2 juillet : aujourd’hui elle ressemblait à

Aujourd’hui, elle ressemblait à une fille que j’ai connu, cette nana qui était moi, à côté de ce poney. Ça n’a duré que quelques pas, l’enfant s’est effrayé. Mais j’ai recconu dans mon corps cette mémoire des gestes. La main sur la longe, celle à l’embouchure du filet, le noeud d’attache ni trop long ni trop court, la chaleur d’un souffle dans ma main, la peau si douce derrière les naseaux sous ma paume. Il a dit stop, a voulu mes bras et à cet instant j’ai eu envie de fuir. Il n’est sans doute pas assez grand, le mouchoir que j’ai mis là dessus.

Aujourd’hui clés

« Non c’est moi ! » est devenu la phrase fétiche. Elle allie ce « Non ! » qui pourrait être son étendard et ce « Moi moi moi » dont il se gargarise. « Non c’est moi ! » entendez suivi de « qui le fait ».

Concentré, il pointe vers la voiture et appuie, souriant de toutes ses seize dents quand les phares clignotent et que les rétroviseurs s’écartent. Il grimpe ensuite, encastrer son précieux dans le logement du tableau de bord. Préalable sans lequel il ne me faut plus imaginer l’installer dans son siège.

Les jours sans voiture, c’est le trousseau festif. « La toute pitite » qui ouvre la boite à lettre, « la grôsse » (voix grave et ronde) pour la porte d’entrée, « la jône » pour l’immeuble et depuis quelques semaines « la pitite tourne » pour l’antivol du vélo. « Et ça c’est quoi Môman ? », la clé de la cave si rarement utile.

« – Tu me rends mes clés ? – Non c’est moi ! – Tu veux de l’aide ? – Oui Môman. Tous les deux ! » Bon sang, qu’il devient grand.