Juin

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Les fins d’années scolaires se suivent et ne se ressemblent pas.

Il y a trois juins, je terminais mollement l’année, un mois d’été sans but particulier ni Homme à la maison s’étendant dans mon avenir proche, un retard de gestion impressionnant au CDI qui constituait déjà une habitude.

Il y a deux juins, j’attendais, fébrile, l’échographie des trois mois qui nous donnerait des nouvelles et des images de celui que j’appelais encore l’Habitant, discret haricot dont si peu de monde connaissait l’existence, tout en terminant un projet long et lourd dont les dernières semaines m’ont couté la part pro d’une amitié, la part perso suivant bientôt. Tout mon être appelait à aux vacances pendant lesquelles mon univers se mettra à tournée autour de mon utérus et reprendra son orbite habituel qu’au mois de décembre suivant. Voir mars ou avril.

Il y a un juin, j’attendais des résultats de mut’ sans trop y croire, dans le secret pour l’essentiel. Je m’agaçais de mon mi-temps à chaque journée passées au travail, du travail de gestion de ma remplaçante, des 90% des tâches accomplies d’ordinaire sur 4 jours que je devais régler en 2. Et je me réjouissais de mon mi-temps à chaque matin avec mon fils, à chaque arrivée à la crèche pour venir le chercher, tout autant qu’à chaque départ pour une journée à m’occuper d’autres choses que de lui et de la maison.

Et ce juin, j’ai attendu les résultats de cette mut’ finalement négative avec ce poids lourds de l’incertitude collé à la peau au fil des semaines, le collège termine d’être secoué d’une année compliquée qui a vu des changements important au sein de l’équipe de Direction en pleine année scolaire, et le rythme ne s’est pas ralenti. D’ordinaire, juin se calme, les élèves désertent doucement les rangs, les séances pédagogiques sont limitées, je me recentre sur la gestion, les emprunts à récupérer, la saisie en catastrophe, quelque chose de l’inventaire…

Cette année, les journées ont enflé, visites et séances pédagogiques avec les CM2, sorties accumulées, les cours de 6e jusqu’au presque bout de l’année à cause des semaines ratées, et répondre aux urgences de gestion de l’établissement qui me fait penser à une tour de Kapla qu’une paire de main aurait réussi à saisir une fraction de seconde avant la chute. Elle plie, elle tangue, elle tient mais si on relâche ne serait-ce qu’un doigt, elle s’effondre. Et nous autres sommes tous et toutes un quelque chose de la pression qu’exerce chaque doigt.

Juin laisse d’ordinaire retomber lentement la tension d’une année scolaire. J’y retrouve ces tâches annuelles que, dans le fond, j’aime bien. Dans le fonds aussi, d’ailleurs. Et qui me permettent de glisser, lentement, vers juillet et les vacances. La tête un peu à l’année suivante. Et là voilà que je suis encore convoquée en formation les 23 et 30 juin – 23 et 30 juin ! – et que le bujo* ne désemplit pas. J’ai l’impression que je vais basculer en vacances comme on tombe d’une chaise.

Ces juins ne se ressemblent pas. C’est rassurant, alors que je sais que je vais entamer ma neuvième année dans ce collège dès le dernier jour d’août, alors que j’ai un paquet de dizaine de juins de profs à vivre encore. C’est rassurant, je dis, mais en fait je n’en sais rien parce que je ne sais pas grand chose. Je suis étourdie et ma tête passe son temps à classer par priorité les tâches à réaliser. Quelque chose me dit que c’est rassurant comme quelque chose me dit que je suis fatiguée.

Ce n’est pas si inconfortable, cet étourdissement, je dois l’avouer. Il simplifie presque les choses.

Et pendant ce temps, éclater de rire au matin parce que Peanuts, jouant, a installé son doudou dans la bouilloire. S’exclamer « Mais ça alors, Anatole serait donc un loir ! » et le voir sourire. Alors que non, pourtant, je suis sûre qu’il n’a pas encore pris le thé chez les fous. Et ainsi aller la vie de ce mois de juin-ci.

Notes de bas de page :

– Oui, j’ai fait ma blague de prodoc préférée, pardon, j’ai pas pu m’en empêcher.

* Le Bullet Journal, mon système d’organisation des tâches (Shaya en parle très bien)

– Photo par Yukihide

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2 réflexions sur “Juin

    • Oui, c’est ça, c’est ma blague de profdoc préférée mais on la partage avec les bibliothécaires !
      Je ne sais pas ce que va donner tant de tourni. On en reparle dans 2 semaines ?

      J'aime

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