Je voudrais que le temps s’arrête

On a d’abord trouvé ça loin. Puis ça s’est rapproché.

Ce n’est pas parce que c’était loin qu’on ne ressentait rien. Mais bon, c’est humain, on le vit pas pareil que quand c’est prés.

Puis on l’a vécu différemment parce que c’est devenu franchement très prés.

On a voulu en rigoler. Pas qu’on soit inconséquent·e·s : le rire met à distance.

Mais malgré les rires, c’est devenu tout prêt.

 

 

 

 

 

 

 

 

Alors, c’est devenu moins facile. On a essayé de s’aider, on ne s’inquiétait pas toustes fort pareil, on a répondu aux questions, on a échangé des astuces.

Moi j’étais un peu comme tout le monde. Je regardais l’actualité asiatique avec empathie mais sans grande inquiétude, j’ai blagué, je me suis inquiétée, j’ai été rassurée, je me suis réinquiétée et j’ai été rérassurée.

Puis lundi, j’ai été malade. Et pas que moi. D’un coup, je suis passé de « Je ne connais personnellement personne » à « Je l’ai sans doute et il n’y a pas que moi ». J’ai continué de mettre à distance mais depuis hier soir, je n’y arrive plus. J’angoisse et j’ai vrillé, j’entends tout le rationnel qu’on m’oppose mais la part de moi qui y résiste est devenue trop grande et ça déborde, ça se mélange à plein d’autres choses et les maux de tête qui me battent le cerveau depuis dimanche n’aident en rien.

Le jour, la lumière, les autres humains à travers le Réseau mettent un peu de distance. Je sais déjà que ça n’ira pas bien ce soir.

Je voudrais que le temps s’arrête, ma tête n’est pas prête pour ça.

Note de bas de page :

Les vignettes ci-dessus sont issue de la BD Claude et Morino d’Adrien Albert sur laquelle Peanuts a eu un coup de cœur un jour en librairie. C’est une histoire à l’atmosphère assez étrange, publiée en 2018 à l’Ecole des Loisirs, qui m’a offert la menue douceur improbable de lire à mon fils ainé du Baudelaire cité par des moules. Mais si je suis totalement honnête, ce qui a achevé de me convaincre de l’acheter, c’est la perspective du défi de garder mon sérieux en lisant ceci à Peanuts le soir au couché :

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