A point nommé.

L’hiver est doux.

Il est installé : neige dans les montagnes, arbres en deuil, joues piquetées, kleenex, baumes à lèvres au fond des poches, soupes dans les marmites.

Mais.

Le linge sèche au soleil.

Les radiateurs ronronnent en sourdine.

Les doigts sortent nus. Les orteils aussi, du lit.

Cet hiver ne mord ni ne plante, n’engouffre ni ne sombre, n’attaque ni ne cingle. Il s’étale, se déballe, se tartine, finesse, grâce, diplomatie.

Je remonte la frise, épingle les souvenirs. On est en juillet, on est en août, on est été. Bas sont les ciels, étriquées les températures, rabougrie la saison. Sous mon nombril, un bébé danse. En juin mon corps s’éteignait dans la chaleur, la tension s’affaisse, je m’affale, on s’affole. Un frais été m’est doux, un doux m’eut effrayée, je savoure cette météo.

Ellipse contournée, je goutte à nouveau de n’être rudoyée, alors que danse un autre tout pareil. Que la lumière ne manque, que l’humidité se rationne, qu’il fasse bon sortir.

Et c’est un peu comme si les cieux, les petits peuples ou les petits dieux, l’ordre des choses, je ne sais, comme si on me glissait que tout cela, ces bébés, moi, nous, tout arrivait, les bons moments, à point nommé.