Renoncer

En nettoyant les archives, je redécouvre des posts que je ne me souviens pas vraiment avoir écrit mais surtout, je redécouvre des émotions, des pensées, des convictions, des décisions, des sentiments que je ne me souviens pas vraiment avec éprouvées, pensées, assumées, prises et ressentis.

Le cheval, par exemple. J’ai vraiment été sincèrement persuadée que j’aurais mon cheval, que je m’en occuperais, le soignerais, partirais pour de longues heures d’échappées seule avec lui. Et pas seulement quand j’avais 12 ans, non, je l’ai écrit plusieurs fois, il y a trois ou quatre ans.

Je ne sais pas si ma naïveté d’alors m’agace ou m’admire. Parce qu’il faut le dire : je n’aurais jamais les moyens financiers, je n’aurais pas le temps avant ma retraite et encore, je n’aurais pas les compétences et quand bien même j’arriverais à réunir cela un jour, autour de mes 68 ans, après avoir gagné à la loterie et pris des cours intensifs, mon coccyx mal ressoudé m’interdit de monter à cheval sans douleur en selle mais également permanente pendant plusieurs jours en aval.

Ce qui m’étonne le plus, c’est qu’il me paraît évident aujourd’hui que j’ai renoncé à cela, au cheval à moi, aux promenades solitaires just my riffle, my pony and me, même à monter sans douleur, mais que je ne me rappelle pas comment je suis passé de la conviction enthousiaste que ça arriverait à celle, froide, qu’en fait, non. J’ai abandonné l’illusion que j’entretenais. Sans m’en apercevoir.

Cela m’a conduit à me demander à quoi d’autre j’ai renoncé de cette manière, insidieusement, presque à l’insu de moi-même.

Et je me rends compte que j’ai renoncé au livre, celui que j’avais tout de même dans l’idée que j’écrirais un jour. Que j’ai renoncé à l’instrument de musique, celui dont je voulais apprendre à jouer autrement que je sors quelques notes à la guitare c’est-à-dire en le connaissant, en le comprenant. que j’ai renoncé à l’œuvre, cette expression sans doute artistique à l’idée de laquelle je n’ai jamais donné de forme mais qu’on regarde en sachant « dans ma vie, j’ai fait ça ».

Et que pour ces choses-là, je n’ai pas d’arguments aussi évident que pour le cheval. Pourtant, je le ressens terriblement comme ça, un peu comme si j’avais arrêté de me mentir. Je n’essaierai plus car je sais que je n’y arriverai pas. Ça ne m’empêchera sans doute pas d’écrire, mais pas un livre. Ça ne m’empêchera pas de m’assoir sur une selle, à l’occasion. De gribouiller un peu de dessin, de peinturlurer ici ou là. Mais j’ai arrêter de prétendre.

Et je ne sais pas très bien ce que je dois faire de ça.

4 réflexions sur “Renoncer

  1. Tu sais, je ressens tout pareil (me concernant hein)… et ça me rend triste (mais de loin, un peu comme un truc qui ne me concernerait pas). J’ai un billet de blog dans mes brouillons à ce sujet d’ailleurs. Et je crois (pour plein de raisons que je développerai peut-être si un jour j’ai deux mains libres, mais aussi fondamentalement sans raison), que c’est une phase, et que ça nous reviendra. Peut-être pas l’Oeuvre, mais les créations, oui.

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  2. J’ai eu envie d’écrire des banalités sur les portes qui se ferment et les autres qui s’ouvrent, et je me suis rendu compte à quel point c’était dérisoire, et que l’idée que je cherchais, je n’arrivais pas à la communiquer correctement. Alors je t’embrasse, na.

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