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Jeudi citation

« Vivre c’est formidable mais ça n’est pas sérieux, ça n’est pas grave. Il faut fuir la gravité des imbéciles, il faut fuir ça de toutes ses forces. C’est une aventure, c’est presque un jeu »

Jacques Brel

 

Jeudi Top 5

Les 5 personnages de livre avec lesquels je voudrais boire un thé

  1. Ophélie, La Passe-Miroir de Christelle Dabos
  2. Tiphaine Patraque, Les Annales du Disque Monde, Terry Pratchett
  3. Le Fou/Ambre, L’Assassin Royal et Les Aventuriers de la mer de Robin Hobb
  4. Siméon Morlevent, Oh Boy ! de Marie-Aude Murail
  5. Le Chapelier fou, le Lièvre de Mars et le Loire, Alice aux pays des merveilles de Lewis Caroll

Et vous ?

 

Jeudi une photo

Jeudi 100 mots de la pag e 100

« Ensuite il y avait un autre couplet et l’on reprenait le refrain. et voilà que le frère José s’endormit pour de bon. Il avait même la tête inclinée. Personne n’avait le courage de le réveiller. Même pas les autres frères comme ça aurait dû normalement se produire. Mais non. quand sonna la clochette de l’évangile et que tout le monde avait déjà terminé et commençait à s’agenouiller, le frère José se réveillât en sursaut et entonna tout seul :

Volez, volez, céleste messagers,

Vers Joseph à toutes ailes accourez…

Ce fut un désastre. Un éclat de rire général. Il fallut que… »

VASCONCELOS, José Mauro de. Allons réveiller le soleil. Le Livre de poche jeunesse, 1985. Traduction d’Alice RAILLARD.

Pix : Bosmanerwin, StockSnap et VaniMasaro via Pixabay

 

Pas solide

Je ne me sens pas solide.

C’est presque toujours comme ça après une crise. Je me remets à douter de moi, de ma capacité physique à faire les choses, j’appréhende d’être mal à des moments importants, j’ose encore moins me lancer, je rentre bien profond à l’intérieur des frontières de ma zone de confort.

J’ai fait une crise la semaine dernière, seule à la maison. Depuis combien de temps n’avais-je pas toute une soirée et une nuit entière seule devant moi ? Je ne sais plus. Ça datait d’Avant, celui au A majuscule qui désigne les années que l’on n’a pas partagées avec Peanuts. Je n’avais rien prévu d’extraordinaire : plusieurs épisodes de série, une pizza, dormir au milieu du lit. J’ai regardé un peu ma série, en tremblant, en interrompant les épisodes quand je ne tenais plus en place, j’ai maudit mon corps, ma neuro, parce que dans ces moments-là il me faut des coupables, ma colère s’attache à l’extérieur, ne revient en boomerang contre moi-même que le lendemain. Depuis combien de temps n’avais-je pas fait une crise alors que j’étais seule ? Je ne sais plus. C’est bizarre combien c’est pire alors que personne ne peut rien faire de plus. Si ce n’est être là. Comme quoi, c’est important d’être là. 

Je ne me sens pas solide, j’ai envie d’entrer tout au fond de moi-même tout en ayant envie de m’extraire de ce corps là. C’est détestable comme dichotomie.

Ça va durer un temps. Je vois ma neurologue mercredi alors ça durera au moins jusque là et sans doute les jours qui suivent. Puis je vais oublier un peu, jusqu’à me faire faucher, de nouveau. Des fois je me demande combien de temps encore je vais pouvoir supporter ça, reprendre confiance jusqu’au prochain coup dans le dos. Puis je me rappelle que je n’ai pas le choix. Parfois je m’imagine que ça va se régler, comme la neuro le dit, avec le temps. Puis je me rappelle qu’elle avait dit que c’était sans doute l’affaire de quatre ou cinq ans. Il y a 9 ans.

Ce n’est pas évident de s’aimer, dans ces moments là, vous savez.