De loin

Je me tiens loin. Non, on me tient loin. Les gens, les choses, les moments, les contraintes, les pas le temps, les trop tôt le matin. On me tient loin alors que j’ai recommencé à écrire des bouts de post dans ma tête. Sans m’en rendre compte. Sous ma douche, dans ma voiture, dans les brumes d’avant dormir. Comme ça.

J’ai envie de vous parler de, de vous raconter, de vous demander. Et maintenant que j’ai un peu le temps, ou que je le vole à celui qui devrait être consacré à mes corrections (que de copies est faites une année scolaire), je ne sais pas forcément comment le dire.

Alors je vais le dire comme ça vient.

J‘ai inscrit Peanuts à l’école. Enfin presque. Je dis « j’ai » parce que Celuiquej’aime ne s’est pas déplacé en mairie, il n’a pas photocopié les documents, il ne s’est pas redéplacé en mairie, il n’a pas appelé l’école, il n’a pas discuté devant le portail avec la dame de l’accueil, il n’a pas séché les larmes de Peanuts implorant « Moi veux l’écoooole ». Mais c’est lui qui finalisera auprès de l’école en question mardi, parce que les rendez-vous sont le mardi, parce qu’ils sont en journée, parce que c’est penser pour des parents qui ne travaillent pas ou alors qui ont des facilités à se libérer. « Je peux éventuellement demander l’autorisation pour un rendez-vous à 16H » m’a gentiment proposé l’agent. Mais quels horaires de travail ont les gens ? Enfin, tout est arrangé avec celui de nous deux qui ne posera pas de lapin à 23 élèves et une collègue de français en pleine semaine de la presse et des médias dans l’école.

Bref, on inscrit Peanuts à l’école, c’est bien plus juste dit comme ça. Ça m’enthousiasme plus que ça ne m’effraie, avec cette confiance en lui que j’ai depuis sa naissance et dont je ne comprends pas forcément l’origine. Je suis convaincue qu’il peut faire cela, être un enfant qui entre à l’école. Juste parce que c’est lui, que ce gamin m’épate depuis une aurore de décembre, que je ne m’attends pas à ce qu’il ne rencontre aucun problème mais parce que j’ai confiance en ses capacités à les surmonter, à nous faire comprendre comment on peut l’aider, à nous faire avancer.

Parce que je reste louve aussi et qu’une toute petite part de moi n’exclut pas, peut-être, d’arracher la tignasse d’un maître ou d’un parent d’élève si ça s’avère nécessaire.

Un jour vous le mettez au monde et trente seconde plus tard, vous l’inscrivez à la maternelle. Il grandit, il grandit, il grandit et sans doute que je puise mon enthousiasme à celui qu’il met à grandir, justement.

J‘ai dévalisé un site de livres d’occasion que je n’avais pas encore testé et acheté en une fois 21 centimètres de lecture qui n’appartiennent ni à la littérature jeunesse, ni à la fantasy, ni à mon boulot. C’était une de mes envies de début d’année, renouer avec la lecture pour moi seule, bouleverser un peu mes habitudes récentes. Cela va, je les compris depuis, avec cette sensation que « le niveau baisse ». Je ne joue plus à me bouleverser par une lecture, un film, une exposition, une pièce de théâtre. Je reste positionner tranquillement dans ma zone de confort, pas d’émotions plus qu’il n’en faut pour une œuvre de l’esprit. Je dois me secouer, je deviens vieille avant d’avoir à l’être. Voilà tous ces titres comme une promesse empilés sur mon bureau. Le plus dur, maintenant, c’est de choisir.

J’aime leurs couvertures marquées, leurs rides. Je n’ai jamais eu le goût exclusif du livre neuf, je n’ai jamais tant soigné les miens. Mes livres, je les traine, les trimballe, les vis. Paradoxe professionnel, je suis dans ma pratique l’opposé de ce que j’offre à mon public. Peut-être vais-je tirer au sort.

J‘ai commencé à méditer. J’y songer de loin puis Shaya en parlait sur la ligne de l’oiseau bleu. Elle m’a mis le pied à l’étrier.

J’ai débuté plusieurs posts enthousiastes à ce sujet dans ma tête. La pratique en elle-même demande encore que je l’apprivoise, c’est certain. Je ne sais pas si l’exercice en lui-même m’apporte quelque chose. Mais ce rendez-vous avec 10 minutes à me consacrer, 10 consécutives avec le pari de ne pas être interrompue, 10 minutes à m’écouter. Puis, je ne sais pas, ma gamme a cafouillé. J’ai sauté une séance, me suis égarée sur le chemin de la suivante, puis laissé passer trois jours. Je ne veux pas laisser les choses ainsi. Je me heurte une fois de plus à cette quasi incapacité à garder une pratique quotidienne qui me soit positive.

Je veux y revenir. Et j’en reparlerai sans doute.

Je vis plein, je fatigue beaucoup, et comme à chaque printemps, je me retrouve lentement en comprenant seulement que je m’étais égarée.

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4 réflexions sur “De loin

  1. Alors pour la méditation, je le vis un peu comme le Bullet Journal pour l’instant, certains jours je ne m’en sers pas mais – pour l’instant – j’y retourne toujours. Et je ne me culpabilise pas de passer mon tour (certaines fois volontairement, pas juste par manque de temps), par contre les jours difficiles j’ai vraiment décidé de m’appuyer sur cette outil pour faire un pas de côté. J’espère que tu vas y trouver ton rythme, pas forcément quotidien mais pas forcément trop lâche non plus.

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  2. Ce que je n’aime pas c’est ne pas faire par pure flemme alors même que je pense que ça me ferait du bien. Mais je vais trouver mon rythme et mes manières de faire, je n’en doute pas.

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