j’avais pu lui dire pendant ma grossesse.

Il est arrivé et m’a faite mère et cela lui appartiendra toujours. Il m’a faite louve.

Il est arrivé et le monde gagne à ce qu’il existe, croyez-moi sur parole.

Mon bébé, mon enfant grand, mon chaton, mon chatloup, joyeux anniversaire.

15 décembre. Aujourd’hui il faudrait crier

Aujourd’hui, il faudrait crier, nous, les profdocs mais aussi nos collègues, les parents, les élèves, parce que l’exception française que constitue notre métier devrait être considérée comme précieuse, parce que les profdocs ont un rôle essentiel et peuvent beaucoup quand on ne leur met pas systématiquement des bâtons dans les roues, et parce qu’il faudrait se défendre et se faire entendre, encore et encore.

13 décembre. Aujourd’hui iréel

Ma belle-mère a embarqué Peanuts pour la journée. Sapin, repas, lectures, jeux, goûter, retour maison. Popcorn resté seul à la maison faisait sa vie de petit bonhomme, réclamant tantôt notre attention, sans allant de là vaquer à ses occupations toute enfantines. On a attendu qu’il s’endorme pour sa sieste pour manger un morceau, ouvrir une bouteille. Puis j’ai lancé une deux fournées de sablés et une de cookies, seule dans ma cuisine, sans consigne à donner, sans personne à surveiller, sans devoir nettoyer plus que le plan de travail ensuite.

Ça m’a rappelé le temps d’avant Popcorn. Et ça ne semble presque pas avoir existé.