Comment la charge mentale fait des bébés

En juillet, j’ai eu une longue conversation avec Celuiquim’accompagne. A la base, je voulais lui faire comprendre combien je n’allais pas bien et comment sa manière de gérer les choses (ou de ne pas les gérer) et d’imposer ses humeurs – en particulier sa colère – à toute la maisonnée pouvait me maintenir fermement la tête sous l’eau. Assez vite, il a tenté de faire tourner la conversation en petit concours mesquin de qui de nous deux va le plus mal. J’ai réussi à ne pas tomber dans des listes à comparer pour tourner vers une liste commune de ce qui nous pesait.

Il est ressorti qu’il supporte très mal la charge des tâches ménagères, en particulier leur récurrence et qu’elles ne varient pas. A savoir que lui s’occupait à ce moment là du linge et du ménage de l’appartement le week-end. De mon côté, j’ai partagé que ce qui me pesait particulièrement dans les tâches quotidiennes c’était la préparation des repas, en particulier de trouver les idées de menus. Ce qu’il faut faire « en bloc » (c’est-à-dire établir une liste de repas pour 7 soirs, 3 midis) au moment de faire les courses. Tâches qui me reviennent.

On est sorti de cette échange en s’engageant à échanger nos tâches quand cela était possible.

Très peu après, on est parti en vacances. L’organisation étant totalement différente, la question ne s’est plus posées. En rentrant, j’étais toujours en vacances alors que Celuiquim’accompagne avait repris. J’ai donc pris en charge quasiment tout, pendant 10 jours, en étalant sur un peu chaque jour. Pour lui alléger la reprise.

Puis j’ai repris.

Depuis début septembre, les seuls repas que j’ai mangé sans les avoir imaginés et préparés, on était au restaurant. J’ai fait toutes les courses en conséquence. En ligne. Avec livraison. Le mercredi, pendant la sieste des enfants, pour pouvoir être livrée le samedi matin. Pour pouvoir partager le ménage le week-end, alors qu’il faisait jusqu’ici seul pendant que j’étais en mission ravitaillement.

Je me suis aussi occupée de laver et étendre du linge chaque mercredi et les week-ends. Sans avoir tout fait, j’en ai fait la majorité.

Au delà du temps que je consacre à ces tâches, il y a le poids qu’elles représentent dans ma tête. Maintenant, quand je planifie mon mercredi, je cale les horaires de lessive et d’étendage dans le programme de la journée. Quand je regarde la météo, je pense au linge qui sèche ou doit sécher. Quand je mets du linge au sale, je regarde le bac et vois qu’il y a déjà de quoi faire une lessive de noir. Quand je fais les courses en ligne, je sais qu’il faut acheter de la lessive. Et du produit nettoyant anti calcaire. Et des éponges. Alors que tout ça, c’était Celuiquim’accompagne qui devait me le dire, au moment où je partais faire les courses.

C’est exactement comme ça que ça fonctionne, la charge mentale. Et voilà comment elle se transfert. Parce que maintenant qu’il n’a plus à me dire de penser à acheter de la lessive, ceci à totalement déserté l’esprit de Celuiquim’accompagne. Maintenant qu’il s’occupe de plier le linge et de le ranger, il a juste à voir si l’étendoir est plein. Il n’a plus à se demander combien de machine il va falloir faire tourner le week-end, je le sais, j’ai un œil dessus toute la semaine.

Dans toute ça, je n’ai pas encore lu un livre entier en septembre. Comment je ne regarde pas la saison 2 du Bureau des légendes, série que je regardais seule, pendant la sieste des enfants le mercredi (quand je ne faisais pas les courses et n’étendais pas le linge).

Pourquoi, me demanderez-vous sans doute ? Pour améliorer le confort de vie de l’homme qui partage la mienne. Pour éviter qu’il soit en permanence sur les nerfs, se mette en colère deux fois par jour en nous faisant peser ça dessus, à tous les 4. Pour l’aider. Parce qu’il est mon compagnon. Parce que c’est à moi que revient le « care » dans notre foyer.

Voilà comment ça marche, pourquoi on veut cramer des mecs et comment je peux vous dire que mercredi soir de la semaine prochaine, on mangera de la tarte aux aubergines et à la tomate, et des escalopes végétales.

4 réflexions sur “Comment la charge mentale fait des bébés

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