Béchamel

Je n’aime pas les entre-deux. Ces temps où on a terminé mais pas encore commencé. Cette attente qui se meuble de mou.

Je suis en plein entre-deux.

Les vacances sont terminées. Le congé maternité est terminé. Vivre aboutée à mon bébé est terminé.

Mais le travail n’a pas commencé. Les journées à la crèche n’ont pas commencé. L’école pour Peanuts n’a pas commencé.

Je m’occupe de formalité, je règle des rendez-vous médicaux, je prépare des cartables, j’adapte Popcorn à la crèche (à moins que ce ne soit moi), je fais des listes, je prévois, j’anticipe, je fais en sorte que les journées passent. J’aurais préféré que tout cela se condense en sur une journée. La « méthode sparadrap » pour me séparer de Popcorn : hop je le laisse, hop je file, hop je vais m’occuper tant et tant pour ne surtout pas y penser. Savoir là, déjà, mon travail, mon emploi du temps, l’état du CDI, les nouveaux collègues, la nouvelle Direction. Que mon grand-fils soit avec nous plutôt qu’en vacances encore ailleurs. Que le rythme soit pris. Que j’ai retrouvé Popcorn souriant le soir.

Je n’aime pas les entre-deux, je suis la béchamel qui dégouline entre les tranches du croque-monsieur, je me liquéfie de stresse et d’impatience, je me répands et je me sens coincée.

Le chemin est fait dans ma tête. Je suis prête. Je n’ai pas envie de tout, mais je suis prête. A confier mon tout petit, à gérer la rentrée de mon un peu plus grand avec lui, à retrouver mes élèves, mes collègues, mon lieu de travail, à défendre mon emploi du temps, à me dépêcher pour démarrer la journée de travail, à la mener tambour battant, à courir le soir de garderie en crèche en bains en cuisine, à organiser les repas de la semaine à l’avance, à corriger des copies d’une main en berçant le bébé de l’autre, à pester contre le temps de télé, à rire entre midi et deux sur le canapé de la salle des profs, à improviser des formes dans la pâte à sablés pour que Peanuts accepte ça plutôt que des biscuits industriels pour partir à l’école, à lire les 67 livres des différents défis lecture en piquant du nez toutes les 8 lignes, à reprendre le vélo pour aller travailler, à maudire la pluie, à tenir les comptes serrer parce qu’il va falloir la payer, la crèche, bref, à me prendre ce mois de septembre de plein fouet.

Mais pu… pétard, ce que je n’aime pas les entre-deux.

 

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