Propriété

Je ne choisis pas l’heure de mon réveil le matin. Ce sont mes enfants, mon compagnon, mes horaires de travail qui en décident.

Je ne choisis pas, dans ma journée de travail, à quelle heure je reçois quelle classe, de terminer une tâche avant d’aller chercher les élèves de la perm, de prendre vingt minutes seule au CDI, à quelle heure je prends une pause, mange, termine, ce sont les horaires et les sonneries qui en décident.

Je ne choisis pas à quelle heure je quitte le travail. Que je veuille terminer une tâche, préparer quelque chose pour le lendemain, profiter du temps calme où le collège se vide, il faut que je file récupérer les enfants.

Je ne choisis pas comment repartir mon temps le soir, il faut baigner les enfants, préparer le repas, nourrir le petit, le coucher, nourrir les autres, lire l’histoire, coucher le grand, prendre ma douche. Dans cet ordre, sinon ça ne s’imbrique pas. Je ne choisis même pas forcément à quelle heure je m’endors, entre les fois où malgré moi je puique du nez sur mon livre ou devant la télé et celles où je me tourne longuement, incapable de m’endormir malgré l’épuisement.

Je ne choisis pas mes horaires le week-end. Ils sont ceux de ma famille. Du bébé, de l’aîné et de mon compagnon. Je suis le parent par défaut. Je dois donc négocier mes heures avec mon co-parent. Alors que lui choisit son temps et que je tricote autour.

Je ne choisis pas vraiment mes horaires le mercredi, je me cale sur ceux des enfants. Je sors où et parce qu’ils ont besoin de sortir. Je mange à leurs heures. Me pose à leurs heures. Interrompts mes pauses à leurs heures. Je ne choisis pas mes activités, je pioche dans les leurs et dans celles qu’ils me laissent accomplir pour la durée que je leur arrache.

Je ne suis pas propriétaire de mon temps.

3 réflexions sur “Propriété

    • Celuiquim’accompagne n’est pas d’accord sur le principe, il dit qu’il n’y a de parent pas défaut. Je n’arrive pas expliquer que je ne remets pas en question le fait qu’il s’occupe de nos enfants.

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  1. Sans utiliser ce vocabulaire-là, alors, si c’est ça qui le heurte. Juste dire que ça t’ennuie de devoir demander pour avoir du temps à toi. Ou dire que tu préférerais qu’il demande avant d’en prendre pour lui, au choix. (Je ne dis pas que c’est simple, TRÈS loin de là. Mais je sais aussi que si on en parle pas ça ne change pas, en général.)

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