9 août. Aujourd’hui bouches

Aujourd’hui, la bouche de Popcorn a beaucoup rit, répété le prénom de son frère, écorché, certes, mais c’est bien ce qu’il dit, crié de colère, de joie, d’enthousiasme, pleuré, bavé. Et pas que.

La bouche de Peanuts a beaucoup parlé, raconté des histoires, des et si, posé des questions, demandé à peindre, à lire, à faire une tour de cubes, mangé de la limande mmmh c’est bon ça maman, crié en jouant avec son frère, proposé, râlé négocié, revendiqué. Et pas que.

Et toujours, toujours, voir ces bouches sourire, le bonheur simple.

Pikatchu

On a été acheter un cartable à Peanuts.

Un cartable de grand, parce qu’il rentre au CP.

Il a lorgné un moment sur les sacs à dos d’ados mais à ensuite repéré un cartable Ninjago mais au final, c’est avec Pikatchu qu’il ira à l’école des grands, celle pour laquelle on ne tournera plus à droite à l’angle mais à gauche. Une différence énorme.

Ça me fait quelque chose de lui acheter un cartable de grand qui entre au CP.

Mais celui-ci, jaune et bleu avec sa grande poche pokeball, sa forme rectangulaire typique des cartables que si tu demandes à un enfant d’en dessiner un c’est comme ça qu’il le fait, c’est un cartable de grand mais pas encore trop grand.

Alors ça va.

Depuis la maison

On est de retour chez nous et l’équilibre est parfait entre le regret de quitter les vacances et le soulagement de retrouver nos pénates, nos repères, notre agencement, et des espaces dans lesquels on peut tenir Popcorn enfermé et occupé sans que ça tourne au drame.

Il y a toujours quelque chose de curieux dans les retours, comme tout semble un peu étranger et comme tous les réflexes n’ont jamais disparu.

Ce retour qui n’est pas la fin des vacances mais la fin d’une étape des vacances.

Cette année, elles me sont douces et lourdes, pas en même temps et pas toujours dans une bon équilibre entre les deux. J’ai serré les dents par moments, en me disant que je donnerais cher pour pouvoir être immédiatement projetée au 30 août. Je ne regrette pas (pas totalement ?) que les jours s’égrainent, tout de même.

Il en reste, des jours, des vacances, des photos et sans doute des dents serrées. Mais pas que.

Yogcamping

Ce ne sont trois fois rien de positions, un enchaînement que je ne suis même pas sûre de réaliser tout à fait correctement mais j’ai volé trois jours consécutifs le temps de faire, sur le tapis qui sert à nos repas, un peu de yoga.

En plein air et sans me cacher, ni des miens ni des voisins qui éventuellement me verraient.

Trois fois dix minutes, sans mon appli, juste en essayant de me souvenir des temps et respirations. Ce n’est pas grand chose, non, mais c’est tout de même beaucoup.

J’ai la sensation que je vais devoir pendant un temps encore arracher des victoires minuscules et m’en féliciter copieusement.

Tant que l’élan est là, ça ira.

Souvenir

Dans la maison où j’ai grandi, mes parents avaient accroché deux Garuda en bois dans notre chambre.

Enfin, ce n’était pas tout à fait notre chambre. C’était la salle de jeux mais celle-ci n’était séparée de notre chambre que par des meubles, pas par des cloisons, et il n’y avait pas de porte si bien qu’on pouvait voir les Garuda depuis nos lits.

Quelques fois, mes parents ont dit qu’ils nous protégeaient des cauchemars.

Ce qui étaient un peu un comble parce que ces sculptures foutaient plutôt la trouille.

Je ne sais pas pourquoi ce soir je pense à Garuda.

J’en avais un préféré sur les deux, celui qui étaient installés depuis le plus longtemps et qui avaient les plus belles couleurs. Celui qui avaient aussi une tête de dragon pour de bon alors que l’autre avait des traits humains.

Je crois que dans ma vie, il me manque un Garuda. Un protecteur un peu flippant mais toujours là quand je lève les yeux.