Menues et moins menues douceurs du jour

Marcher dans la rue avec Peanuts sur son vélo en chantant « Ah tu sortiras Biquette, Biquette ».

Apprendre que j’ai participé à faire découvrir les livres d’Anne-Laure Bondoux à une copine twitteuse.

« Maman, si tu veux jouer avec moi c’est maintenant ou jamais ».

Danser dans la salle de bain avec Popcorn pour calmer ses pleurs d’être sorti de l’eau en chantonnant « Shake shake shake Sinora »

« Maman, viens, je te fais un bisou ».

Les bouilles de Popcorn qui gouttait du pain pour la première fois.

Être tombée juste avec un cadeau d’anniversaire.

La caissière qui m’a fait une réduction « Parce que vous, vous êtes toujours aimable ».

Me rendre compte à quel point j’ai changé mes habitudes et me passe de plus en plus de la voiture.

Le bébé qui rit en regardant son frère.

Partager la lecture de l’épisode de Zouk la petite sorcière qui a du caractère du numéro des Belles histoires de ce mois-ci avec les deux enfants.

Jouer à manger Popcorn avec Peanuts. « Je peux avoir une cuisse de bébé ? »

Dessiner le marchand de sable.

Que Peanuts ait trouvé la fève sans que personne ait triché.

Popcorn qui se fait rire tout seul en jouant.

 

 

La recette du gâteau au chocolat préféré.e* de Peanuts

*Celle qu’il préfère réaliser et celui qu’il préfère manger. Qu’elle est archi simple et qu’on ne peut pas la rater.

Ingrédients :

  • Chocolat noir pâtissier : 200 g
  • Beurre : 100 g
  • Oeufs : 3
  • Farine : 50 g
  • Sucre : 70 g (Quantité rectifiée par rapport à la recette d’origine)

Recette :

1/ Préchauffer le four à 180°.

2/ Faire fondre le chocolat et le beurre. Mélanger.

3/ Par ailleurs, battre ensemble les œufs et le sucre. Puis ajouter la farine et mélanger.

4/ Mêler les deux mélanges.

5/ Beurrer les moules, verser l’appareil et enfourner 15 à 20 minutes.

Astuces :

Dans un moule à cake (et mon four), le cœur est fondant à 18 minutes.

Quand les grands-parents ont offert à votre enfant son poids en chocolat de Pâques, vous pouvez en mettre dedans. On a testé ce gâteau au chocolat aux chocolats. C’est très chocolat. (Donc c’est bon).

 

 

 

15 janvier. Aujourd’hui j’attends

Je mouche, je change, je nourris, je mouche, je soigne, je câline, je mouche, j’allume la télé, je négocie, je mouche, j’occupe, je m’occupe, je mouche, je porte, je joue, je mouche, je déplace, je fais rire, je mouche, je range, je jette, je mouche, je taquine, je téléphone, je mouche, je réponds, je répète, je mouche.

Mais dans le fond, j’attends surtout que la journée passe.

100 mots de la page 100 de…

Arsène Lupin : l’Aiguille Creuse de Maurice Leblanc (texte de 1964, édition. Le livre de poche jeunesse, 2002, pour mon exemplaire).

« … tenir au cours de ses opérations. M. Filleul écrivait, son greffier assis en face de lui. Sur un signe, le greffier sortit, et le juste s’écria :

 » Mais qu’avez-vous donc, monsieur Bautrelet ? Vos mains sont en sang.

– Ce n’est rien, ce n’est rien, dit le jeune homme… une simple chute provoquée par cette corde qu’on a tendue devant ma bicyclette. Je vous prierai seulement de remarquer que ladite corde provient du château. Il n’y a pas plus de vingt minutes qu’elle servait à sécher du linge auprès de la buanderie.

– Est-ce possible. »

13 janvier. Aujourd’hui ce qui ne fonctionne pas

Aujourd’hui, ce qui ne fonctionne pas ce sont les bronches du bébé, pas comme il faudrait, alors branle-le bas alors que la journée semblait sur ses rails, les Urgences, les chiffres sur l’écran que j’ai tellement surveillés quand son âge ne se comptait pas encore en mois que je les identifie trop vite, les médecins. Paf diagnostique : bronchiolite.

Ce qui ne fonctionne pas, c’est la réaction de ma hiérarchie, c’est le truc censé garder l’eau à l’intérieur de mes yeux, c’est le boulot qui s’accumulera pendant les 8 jours à venir où je vais garder mon enfant malade.

Ce qui ne fonctionne pas c’est mon bon vieux réflexe de culpabilité et ça c’est pas dommage.

Citation

« Les horaires de la vie devraient prévoir un moment, un moment précis de la journée, où l’on pourrait s’apitoyer sur son sort. Un moment spécifique. Un moment qui ne soit occupé ni par le boulot, ni par la bouffe, ni par la digestion, un moment parfaitement libre, une plage déserte où l’on pourrait mesurer pénard l’étendue du désastre. Ces mesures dans l’œil, la journée serait meilleure, l’illusion bannie, le paysage clairement balisé. Mais à penser à notre malheur entre deux coups de fourchette, l’horizon bouché par l’imminente reprise du boulot, on se gourre, on évalue mal, on s’imagine plus mal barré qu’on ne l’est. Quelques fois même, on se suppose heureux ! »

PENNAC, Daniel. Au bonheur des ogres. Gallimard, « Folio », 1985. p. 258

Quelques mots de…

Les Riches Heures de Jacominus Gainsborough de Rébecca Dautremer (Sarbacane, 2018)

« Alors Beatrix Gainsborough lui faisait remarquer : « Just à world of pain, Sweety !  »

Et comme Jacominus n’y comprenait rien, elle ajoutait : « Celui qui n’a pas ce qu’il aime, doit aimer ce qu’il a ! »

C’était une grand-mère bilingue, loquace et philosophe. »

9 janvier. Aujourd’hui tentative de liberté

Chanter dans la rue, danser, crier, serrer dans ses bras des personnes qu’on voit peut et qu’on aime pourtant, marcher, traverser, se déverser, du trottoir à la chausser, et réciproquement, sans se soucier des feux, rire au nez d’uniformes bleus marines, embrouiller le ciel à la fumée des fusées de détresse, rire, gueuler, on lâche rien et motivés, insulter Manu et virer symboliquement Philippe, discuter un bout avec des inconnus, soulever 121 essuies glaces pour finir la pile de tracts, expliquer mal et en anglais, se rappeler « against », « law » mais pas réforme, ni retraite, réussir à formuler maladroitement, on s’est comprises, on s’est saluées, échanger sur WhatsApp « Mais où vous êtes ? C’est fou ! Ce monde ! », applaudir les avocats, faire la révérence aux hospitaliers, faire du bruit avec les traminots, badger un autocollant féministe sur son sac, un autre pour les 32h sur sa cuisse, redevenir un temps rouge et verte, échanger encore. On n’est pas content, Manu, et quand on est tous.tes ensembles, on est libres et terriblement puissant.e.s.