Voilà.

Voilà.

Je suis rentrée.

Y a pas grand chose à en dire.

Il y a des nouvelles têtes. Une cheffe qui restera sans doute toujours un peu nouvelle dans ma tête parce qu’une part de moi se refuse à l’installer fermement à son poste, ça grince trop, manque de liant. Mais bon, fondamentalement, c’est le même bahut. Le même bahut que ces dernières années. Ses nombreuses dernières années.

Je sais que n’importe comment, on va arriver à faire quelque chose. Je sais que j’y laisserai peut-être quelques plumes mais au final, on y arrivera. Je sais que ça ne sera pas forcément du bon boulot. Mais on y arrivera. Je sais que je tomberai probablement malade à un moment donné. Mais on y arrivera.

Voilà.

Je suis rentrée.

Baby steps

Cet été, j’ai pris un an. Depuis pas mal d’années, mon âge ne me pose pas de problème. Je me sens mieux dans ma dizaine que dans la précédente et je vois arriver la prochaine avec un certain intérêt car je constate qu’elle réussit plutôt à mes copines et amies autour de moi.

Cet anniversaire est survenu dans un mois de repos après une année scolaire très rude, un confinement, un bébé qui grandit, un enfant grand qui affine son caractère, et plein de kilos en plus. (Plein…, plein). (Si.)

J’ai reconquis petit à petit quelques heures de sommeil et surtout, surtout, du temps pour moi. Et dans cette reconquête, j’ai ressenti un violent besoin de me rassembler. C’était viscéral, je me sentais… émiettée.

Et c’est passé par un appel à l’aide de mon corps. Je l’ai traité pendant trop de mois comme un simple véhicule pour accomplir les multiples contraintes sous lesquelles j’étais ensevelie.

L’âge me donnant sans doute une certaine forme de sagesse, à moins que ce ne soit l’expérience, j’ai pris le temps de définir ce dont j’avais envie et besoin.

Perdre du poids, je sais faire. Le yoyo aussi, du coup, vraiment bien. J’ai réussi à abandonner, au fil des années, les envies irréalistes, les projections excessives. Je sais comment mon corps est fait. Ce qu’il a traversé. Ce qu’il a accompli aussi. Je connais son histoire et son passé génétique. Et oui, ça compte de se rappeler qu’on rentre rarement dans du 34 quand on a des hanches méditerranéennes et un bassin à porter des triplés.

Ce dont j’ai envie, c’est un équilibre. Et plus que mon poids, travailler sur ma posture. Une petite rando cet été m’a également rappelé sans ménagement que si je ne peux pas demander tout et n’importe quoi à ce véhicule sans rien donner en échange. Ça fait bizarre, je vous le dis, de se retrouver en pleine montagne, les jambes coupées, sur un chemin que votre enfant de 6 ans moins le quart arrive à suivre, lui.

Il y a quelques mois, j’avais commencé à faire du yoga avec une appli. J’ai arrêté pendant un temps puis repris et cet été, j’ai réussi à tenir une séance quasi quotidienne. Des fois juste 10 minutes. Mais dans mes journées, 10 minutes, ça peut être énorme.

Et c’est ça, que j’ai réussi à faire : me dire qu’un peu, c’est bien. Et me féliciter de faire un peu.

Et d’ancrer l’idée que cette fois-ci, je vais faire des peu, mais que je vais ancrer cela dans le temps. Que je vais apporter à ce corps des muscles en profondeur, renforcer son souffle, son cœur. Au lieu de me fixer des objectifs en dates, en kilos, en séries, d’essayer de faire beaucoup au début parce que je suis motivée et que je ne sais pas si je le serai dans un mois. Je me laisse des marges de progression. Mon objectif n’est pas d’atteindre ceci ou cela. Mon objectif c’est de faire au moins un peu, le plus souvent possible. Pour au final avoir apporté ceci et cela à mon corps.

J’ai décidé de me féliciter de tout ce qui va dans le « bon » sens. De ne pas m’attarder sur le pas assez, pas suffisamment, pas correctement, pas comme j’espérais.

Je ne sais pas si ça va me tenir dans le temps mais pour le moment, ça me fait beaucoup de bien.

Ce matin, le plus-si-bébé a pleuré très très très fort quand je l’ai laissé à la crèche. Il ne sait pas encore combien l’auxiliaire de son nouveau service, celle dans les bras de laquelle je l’ai déposé, est une personne formidable.

Je suis partie le cœur et les pieds lourds, les jambes coupées pour la suite de ma journée.

J’ai croisé une maman, ailleurs, plus tard dans ma journée. Son bébé était tout neuf, à peine un mois. Il était minuscule. Ça me fait une drôle d’impression, les tout petits bébés, maintenant. Comme si c’était absurde, que ça n’avait pas de sens. Parce que les miens, maintenant, ne seront plus jamais si petits.

Ce si petit bébé avait le même prénom que mon plus-si-bébé. Il était malade. Quelque chose qui le faisait rendre son lait. A chaque fois qu’il mangeait. Depuis quelques jours.

J’ai aidé un peu cette maman qui n’habite pas dans notre ville et qui était un peu perdue. Après, je me suis dis que je n’en avais pas fait assez, peut-être.

Quand j’ai retrouvé Popcorn à la crèche, ce soir, j’ai longuement respiré son cou. M’étaient revenue, après cette rencontre, les souvenirs de son hospitalisation, à 20 jours de vie, la sonde et les lunettes à oxygène, la bronchiolite.

On fait des gosses puis on étouffe d’amour pour eux. Rien ne m’effraie plus que les problèmes de santé qu’ils peuvent rencontrer, cette impuissance absolue qu’on a alors.

Je ne sais pas comment s’est terminée la journée de cette dame et son si petit bébé. J’espère qu’elle a trouvé à l’apaiser et s’apaiser elle-même. J’aime bien l’idée que le hasard m’ait mis sur son passage à bon escient mais je ne saurais jamais.

Je vous laisse, je vais regarder respirer mon bébé endormi.

25 août. Aujourd’hui essayé de

Profiter des tout derniers jours de vacances n’est jamais chose aisée. Cette année, c’est l’inquiétude particulière des protocoles qui s’installe. Comment accueilleront nous les élèves ? Comment cela se passera-t-il au CDI ? Comment l’épidémie va-t-elle tourner avec cette rentrée ? Comment traverseront nous l’automne ? Et l’hiver ? Comment enseigner masquée ? Il y a tellement de vide là où devraient sonner les réponses qu’il y a comme un écho dans l’anaphore. Profiter des derniers jours, faire rire le bébé, dérouler le tapis de yoga, essayer.

100 mots de la page 100 de…

La libraire de la place aux Herbes, d’Éric de Kermel publié en 2017 chez J’ai Lu.

« Parfois je me dis que les peuples de la Méditerranée ont davantage en commun que les peuples européens. L’histoire a décidé de privilégier la construction de l’Europe alors qu’il s’agit du territoire où sont nées les deux guerres qui ont embrasé le monde. Sans doute était-ce une manière de créer des liens pour empêcher que n’advienne un jour une troisième guerre mondiale. Dans la foulée, le mur de Berlin s’est effondré dans une ville qui était pourtant la Jérusalem européenne et cristallisait l’opposition ente l’Ouest et l’est. Aujourd’hui, l’Est… « 

Home sweet home

On est rentrés.

Seulement 3 d’entre nous.

Je me sens une mère en papier mâché de laisser mon grand fils là-bas mais on a plein d’arguments dans le sens du « C’est mieux y compris pour lui ».

On est rentrés et on a rangé les affaires. Vite, très vite. Effacer les traces de cette semaine, sans doute.

On a parlé en voiture et je me rends compte que cette année, pour la première fois, Celuiquim’accompagne a vécu les choses aussi mal que moi.

Il a décrété que c’était fini, qu’on n’irait plus, pas avec l’Instance Maternelle. Oh, ce n’est pas que la décision appartienne à lui seul de choisir ce qu’on fait de nos vacances mais ce morceau-là, je m’y résigne pour lui, il le sait.

Je me réjouirais s’il n’avait pas déjà tenu ce genre de propos. L’historique me pousse à être au mieux circonspecte. Même si je note que le ton était plus engagé que les fois précédentes.

Une chose étrangement positive de ce séjour, c’est que j’ai retrouvé des petites choses de notre duo qui me manquaient. On a formé une bonne équipe, lui et moi, sur ces 8 jours.

J’ai envie de retenir cela. Les bons moments avec les enfants. Aller voir la Vieille Âme avec Peanuts et Popcorn, l’enfant grand me racontant toutes sortes de choses sur le chemin, le plus si bébé ponctuant certaines envolées de son aîné par des rires, installé dans mon dos. La beauté des montagnes. Les heures à lire, le soir, une fois les enfants enfin couchés, plutôt qu’à céder à la facilité de l’écran. La librairie du petit village d’en bas. La tome de la vacherie de montagne. Le plus si bébé devenant totalement bipède. La descente en luge d’été avec l’enfant grand. Les câlins gratouilles. Le yoga sous la tonnelle.

Quelque chose comme ça.

100 mots de la page 100 de…

Si on chantait ! Ouvrage collectif édité chez Pocket Jeunesse en 2020. Le chapitre 7 dont est tiré l’extrait est écrit pas Stéphane Michaka.

« Quand Philip est contrarié, son naturel british revient au galop. Son menton se redresse, ses narines s’élargissent. Ses phrases font des embardées vers l’anglais.

– Vous embêtez pas à sortir vos clés ! lui lance Ambre. Il y avait un trou dans la clôture, on est entrés là-dedans comme dans un moulin…

Le regard perçant du majordome brille dans un rayon de lune. Ambre s’interrompt, cramoisie.

– Je rater constater par myself, lâche Philip en faisant cliqueter son trousseau de clés comme s’il souffletait le visage d’Ambre.

Led adresse à son amie… «