Envies de

On n’est pas encore tout à fait en janvier mais je voulais me lancer dans ma liste d’envies pour la nouvelle année.

Si personne ne peut prédire précisément de quoi 2019 sera faite, ici, on sait déjà que beaucoup de choses vont changer au printemps.

J’ai beaucoup de mal à projeter. Pas que je manque de souvenirs concernant la naissance de Peanuts mais parce que dans tous ces souvenirs, il est seul enfant à bord et que peu de choses restent transposables tels quels pour Popcorn. Je m’apprête donc à me lancer dans la nouvelle année avec une grosse part de « On verra bien ! » (qui, quelque part, est un mantra qui fait ses preuves depuis que nous sommes parents).

Et cela ne m’empêche pas d’avoir des envies pour la nouvelle année. J’en parlais en janvier 2017, des envies plutôt que des résolutions. Ça m’engage sans risquer de me mettre en échec, c’est plus doux, de moi à moi.

Pour l’année qui vient, j’ai envie, en vrac et sans hiérarchie…

J’ai envie de soigner la lecture. Je ne vise pas d’aligner des quantités importantes, ni même de m’attaquer à un défi – bien que j’ai beaucoup aimé participer à celui de Dame Ambre cette année – qui pourrait donner des limites : je sais qu’avec un nourrisson, elles seront nombreuses. Mais je sais aussi que les chiffres nous aident, la part de mon cerveau légèrement toqué de nombres et moi. Alors voilà ce que j’ambitionne : 60 livres dans l’année, dont 30 qui ne soient pas de la littérature jeunesse et dont la moitié de ma Pile à Lire dans son état actuel (et sur lequel je pourrais être plus précise dès qu’elle ne sera plus cachée par le sapin de Noël).

J’ai envie de retrouver l’écriture. Fiction ou non, je l’ai totalement délaissée depuis plusieurs mois. Certes j’écris des lettres, des compte-rendus, des projets, des bilans, des tweets, des pouets (et encore), mais je parle de l’écriture qui fait le lien direct entre toutes les choses qui font que je suis moi et les mots. Posts de blog, jeux d’écriture, micro défis, idées à venir, à la main ou sur clavier, peu importe : 30 textes, que je publierai… ou pas. L’important, c’est de les créer, quitte à me forcer un peu parce qu’en écriture, ça me réussit souvent.

J’ai envie de progresser dans nos démarches que je regrouperai sous l’étiquette à guillemets « écolos ». En cette fin d’année, je me suis penchée sur le « zéro déchet » de près et je suis en mesure de déclarer… qu’on n’est pas prêts du tout à se lancer dans cette démarche là de manière… comment dire… réellement significative. Pour autant, je pars du principe que tout ce qu’on produirait en moins serait toujours ça de pris. Et cela concerne aussi nos émissions de CO2. Alors sans prétendre sauver la planète à moi toute seule ni même réaliser quelque chose de… voyons… grand, je veux mettre en place 12 pratiques au moins qui me permettront de réduire nos déchets et/ou notre production de CO2, dès cette année et de manière durable.

J’ai envie de faire la paix avec mon épilepsie. Je ne sais pas encore comment m’y prendre. Je comprends juste que cette colère que je ressens contre elle, contre moi, contre la situation, même si elle n’est pas permanente, ne rime à rien et m’use. J’ai envie de trouver comment m’autoriser à ce que les crises surviennent, même quand ce n’est pas le bon moment, même quand ça gâche des choses, et à vivre sans me limiter à cause du risque de crise. J’ai envie de trouver comment ancrer en moi que si je fais une crise au restaurant en amoureux un soir ou au cinéma en famille, au moins, j’aurais essayé d’aller au restaurant en amoureux un soir ou au cinéma en famille. Parce que plus ça va, plus je m’interdis de choses parce qu’il serait possible qu’une crise survienne. Certes, elles se tiennent davantage tranquilles ainsi. Mais est-ce une vie ? Parce que si je réfléchis au pire, et bien au pire je fais une crise. Ça ne sera pas la première fois, c’est un moment long et désagréable – très long et très désagréable quand je suis en plein dedans – mais c’est un moment.

J’ai envie de ne pas me perdre. Je sais qu’à un moment donné, je vais être prise dans un tourbillon. Je sais que je vais retrouver la Fatigue, qu’il va y avoir ces moments où rien ne va, que je vais sans doute pleurer d’être à bout. Je sais que ça va durer, que ça semblera ne jamais devoir s’arrêter. Je sais que je vais être abattue, découragée, sans doute perdue, peut-être en colère. Je sais aussi que je vais être heureuse, que tout cela a du sens, qu’il y a une fin à cette période et qu’il y a du bon, du chouette, du doux à l’intérieur de cette période aussi. Je sais que je vais me mettre de côté, parce que c’est plus facile, parce que une part de moi pense moins compter que les autres. Lizly, pense à venir relire ceci : ne te perds pas, ne t’écarte pas de toi-même, tu comptes. Et rappelle toi que pour prendre soin des autres il faut commencer par prendre soin de toi et que tu es celle sur qui compter pour ça.

J’essaierai d’écrire ici à propos de tout ça. Je sais déjà que l’écoulement du temps sera différent cette année alors je ne m’engage pas à cela. Disons que c’est un souhait.

Et maintenant, 2019, il n’y a plus qu’à !

Et vous, quelles sont vos envies ?

 

All I want for Christmas

Noël, ça fait des années que j’en parle sur mes blogs successifs, parce que ça fait des années que c’est compliqué. Il y a la famille, il y a la belle-famille, il y avait celleux qu’il n’y a plus, il y a ce que j’aimerais faire, ce qu’on peut faire, ce qu’on ne peut pas faire, ce que les autres veulent faire, ce que les autres ne veulent pas faire, il y a les histoires individuelles, les histoires familiales, l’histoire de l’enfance de Peanuts qui se construit…

Voilà un moment que je me suis lancée dans la reconquête de Noël. Il fallait reconstruire et comme souvent pour cela, il fallait d’abord déconstruire. Il fallait trouver des pistes, les suivre, revenir sur mes pas. Il fallait composer, deviner, lâcher prise, créer des liens et des connexions.

Et c’est maintenant que le Noël de cette année est terminé que je me rends compte que ça y est, j’ai réussi.

C’est passé par les ami.e.s.

C’est passé par les rituels.

C’est passé par des priorités personnelles.

Déjà, j’ai commencé à préparer Noël tôt. Fin octobre, car cette année, j’ai préparé un calendrier de l’Avent pour Peanuts. C’est quelque chose que je n’ai jamais eu mais j’aimais bien l’idée et j’ai aimé égrainer décembre avec lui et les petites pochettes cadeaux préparées en douce, d’autant qu’il a vraiment bien joué le jeu. J’ai glané les petites surprises ici et là, ça s’est étalé dans le temps et c’était chouette à construire.

J’ai aussi pris le temps de choisir mes cadeaux, en ligne pour beaucoup, d’être certaines d’être livrées à temps et de pouvoir expédier itou. Je me suis, une nouvelle fois, offert d’offrir, de faire des cadeaux à toutes les personnes à qui j’avais envie d’en faire, même petits. Des amies ont proposé un Secret Santa et c’était bien chouette, cela, aussi.

J’ai emballé des paquets en regardant Love Actually un vendredi après-midi avant de chercher comment cacher toutes ces choses sans que Peanuts ne tombe dessus par hasard.

J’ai chassé les sapins en photo avec une amie tout au long du mois.

On a installé le nôtre, de sapin le soir de l’anniversaire de Peanuts, tous les trois, après qu’il ait eu sa journée à lui. Il a voulu le faire multicolore et on a accroché toutes les décorations qu’on avait. Et c’est le plus beau qu’on ait jamais eu.

On a passé le réveillon entre nous trois-un-peu-quatre et c’était parfait. Le 25, on était chez ma belle-mère. Le 26, dans la famille du côté de mon beau-père.

On a glissé des cadeaux en douce sous le sapin, entendu crier « Il est passé ! Maman, Papa ! Il est passé ! », pris des photos en pyjamas. J’ai été vraiment gâtée par des personnes qui montrent qu’elles me connaissent décidément vraiment bien.

Je comprends, maintenant qu’on en sort, que ce qui est réussi, c’est que Noël ne tourne plus autour de deux dates. C’est devenu une période, une manière d’entrer dans l’hiver, et ça a beaucoup apaisé l’enjeu autour des repas en eux-mêmes.

Reste ma famille avec qui cette année nous nous réunirons le 13 janvier. Je veux bien faire durer un peu l’esprit de Noël, mais là je sais déjà que c’est trop me demander. Mais, bien, tant pis. Je vais continuer de travailler à mes Noël avec ce que je maîtrise et peux décider. Et cette année, et bien, ça a marché !

Mes mots

C’est compliqué, les mots et moi, en ce moment. Les mots lus, un peu. Les mots écrits, surtout.

J’ai des difficultés à ressentir et transcrire, à traduire en lettres, en phrases. Les mots me fuient, les mots m’échappent, les mots s’agitent par delà moi. Je ne sais pas, je n’y arrive pas.

Peut-être est-ce parce qu’il est question de nommer. Je coince sur ce prénom. Pas qu’on n’arrive pas à s’accorder, non, même déjà moi, je ne trouve pas ceux, celui au moins, qui me ferai.en.t dire « oui ! » Et c’est un peu comme si tous les mots restaient en attente de celui-là.

Alors je tourne et je tâtonne, j’use d’artifices quand il faut forcer les choses, dictionnaire des synonymes pour remplir mes bulletins, « champ lexical » demandé à qwant pour mes résumés professionnels, motbis poussé dans ses retranchements, et puis j’attends. Je cherche. Dictionnaires couleurs layettes, sites internet roses et bleus malaisants, traquer le tilt à coup de critères et restrictions et de recherches.

Peut-être, mmmh, non, ah ?, euh, plait-il ?

Et alors que ce prénom m’échappe, sous mon nombril, les mouvements se sentent plus amples et francs, ici puis là. Non, on ne tient pas le prénom mais en ligne, déjà, je l’ai nommé et ici, il s’appellera Popcorn.

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