C’est quoi, déjà, le proverbe ? « Il faut tout un village pour élever un enfant », un truc comme ça.

C’est la seule solution pour ne pas décédé d’épuisement, c’est ça ?

Encore

Je suis en train de m’endormir sur le canapé. Je lutte parce que je sais que le froid me réveillera au mauvais moment de la nuit, que je me rendormirais pas oh mal. Voilà trois cycles de sonnerie et de snooze que je cherche quoi publier. Et bien je n’en sais rien. Alors j’écris que je ne sais pas quoi écrire, avec mes yeux qui papillonnetmnt. Il serait temps de je ressorte le plaid.

Yog’ down

J’étais super motivée. J’arrivais a faire 5 séances dans la semaine. Pas forcément longues mais ça me portait, au quotidien. J’organisais en partie mes journées pour pouvoir me dégager ce temps là. J’ai fait des séances plutôt que d’aller me coucher, à peine les enfants endormis à ma sieste, avec le grand qui commentait à côté, au travail… Je volais du temps pour ça. J’en avais envie.

Et c’est retombé.

Ça a commencé par être difficile de s’y mettre. Je me grugeais, programmais une séance courte ou un mode plus doux, m’engageais pour un jour à la place du lendemain.

Puis là, je n’y arrive plus vraiment.

Le matin, l’idée me plaît mais quand il s’agit de s’y mettre, pfiut, zéro motivation. J’ai raccourci les séances de plus en plus pour en arriver à quasi rien. Cette semaine, je n’en ai pas encore fait, quand bien même j’avais le temps.

Je n’aime pas me sentir comme ça. Retrouver cette mollesse, l’appel à rester allongée ou assise, avachie, à m’enfermer sur mon moi mou.

Et en même temps, je n’arrive pas à me secouer.

Alors je me dis que je m’y remettrai la semaine prochaine. Mais je ne sais pas si je ne suis pas en train de me gruger.

Aujourd’hui j’ai

Beaucoup découpé, collé, bidouillé, mon métier, c’est parfois des activités manuelles de cours préparatoire.

Bouclé des trucs.

Déballé des cartons.

Médité.

Envoyé un colis.

Eu froid.

Pédalé.

Remercié, sincèrement.

Rangé le bordel mis par d’autres. J’en ai marre de ranger le bordel mis par d’autres. Surtout quand ce sont même pas mes gosses.

Quoique, j’en ai aussi marre quand ce sont mes gosses.

Ramassé le plus-si-bébé qui pique de grosses colères.

Fais chauffer mon dos contre un radiateur.

Fais une vidéo pour quelqu’un.

Lu des livres à d’autres qu’à moi.

Pas assez dormi. D’ailleurs, je vais y retourner.

Encore…

Je crois que le pire avec la Fatigue, c’est comme elle envahit tout.

Par exemple, au moment d’écrire, le soir, ici, c’est la seule chose qui me vient. Combien je suis fatiguée. Et lasse. Et un peu écœurée.

Parce que ça plane sur tout. Tout le temps. Sur tout ce que je fais. Et tout ce que je ne fais pas. Elle est là tout le temps. Je me couche avec et me lève avec. (Trois fois par nuit, parce que le plus-si-bébé dort mal ces jours-ci.) Je mange avec, fais mon yoga avec, engueule les enfants avec.

Je suis la Fatigue.