Soldée

J’ai fait les Soldes et j’ai acheté 22 articles, allant du débardeur à la paire de sandales en passant par des boucles d’oreilles fantaisie. J’ai dépensé des sous qu’on n’arrête pas de dire qu’on n’a pas mais qu’on trouve quand on n’a pas envie de faire à manger et qu’on commande des pizzas. Et j’ai répondu à des mois de frustration en matière de vêtements.

Et je l’ai fait pour moi.

Parce que, voyez vous, j’ai eu une année difficile. Difficile parce qu’être la mère d’un enfant de 9 à 18 mois, ce n’est pas facile, hein, j’enfonce une porte ouverte. Que les gens autour de moi acceptaient de dire que ce n’était pas facile. Mais qu’en vrai, ils continuent de nous dire des trucs comme « Ah mais s’il a dormi de 20h à 7h cette nuit, vous avez dû récupérer » alors qu’on a approximativement mille ans de sommeil en retard et qu’il faudrait une vie de nuits telles que celle-là pour qu’on imagine commencer à récupérer (j’exagère si je veux, c’est ça d’avoir un blog).

Difficile parce que la situation a été telle dans mon établissement que notre Chef a été remercié en cours d’année. Pas besoin, je crois, d’être de l’Education Nationale pour comprendre qu’il y a eu de vrais gros problèmes pour qu’on en arrive à une telle décision de notre hiérarchie. On a tous morflé. De manière très différente d’un collègue à l’autre, mais on a morflé.

Difficile parce qu’après une année à repousser les gros projets pros, j’en ai lancé plein à la fois sans me rendre compte de l’énergie que ça me demandait. Parce que ces projets, avancer, construire, dans la situation de l’année, c’était vital mais dévorant.

Difficile parce que même si ça fait un moment maintenant, j’ai fabriqué puis sorti un bébé entier de mon ventre et que le temps fait des choses à l’affaire mais que ce n’est que récent que l’évoquer ne fait plus tournicoter des tas de trucs à l’intérieur de moi (maintenant, ça n’en fait plus tournicoter que quelques uns).

Difficile parce que j’ai dû me faire à ce rythme sans temps pour moi, à coller ma mélodie au chant du monde trop tout le temps.

Je n’ai pas eu une année pourrie, non, elle a même était excellente à de nombreux points de vue. Elle a aussi été galvanisante, harassante, débordante, chantante, vivante, dansante.

Je sors de cette année chamboulée, pleine d'(en)vie(s) et de cette énergie grisante qu’on trouve quand on croit qu’on n’en a plus.

Et j’ai fait les soldes parce que j’ai appris une chose cette année : j’ai beau avoir des gens qui m’aiment autour de moi, depuis bientôt deux ans, il faut que je me porte toute seule. Pas tout le temps, pas uniquement, mais c’est comme ça que s’est créé l’équilibre post 16 décembre. J’ai trouvé ça triste, normal, révoltant, ahurissant, injuste, logique, prévisible, et sûrement encore d’autres adjectifs mais il est bien temps de l’admettre. Et ça ne m’a rien apporté de bon de m’oublier en espérant que quelqu’un d’autre y penserait.

Maintenant, il s’agit de ne plus perdre ça de vue. Et de repasser cette jolie robe.

2 réflexions sur “Soldée

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