Les gens sont sympas

Les gens sont sympas.

Je vis dans une grande ville avec un petit bonhomme bourré de l’énergie, l’égocentrisme, le volume sonore et la défaut d’habilité propre à son âge. Un petit gars qui refuse de donner la main dans la rue, fonce droit devant lui sans prendre en compte les orteils des passants, s’exclame à tue-tête quand il est content, demande « C’est quoi ça ? »  sans discrétion aucune quand une personne passe dans son fauteuil roulant (le « quoi » désignant, nous sommes d’accord, le fauteuil, hein), commence à discuter avec quelqu’un et s’en va au milieu de l’échange parce que lui en a fait le tour, fait une moue boudeuse quand on lui parle et qu’il ne veut pas répondre.

Et moi, je suis là en satellite. Je réponds que c’est un fauteuil roulant qui aide la personne à se déplacer, je « tourne à gauche, là. Là ! Oh, ben tu as raté le virage. On va traverser là. Stop, tu m’attends. C’est vert, on y va. Tranquille » tout le long du trajet, je « chhhh » en riant un peu, je l’excuse, le rattrape, lui demande un au revoir « avec la main, si tu préfères », et souvent aussi, je laisse passer. J’essaie de concilier les règles de politesse et le respect que je tiens à avoir, à ce qu’on lui montre, sur ses envies et non envies (après tout, on n’a pas forcément envie de discuter avec des inconnus dans la queue à la caisse, pourquoi je le lui imposerais ?)

Et tout de même, il faut bien le dire, les gens sont sympas.

Celui qui sourit en le voyant courir et me lance « Ah, la joie de vivre ! » alors que j’accélère derrière lui. Cet autre, sourd, qui a ramassé le chapeau tombé, l’a remis sur la tête de mon enfant porté au dos, me demandant si ça allait, tout cela avec des gestes et des mimiques de nos deux côtés. Celle qui laisse une place dans le tramway. Celui qui taquine gentiment. Celle qui donne toute l’importance du monde à « l’est parti le pigeon » tonné comme s’il annonçait la fin des temps. Celleux qui s’écartent, laissent passer, le sourire aux lèvres.

Je ne tiens pas de compte mais il me semble bien qu’iels sont bien plus nombreux que les autres. Vous savez, les gros yeux, les soupirs agacés, les remarques, les injonctions. Qu’on récolte, Peanuts et moi, beaucoup de positif et de bienveillance. En tout cas, iels me réconcilient un peu avec ma ville. Celle qu’elle est par ses habitants. Et le fait qu’elle soit très ville, ce qui chagrine la petite fille ayant grandi dans un village devenue maman superposant un peu ses souvenirs heureux à ce qu’elle aimerait pour son petit. Et ça fait du bien, tout ça.

Celui qui le laisse saisir une clé à pipe et bidouiller dans le moteur…

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